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Variole simienne : Le Maroc est autant concerné que les autres pays (Dr Tayeb Hamdi)
Publié dans Yabiladi le 15 - 08 - 2024

Médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, Dr Tayeb Hamdi apporte un éclairage sur la variole simienne, dans un contexte d'urgence de santé publique décrétée par l'OMS. Le spécialiste insiste sur les mesures à prendre particulièrement en Afrique, afin de faire régresser la maladie là où elle a commencé, de manière limiter ainsi la propagation à travers le monde.
Mercredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété l'urgence de santé publique, face à la recrudescence de cas de variole simienne (mpox) et l'exacerbation de l'épidémie dans plusieurs pays d'Afrique. «La recrudescence actuelle», ainsi que «la propagation d'une nouvelle souche sexuellement transmissible du virus responsable de la maladie», sont d'ailleurs «constitutives d'une urgence, non seulement pour l'Afrique, mais pour le monde entier», a insisté le professeur Dimie Ogoina, président du Comité d'urgence. «Originaire d'Afrique, la mpox y a été négligée avant de provoquer une épidémie mondiale en 2022. Il faut maintenant agir de manière décisive pour éviter que l'histoire ne se répète», a-t-il souligné.
Outre la nécessaire mobilisation entre les Etats, ce contexte appelle ainsi à la vigilance également au niveau individuel, en termes de prévention. La situation est d'autant plus inquiétante, puisque cette résurgence s'observe sur plusieurs mois, «même en dehors des pays endémiques en Afrique centrale et de l'ouest, connus pour abriter ce virus», a déclaré à Yabiladi Dr Tayeb Hamdi.
«On a constaté également que ce virus muterait plus rapidement que d'autres souches. Celle identifiée en 2022 ne concernait pratiquement que les cas de relations homosexuelles. Actuellement, la mutation du virus passe non seulement dans les cas de relations hétérosexuelles, mais aussi à travers les lieux de rassemblements tels que les écoles, chez les enfants, les familles…», met en garde le spécialiste.
Une vigilance plus accrue sur les mesures de prévention
Dr Hamdi souligne ainsi que «ce n'est plus seulement le rapport sexuel qui cause l'infection, mais aussi le contact entre la peau d'une personne infectée avec les muqueuses d'une personne saine, le contact étroit, le contact avec surfaces et les objets infectés…». «Nous sommes donc face à de nouveaux modes de transmission, qu'on ne maîtrise pas encore en totalité, mais dont on sait qu'ils facilitent l'infection, tout en la rendant plus rapide», insiste le médecin.
«La variole du singe ne mènera pas à des fermetures ou à un confinement général» [Interview]
Autre élément d'inquiétude, selon le spécialiste, la souche concernée par l'urgence de santé publique «est plus motelle que les autres (3%)». Parmi les patients qui développent des formes graves, «on compte 10% de décès chez les enfants et 5% chez les adultes». Jusque-là, ce virus a concerné particulièrement des populations vivant dans un milieu forestier, ou dans les zones rurales très reculées. Désormais, «cette nouvelle souche passe aussi dans les villes et les grandes agglomérations urbaines, à travers les aéroports et les moyens de transport collectif», prévient Dr Hamdi.
Sans actions urgentes, «cette combinaison qui facilite la transmission risque d'exacerber les infections un peu partout à travers le monde», d'où la priorité selon le médecin d'y faire face dans les zones d'émergence initiale. Vu la propagation rapide, des règles d'hygiène de base restent par ailleurs impératives, comme le lavage régulier des mains à l'eau et au savon, ou encore l'utilisation du gel hydroalcoolique. Les instances onusiennes recommandent également d'«éviter tout contact avec les personnes malades, les dépouilles ou les surfaces contaminées, ainsi que la manipulation ou la consommation de viande d'animaux malades».
Les souches connues ont jusque-là été localisées dans quatre pays d'Afrique centrale et de l'ouest. Mais aujourd'hui, «on en est à 15, incluant ceux qui n'ont jamais été endémiques», rappelle Dr Hamdi auprès de notre rédaction. Avec un taux de létalité de 3% et une propagation rapide, il est important de prendre conscience de la gravité du virus et des complications qui en découlent, avec des décès dans les cas ultimes. «C'est en effet une maladie grave et si la propagation et les mutations continuent, nous serons face à un réel problème de santé publique», avertit Dr Hamdi.
