GITEX Africa 2026. Le groupe BCP affiche ses ambitions digitales    La famille reste le premier filet social (Enquête HCP)    Présidentielle. Les Djiboutiens aux urnes    L'Olympique de Safi vise la finale face à l'USM Alger    Mondial 2026 : quatre arbitres marocains retenus    L'avenir de Neil El Aynaoui avec la Roma en suspens... Va-t-il quitter les "Loups" cet été ?    Mondial 2026 : Le Maroc pourrait affronter la Norvège en amical    Mariage: Les hommes marocains ont dit non ! (Enquête HCP)    Kanvô : la noblesse textile béninoise au cœur de la création moderne    Emm'a, la chanteuse gabonaise, dans le jury de The Voice Afrique 2026    FLAM 2026 à Marrakech : la littérature africaine convoque l'imaginaire pour penser les crises du monde    La Bourse de Casablanca ouvre dans le vert    H&S Group lève 25 millions de dollars auprès de BluePeak Capital    Gitex Africa 2026 : Kaspersky alerte sur l'accélération des cyberattaques dopées à l'IA    Maroc-Espagne : Ouahbi reçoit son homologue espagnol pour le renforcement de la coopération judiciaire    Réorganisation du Conseil national de la presse : report de la réunion parlementaire    Maroc-France-UE : deux projets pour encadrer une mobilité professionnelle légale et durable    Abdellatif Hammouchi reçoit le ministre délégué chargé de la coordination des services spéciaux de Pologne    Aziz Akhannouch préside un Conseil de gouvernement axé sur les réformes territoriales et législatives    Motsepe : Le Maroc a organisé la CAN la plus réussie de l'histoire à tous les niveaux    OM : Neil El Aynaoui dans le viseur pour renforcer le milieu ?    Session de printemps : le Parlement en sprint final avant les législatives    Maroc : Averses orageuses, grêle et neige de vendredi à dimanche    CAF referees' committee president admits to controversial instructions during 2025 AFCON final    Árbitros marroquíes seleccionados para el Mundial 2026    Revue de presse de ce vendredi 10 avril 2026    Transformation digitale : 6,36 MDH pour accompagner le changement à l'Université    Marrakech : 2e édition du Printemps de cardiologie    Maroc : Le CESE recommande la généralisation obligatoire de l'AMO    ONCF : Un chiffre d'affaires record dépassant les 5 MMDH en 2025    200 millions de passagers et une exploitation sûre du transport aérien chinois au premier trimestre 2026    Laftite a présenté la nouvelle génération des programmes de développement territorial au Roi Mohammed VI    Un étudiant marocain sauve une femme en Chine et salué comme un héros    Changement du mandat de la MINURSO : l'Algérie courtise le Canada    Patrice Motsepe à Rabat : appel à l'unité après les tensions de la CAN 2025    La Mimouna... une mémoire vivante du vivre-ensemble marocain qui se renouvelle chaque année    «Terrorisme d'Etat» : La réaction discrète de l'Algérie aux accusations françaises    La discrétion héroïque d'un étudiant marocain enflamme la toile chinoise    Liban: le bilan des frappes israéliennes de mercredi monte à 203 tués et plus de 1.000 blessés    Au Sénégal, Motsepe nie tout favoritisme envers le Maroc et appelle à l'unité    CAN 2025. L'édition la plus réussie de l'histoire selon Motsepe    Liban. Le chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne.    Météo. Averses orageuses et chutes de neige de jeudi à dimanche dans certaines provinces    Maroc : comment le Mondial 2030 peut booster les industries culturelles et créatives    Orange Maroc : Le musée s'ouvre au monde, en un clic    Cannes 2026: «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi en compétition dans la section «Un Certain Regard»    Une femme du Néolithique marocain renaît grâce à la reconstruction faciale par Ancestral Whispers    Le Maroc salue l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



ART&ECRITURE: Epurer l'art au Maroc
Publié dans L'opinion le 27 - 12 - 2015

Parmi les artistes et les intellectuels, on commence à comprendre que le peintre est le premier spectateur devant son œuvre, et que personne ne peut concevoir la scène plastique mieux que l'artiste, car il y passe sa vie, jouant sa carrière, persévérant dans démarche incertaine en quête d'inspiration et de dialogue. La pratique de l'art ne peut être exprimée dans tout son état psychique et mental, dans tout son dialogue entre l'artiste et l'œuvre, que par l'artiste lui-même, ainsi que la vie des artistes, avec leurs joies et leurs souffrances, avec leurs ambitions et leurs déceptions, à condition que cet artiste possède la force de l'écriture.
Une première...
Il s'avère que certains artistes possèdent effectivement cette double création : peinture et écriture. Au Maroc, ils se sont affirmés comme plasticiens, et on les connaît aussi comme poètes, critiques d'art, théoriciens, historiens de l'art, romanciers ou penseurs. L'idée est venue de les voir groupés en tant que plasticiens et écrivains dans une manifestation culturelle, la première en son genre, exposant leurs œuvres et leurs ouvrages. Pour le moment, ils sont treize, en attendant d'autres éditions et d'autres participants : Amirouch Benyounes, Azghaï Aziz, Bouhioui Hamid, Bourquia Hassan, Cherdoudi Fouad, Jarid Ahmed, Fatihi Noureddine, Krich Mohamed, Madkour Azzam, Mansouri Idrissi Sidi Mohamed, M'seffer Lahbib, Saoud Mohamed et Zougari Chafiq.
