Le Suriname a salué, jeudi à Rabat, les initiatives Royales pour les pays africains de l'Atlantique et du Sahel et a exprimé sa profonde gratitude envers Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour Sa vision d'une coopération Sud-Sud.    L'Inspecteur Général des FAR s'entretient avec le Commandant de la Force de la mission onusienne dans les provinces Sud du Royaume    Morocco and Saudi Arabia strengthen mining cooperation at Riyadh conference    Communication par satellite : 9 projets de décrets pour le renouvellement des licences    Baitas: Environ 390.000 veuves bénéficient du programme d'aide sociale directe    Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières : enjeux pour l'Europe et le Maroc    Finale CAN : El Aynaoui et Saïss annoncent un choc de très haut niveau    CAN 2025 : Brahim Díaz tout proche du Soulier d'Or, qui peut encore le rattraper ?    Rabat : La FNM et la Fondation du patrimoine culturel prussien signent une convention de coopération    Espagne : quelque 97 millions de visiteurs étrangers en 2025, un record    Etats-Unis : Suspension du traitement des visas d'immigrant pour 75 pays, dont le Maroc    Trump menace de déployer l'armée à Minneapolis après des heurts entre manifestants et police de l'immigration    CAN féminine Maroc 2026 / Place au calendrier : la date du derby Maroc-Algérie dévoilée    CAF Awards 2025 (F): Le Maroc à l'honneur    Palestine : Gaza entre dans la 2ème phase du plan de cessez-le-feu    Le gouvernement intègre officiellement la Fête de l'Unité dans la liste des jours fériés    Soutien social : Baitas met en avant l'élargissement des bénéficiaires et défend une réforme en phase d'exécution    OMM : 2025, l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées    La Russie estime que les possibilités de l'Ukraine se "réduisent" pour négocier    Ethiopie: les exportations de café génèrent 1,35 milliard de dollars au premier semestre de l'exercice 2025/26    Agriculture au Maroc : La Banque mondiale prévoit une reprise après les pluies    CAN 2025 : le Maroc séduit les décideurs du tourisme français    Orange Maroc distingué par l'IFACI pour son audit interne    CAN 2025 : une délégation britannique s'informe du dispositif marocain de sécurité des événements sportifs    CAN 2025 : «Heureux pour les joueurs, le public mérite cette finale» (Walid Regragui)    CAF hands Samuel Eto'o heavy sanctions after Cameroon–Morocco clash    «Happy for the players, the public deserves this final», says Regragui    CAN 2025: «Contento por los jugadores, el público merece esta final» (Walid Regragui)    Drame familial à Jerada : un père tue ses deux filles adolescentes et prend la fuite    Youssoufia: Plus de 100 bénéficiaires des services d'une caravane chirurgicale multidisciplinaire    Températures prévues pour vendredi 16 janvier 2026    2025, Annus horribilis pour Alger    En quête de légitimité, le polisario cherche à siéger au CPS de l'UA    Depuis le Sahara, Madonna «ne peut pas se détacher du Maroc»    Berlinale 2026 : Assarab d'Ahmed Bouanani programmé aux Berlinale Classics    Goya 2026 : Sirât, tourné en partie au Maroc, parmi les films les plus nommés    Id Yennayer 2976 : Agadir célèbre la culture amazighe    Le patient-partenaire : Un choix judicieux dans la nouvelle réforme de la santé    Plus de 270 millions d'enfants et de jeunes dans le monde n'ont pas accès à l'éducation, selon l'ONU    Collectivités territoriales au Maroc : 28 000 fonctionnaires sur le départ, quel avenir pour les services publics ?    Khartoum : retour officiel du gouvernement soudanais    Rétro-Verso : Quand Feu Mohammed V décerna à Lumumba le Grand Cordon de l'Ordre du Trône    Gasoil et Essence : repli du chiffre d'affaires au 3ème trimestre 2025    CAN-2025 : « Heureux pour les joueurs, le public mérite cette finale » (Regragui)    Bois de chauffe : Les prix flambent et les pénuries s'installent    Les Lions de l'Atlas en finale de la Coupe d'Afrique après un match épique contre le Nigeria    Nouvel An amazigh, un héritage vivant au cœur de l'identité marocaine    Agadir célèbre Yennayer en grand    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le gouvernement du temps perdu
Publié dans L'opinion le 27 - 04 - 2017

Comme on dit, en politique il n'est jamais trop tard. On pensait que l'économie était au service de la politique. Chez notre gouvernement, c'est l'inverse.
La présentation au Parlement du programme du gouvernement le mercredi 19 avril en vue de son investiture est en deçà des attentes du monde des affaires et des citoyens.