Pourtant, la variole simienne n'est pas une infection nouvelle. En 1958, le virus a été découvert dans un laboratoire au Danemark, sur des singes importés d'Afrique et servant de cobayes de recherche. Le premier diagnostic chez l'être humain date de 1970, au Congo. En 2022, la transmission d'une nouvelle souche par voie principalement sexuelle a été identifiée. Depuis quelques mois, en 2024, une autre forme a été découverte, avec une viralité plus importante.
La réponse internationale doit passer par la solidarité entre les Etats
Dans ce contexte, l'urgence de santé publique signifie une mise en alerte étendue aux pays qui n'ont pas enregistré de cas de mpox, mais qui risquent d'importer ce virus. «Cela veut dire aussi que les Etats doivent débloquer les fonds, les moyens humains, les vaccins, les médicaments et les tests nécessaires au bénéfice des pays d'Afrique concernés, afin de stopper la propagation», nous explique Dr Tayeb Hamdi.
«Les pays et les régions pauvres en Afrique qui n'ont pas les capacités de mettre en place cette série de mesures en appliquant l'isolement sanitaire, en effectuant les diagnostics, les tests et les prises en charge impératives, doivent être accompagnés dans ce processus. Autrement, les infections risquent de connaître une hausse exponentielle à travers le monde.»
Dr Tayeb Hamdi
Comme tous les autres Etats concernés par l'alerte mondiale, le Maroc risque d'importer des cas susceptibles de faire propager le virus dans le pays. En réponse, «des actions de sensibilisation sont importantes auprès de la population et des professionnels de santé, outre le travail de veille, de surveillance, le respect des protocoles sanitaires, la coopération avec les autres pays dans un élan de solidarité internationale, pour stopper la maladie et la faire régresser là où elle a émergé», rappelle le médecin. «Le risque est là, comme partout ailleurs, et les mesures à prendre s'appliquent donc à tous», souligne-t-il.
Si la variole humaine a été éradiquée en 1980, «des vaccins ont été stockés dans les pays riches, surtout pour vacciner les professionnels de santé, les chercheurs de laboratoires ou ceux travaillant dans des milieux à risque». En 2022, leur formule a été utilisée contre le mokeypox, avec un succès dans 85% des cas. «Les résultats probants ont permis à ces pays-là de stopper la propagation de la nouvelle forme de variole, mais l'Afrique n'a pas pu en bénéficier, ce qui n'a pas aidé à limiter les infections dans notre continent», indique encore Dr Tayeb Hamdi.
Pour le moment, des médicaments antiviraux sont utilisés et d'autres sont en cours d'essai, pour être éventuellement disponibles dans les semaines et les mois à venir. C'est là où le médecin insiste sur la mobilisation internationale, ainsi qu'une attention particulière à porter aux zones les plus touchées dans le continent.
Les symptômes de la variole simienne :
Provoquant des lésions moins accentuées que celles de la variole humaine mais ressemblantes et plus prononcées que celle de la varicelle, la variole simienne se manifeste tout d'abord par une fièvre, des céphalées et des douleurs musculaires. Elle développe également des adénopathies, des ganglions au niveau du cou, avec des frissons, une fatigue générale et des lésions qui prennent la forme de bulles sous la peau.
Dans le cas de la souche identifiée en 2022, les lésions touchent principalement les parties génitales. Avec la souche actuelle, tout le corps est exposé à des lésions généralisées : visage, mains, pieds, tronc, langue, cornée, bouche, yeux…
Afin de mieux cerner les cas d'infection, «les professionnels de santé auront les schémas pour diagnostiquer et différencier entre chacune des souches sur le plan clinique, à travers des examens», souligne Dr Tayeb Hamdi. Si la transmission est plus accélérée, «des tests pourraient être mis à la disposition».
Article modifié le 15/08/2024 à 18h27


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