Le moment, tant attendu, est venu pour voir la recherche artistique dans sa création superbe et sa noblesse, orientée parallèlement vers la pratique et la théorie. L'Association la Pensée plastique a pris l'initiative d'organiser cet évènement culturel, en partenariat avec le ministère de la Culture, à la galerie Bab El-Kebir, durant un mois (du 15 Décembre 2015 au 15 Janvier 2016).
L'appel est lancé pour organiser ce projet ambitieux, mais on se connaît déjà ; la plupart des plasticiens écrivains qui ont répondu à l'invitation, ont maintes fois exposé ensemble ; la Grande Exposition Nationale, dans ses trois éditions, les a réunis, et certains de ces artistes chercheurs ont créé une revue d'art qui, malheureusement, n'a pas duré longtemps. En plus, toujours avec la promotion du ministère de la Culture, l'Association la Pensée Plastique d'active dans l'édition des ouvrages sur l'art, écrits souvent par des plasticiens.
Comme je l'ai mentionné maintes fois dans mes études, la recherche plastique existe au Maroc, mais étouffée par le chaos du plagiat et de la spéculation, depuis la fin du siècle dernier. En consacrant à cette recherche trois ouvrages, j'ai montré que seule la recherche artistique, pratique et théorique, avec sa persévérance et sa noblesse, peut faire sortir l'art de la crise envahissante et le faire évoluer vers des horizons épanouis.
Les artistes chercheurs, en préparant les grandes expositions nationales, en élaborant aussi les concepts majeurs de l'art dans leurs écrits, ont voulu surtout épurer l'art au Maroc et lui donner un souffle nouveau. Seulement, comme toujours, la promotion artistique reste latente, timide, voire indifférente.
La crise de l'art
Malgré la présence de deux syndicats, une présence titubante et essoufflée, plus fantomatique que réelle, malgré la pluralité des associations plastiques, elles aussi malades de leurs conflits, malgré, enfin et surtout, l'intention des responsables officiels de gérer convenablement la culture, sans pouvoir néanmoins concevoir une politique rayonnante qui redonne à l'art son éclat, la crise envahissante continue son déferlement effréné. Les faussaires et les imitateurs continuent à signer les maîtres, troublant les collections et la recherche ; les arrivistes fiévreux, voulant devenir artistes, mais sans talent, se serrent les coudes, allongent le cou, naviguant dans les méandres de l'internet, à la recherche d'une place vacante dans une exposition, un salon ou un trou dans un marché, haletant derrière les intermédiaires. Et tous ceux-ci vous exhibent la carte d'artiste, riant à la crise. Ils vous montrent aussi, saisissant l'occasion du trouble, d'autres cartes ridicules, des attestations et des prix tout aussi insignifiants, mais valables selon eux pour s'imposer sur une scène plus chaotiques que leurs travaux. Et comme la recherche plastique n'a pas trouvé encore ses échos sur la scène, et comme les écrits sur l'art n'ont pas trouvé encore des supports médiatiques spécialisés, ni leur voie dans les facultés et les écoles d'art, le faux art et le petit art se prolifèrent, comme des virus, sur une scène troublée par le marasme.
Et tandis que la recherche plastique restée étouffée, marginalisée par les galeries même de l'Etat, le plagiat la supplante presque dans les expositions, régnant en produit du favoritisme et de l'ignorance, en sous-produit de l'art, ridicule et grotesque. Comme l'ont dénoncé plusieurs journalistes, artistes et critiques, le favoritisme abject et l'incapacité de concevoir l'évolution culturelle, détiennent souvent les ficelles de la promotion artistique au Maroc. Maints projets artistiques présentés par des artistes chercheurs à la Direction des arts ont connu un refus inexplicable. Mais du moment qu'on connaît, avec quelle insolence, le gribouillage et la peinture léchée s'accrochent aux murs des galeries, on comprend le niveau culturel des membres du jury. La frustration ne touche guère les créateurs ; au contraire, elle les incite à persévérer, sans entrer dans un jeu que l'art dénonce.
La recherche plastique, pratique et théorique, persiste, malgré l'indifférence, malgré les feux d'artifice qui troublent le regard durant un laps de temps. On est tous convaincus que seule la recherche intensive, dans tous les domaines culturels, peut nous faire sortir de la crise. L'épuration de l'art est notre premier objectif, et on l'a annoncé dans maintes études et interventions. On est tous convaincus, également, que la pratique de l'art ne peut évoluer que si elle trouve dans la réflexion son soutien légitime. Une création sans pensée est aléatoire, comme la pensée sans création est aveugle.
Pour promouvoir l'art de la recherche dans notre pays si cher, les responsables officiels, les groupes artistiques et les instituts de l'art sont appelés à épurer la scène de toutes les impuretés scabreuses, à protéger les étincelles de la création avant qu'elles ne s'éteignent, et à adopter une vision démocratique et objective qui gère la culture.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.