Au vu de son analyse, ce programme est un ensemble de bonnes intentions somme toute, c'est un programme de repli ne serait-ce que par le coût de la dette du Trésor qui a atteint le chiffre de 629 milliards de DH, soit 64% du PIB, et que la dette globale, y compris la dette garantie, constitue 81% du PIB. A la fin, ce sont les ménages et les entreprises qui payeront. C'est un programme d'évitement de l'entreprise.
Je ne saurai à mon tour participer au cortège des remarques lancinantes faites à ce programme par certains. Je m'en réjouis de plein gré. Je voudrai être plus positif et plus constructif.
Encore une fois, il faut redonner du sens et de l'espoir. La pédagogie n'est pas suffisamment faite autour de ce programme et des reformes qu'il propose. Aujourd'hui, on ne vend que les sacrifices.
On ne cessera de répéter qu'il faut mettre l'entreprise au coeur du programme gouvernemental. C'est pragmatique.
De nombreux pays l'ont fait avant nous. Le gouvernement doit donner du sens, de la visibilité et de la vie à son programme. Nous pouvons être à la pointe sur le numérique ou la transition énergétique, mais il faudra convaincre. C'est ce qui rendra la réforme acceptable et donnera confiance et au final créera de l'emploi. Nous appelons de toute notre force à la mise en place d'une économie moderne, libérale, individuelle et transparente basée sur les lois fondamentales de l'économie politique, loin de la rente et des abus.
Le Maroc a tous les atouts pour s'en sortir. Il y a un avenir radieux pour notre pays qui peut enregistrer durablement un taux de croissance soutenu de 4% à 5% par an et retrouver le plein emploi. Car la croissance existe, il suffit d'aller la chercher en tirant parti de la mondialisation, des nouvelles technologies, de la révolution numérique et en menant quelques réformes fondamentales et indispensables. Tout cela peut se faire dans le respect de l'environnement et de l'Homme.
Quelles sont ces réformes indispensables ?
D'abord, il faut réformer notre système éducatif en concertation avec les acteurs du monde économique afin que les jeunes soient mieux orientés et mieux employés. Il faut accorder plus d'autonomie aux établissements scolaires et refonder l'apprentissage. Le monde occidental s'est développé par la lecture et l'éducation, une norme qui a gagné toute l'Europe comme l'avait souligné Charles Péguy : « Les juifs lisent depuis toujours, les Allemands depuis Luther et les Français depuis Jules Ferry ».
Secundo, il faut réformer le droit du travail pour lever la peur d'embaucher et donner plus de pouvoir de négociation aux entreprises pour qu'elles s'adaptent et institutionnaliser le dialogue avec les syndicats.
Tertio, il faut entamer le chantier de la simplification. Il y a une lourdeur administrative et judiciaire caractérisée. C'est un combat de longue haleine.
Enfin, le dernier chantier est celui de la fiscalité. Tout le monde est trop taxé et à tous les étages. Mais aussi tout le monde ne paie pas d'impôt et que certaines entreprises publiques se dérobent du paiement de leurs dettes fiscales au titre de la TVA par exemple au profit de l'Etat estimées à 25 MMDH pour l'exercice 2015, comme souligné par le dernier rapport de la Cour des Comptes. Pour cela, la fiscalité doit être simple, stable, compétitive et incitative, ce qui est de nature à rendre notre économie compétitive et retrouverait l'attrait auprès des investisseurs.
L'Etat doit serrer la ceinture. Qu'il faut aussi un vraie politique de chasse aux gaspillages et aux situations de rente et à la mauvaise dépense publique, et de lutte contre la fraude sociale et fiscale et aussi contre les coûts qu'engendre la mauvaise gestion des collectivités locales.
Pour réussir, il faut remettre l'entreprise au centre, écouter les chefs d'entreprise car ce sont eux qui ont la solution pour la croissance et l'emploi. Il faut rétablir la confiance.
L'innovation doit être au coeur de notre vision avec à la base un Etat stratège favorisant la recherche, l'innovation, le développement de filières industrielles dans des secteurs clés et de croissance. Des énergies propres et abordables, des infrastructures de qualité sont considérées à juste titre comme nécessaires à l'économie
Seule par une politique volontariste, une stratégie industrielle et une participation active à la révolution numérique, le Maroc prendra une direction radicalement différente, sinon il aura, pour notre plus grand malheur, raté le grand rendez-vous avec l'Histoire.
En ces temps de remous, il y a des conservatismes progressistes et des progrès récessifs. Pour ma part, je crois toujours que l'économie est au service de la politique et que l'idéologie et la culture sont nécessaires, sinon vitales pour le politique. A en croire Gramsci : « La crise consiste dans le fait que l'ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne, on observe les phénomènes morbides les plus variés ».
-------------
*Expert Economiste


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.