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Développement de la petite enfance dans la région MENA / Entre statistiques et bonnes pratiques
Publié dans L'opinion le 16 - 05 - 2015

Une conférence régionale sur le développement de la petite enfance au Moyen Orient et en Afrique du Nord a été organisée le 12 mai 2015 à Rabat par l'Observatoire National du Développement Humain en partenariat avec la Banque Mondiale. L'occasion de présenter les résultats d'une étude réalisée par la Banque Mondiale sous le thème "Promouvoir les opportunités pour la prochaine génération : Le développement de la petite enfance dans le Moyen-Orient et en Afrique du Nord". Cette étude qui a trait à la situation de la petite enfance dans douze pays de la région montre les inégalités auxquelles sont confrontés les enfants de la conception à 6 ans, déterminants dans leur éducation et dans leur vie future.
Nés égaux, les enfants n'ont aucun contrôle sur leurs circonstances dans la petite enfance et sont confrontés à des inégalités d'opportunité, parfois irréversibles, qui ne font que se perpétrer tout au long de la vie. Mesurer ces inégalités consiste à analyser certains indicateurs de DPE tels que santé et survie, Nutrition, Développement social et émotionnel
Pour ce qui est du volet : Santé et survie, les graphiques de l'étude mettent en relief le pourcentage des naissances d'où l'on peut tirer des exemples. La Jordanie est l'un des pays de la région MENA où il n'y a pas d'écart entre les soins à l'accouchement (SA) et les Soins prénatals (SP) : 100% et 99% ; la Tunisie : 98% et 99%, le Maroc : 83% et 84%. Pour ce qui est du Taux de mortalité par mille naissances, il est de 15 pour mille pour ce qui est de la mortalité infantile et de 10 pour mille pour la mortalité néonatale au Liban. S'agissant de la Tunisie, ce taux est de 17 pour mille pour ce qui est de la mortalité infantile et de 12 pour mille pour la mortalité néonatale. Au Maroc, il est de 27 pour mille pour ce qui est de la mortalité infantile et de 22 pour mille pour la mortalité néonatale. C'est pour cela qu'il est impératif d'améliorer la santé, d'élargir les soins prénataux, d'accouchement et postnataux.
Pour ce qui est de la vaccination, bien que le Maroc ait entamé ce volet depuis très longtemps, il n'est arrivé à vacciner complètement que 87% des enfants de moins de 6 ans, derrière la Tunisie : 90% et la Jordanie : 93. La Couverture vaccinale doit donc augmenter pour atteindre des niveaux d' «immunité collective ».
L'indicateur Nutrition a trait également au retard de croissance qui est de 8 % en Jordanie, de 10% en Tunisie et de 15% au Maroc.
Quant au Développement social et émotionnel lequel mesure, entre autres, les activités de développement (Tunisie : 71%, Maroc : 48%) et la Discipline violente des enfants (Maroc : 91%, Tunisie : 93%), il montre une certaine sévérité vis-à-vis de l'éducation.
Le plus important, le préscolaire, atout majeur pour une bonne éducation et un bon développement rentre dans le volet « Apprentissage et travail précoces » qui englobe aussi le primaire. Le taux brut d'inscription au préscolaire enregistre 90% au Liban et 60% au Maroc. Des efforts sont à fournir, soit à travers des classes de préscolaire, des écoles coraniques préscolaires, un apprentissage à domicile, ou la création d'espaces « jouer et apprendre » pour les enfants en temps de conflit.
L'étude relève les bonnes expériences et pratiques de certains pays qui ont pu améliorer les indicateurs de DPE, à travers des stratégies et plans d'action ciblés. En matière de santé, le Mexique a mis en place OPORTUNIDADES, un programme qui impose que les enfants de 0–60 mois visitent des cliniques de surveillance de nutrition. On donne aux enfants de moins de 24 mois des compléments nutritionnels indépendamment de l'état de croissance et aux 24-60 mois des suppléments nutritionnels si leur croissance est jugée pauvre. En finalité, ces enfants surveillés sont à 8.6 % moins enclin à souffrir d'un retard de croissance.
Depuis 1993, en Argentine, une année obligatoire de préscolaire a été ajoutée au système d'éducation, ciblant surtout les zones pauvres avec un faible taux d'inscription au préscolaire. Le préscolaire a fait augmenter les scores de test, l'attention en classe, l'effort, la discipline et la participation.
Les effets combinés de la nutrition et la stimulation de l'enfant sont démontrés par une étude en Jamaïque. Les enfants de 9-24 mois, qui avaient un retard de croissance, recevaient à la fois des suppléments et une stimulation nutritionnels. Cela a eu un effet positif, ils ont ainsi obtenu de meilleurs scores aux tests de développement que les enfants recevant uniquement l'une des deux interventions.
Enfin, au Brésil, des ateliers sont organisés, à domicile, pour les mamans dans les zones pauvres afin de leur apprendre la manière de promouvoir le développement par le jeu et l'interaction dans les activités quotidiennes et les tâches ménagères. Des améliorations significatives dans le développement des enfants ont été observées grâce à ce programme.


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