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Afrique de l'Ouest : chute vertigineuse de la croissance de 4,4 % à 0,1 % en 2016
Publié dans L'opinion le 06 - 06 - 2017

La croissance en Afrique de l'Ouest a chuté, passant de 4,4 % en 2015 à 0,1 % en 2016, soit la plus faible croissance du continent, place occupée jusque-là par l'Afrique australe. Ce déclin a été principalement causé par la contraction économique au Nigéria, due à la chute des cours du pétrole, à la baisse de la production pétrolière, aux pénuries d'énergie et aux hausses de prix, à la rareté des devises et au recul de la demande des consommateurs. En revanche, le Sénégal et la Côte d'Ivoire ont obtenu de meilleurs résultats, affichant une croissance vigoureuse de 6,3 % et 8 %, respectivement. Au Sénégal, la hausse des investissements publics et privés, en particulier dans l'énergie, les infrastructures, l'agriculture, la pêche, le tourisme, le textile, les technologies de l'information et l'exploitation minière, a continué de soutenir la croissance, bien que le problème des pannes d'électricité reste à régler. En Côte d'Ivoire, la croissance a été soutenue par l'amélioration du cadre des investissements et l'augmentation des dépenses d'infrastructure dans les transports et l'énergie, bien que la croissance agricole ait été entamée par les mauvaises conditions climatiques. Au Ghana, la croissance a fléchi à 3,8 % en 2016-2017, son taux le plus bas en deux décennies, à cause des tensions liées aux récentes élections, de la baisse de confiance des consommateurs, de la réduction de la production pétrolière et des cours du pétrole.
En Afrique australe, la croissance est passée de 2,5 % en 2015 à 1 % en 2016, reflétant la forte décélération enregistrée en Afrique du Sud et en Angola. Son accélération à l'Ile Maurice (3,6 %) et au Mozambique (4,2 %) a été une véritable éclaircie.
Parmi les facteurs qui ont pesé sur la croissance en Afrique du Sud, la plus grande économie de la sous-région, on peut citer la faiblesse des prix des produits de base, la sécheresse et la pénurie d'électricité, le resserrement des conditions financières et la faible confiance des entreprises et des consommateurs. La productivité du travail a poursuivi sa tendance à la baisse entamée depuis 2011. La croissance à Maurice s'est accélérée grâce à l'augmentation des dépenses de consommation finale entraînée principalement par l'augmentation des dépenses publiques. Le Mozambique a enregistré une croissance de 4,2 % en 2016, malgré le recul de la consommation publique, la lenteur des investissements étrangers, la baisse de confiance des entreprises et les chocs climatiques subis par le secteur agricole.
La croissance a reculé en Afrique centrale, passant de 3,4 % en 2015 à 2,4 % en 2016, reflétant une situation d'équilibre au Cameroun (5,3 %), en République centrafricaine (5,1 %), au Tchad (1,1 %), au Gabon (3,2 %) et en République du Congo (1,6 %), et de contraction en Guinée équatoriale (- 4,5 %). Au Cameroun, la croissance a fléchi à 5,3 % en 2016 à cause de la baisse de la production pétrolière et des cours du pétrole. Au Tchad elle a ralenti dans la mesure où l'économie non-pétrolière a été frappée par la réduction des dépenses et les problèmes de sécurité. La croissance s'est accélérée en République centrafricaine, la stabilité politique ayant stimulé la consommation et l'investissement, tout comme en République du Congo, où de nouveaux gisements pétroliers ont été mis en exploitation, bien que la faiblesse des cours mondiaux du pétrole ait entraîné d'importantes réductions des investissements publics et plombé la croissance dans le secteur non pétrolier. Au Gabon, l'expansion est tombée à 3,2 %, la baisse des cours du pétrole ayant affecté les recettes publiques et, finalement, l'investissement public dans les infrastructures. En Guinée équatoriale, l'économie a continué de décroître en 2016, en raison de la baisse de la production pétrolière et des cours du pétrole, ainsi que de la diminution de l'investissement public.
En Afrique du Nord, la croissance est retombée à 2,6 % en 2016 contre 3,6 % l'année précédente, freinée par le ralentissement en Algérie, en Égypte et au Maroc. La faiblesse des prix du pétrole a pesé sur l'investissement public et la consommation privée en Algérie ; l'Égypte a été affectée par le recul de l'activité touristique et la diminution des recettes en devises ; le Maroc a été touché par la sécheresse ayant frappé l'agriculture, et par le recul de la consommation privée et des dépenses publiques.


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