Presse-citron. Il n'y a pas que les procès et les processions. Il y a aussi les procès d'intention et le début d'un grand nettoyage qui n'attendra pas le printemps. L'exemple nous vient de Casablanca où un quotidien, qui est passé de la lutte des classes à la lutte des places, a repris les choses en main en nommant les plumes qu'il faut à la place qu'il faut. Il s'est même débarrassé – pour un temps ? – de la caricature sans armature. Après tout, la profession est devenue obsolète avec de vieux crabes qui ne finissent pas de nous pomper l'air. Un autre périodique publie des mises au point pour préciser que ce que son confrère a publié sur lui est faux, tout faux. Ce qui ne se voyait pas dans le métier à tisser les bons filons. Les journaux, dans l'ensemble, se ressaisissent – pour les retardataires ce n'est que partie remise – et ça ne peut que renforcer leur crédibilité. Certains n'attendent pas des états généraux du syndicat à Bouznika ou à Skhirat, pour se refaire une santé. Il faut dire que ça devient invivable. stop. La grève des bus a instauré une nouvelle façon de vivre chez les usagers confrontés au danger du jour au lendemain. La menace de perdre leur emploi devant des patrons poltrons, les fait réveiller plus tôt que d'habitude pour se taper à pied une partie du parcours. Dans certaines boîtes, ceux qui disposent d'une voiture ou d'une moto, transportent un collègue – voire plusieurs – en ces temps durs où la solidarité n'est plus un vain mot. En règle générale, la discipline militaire gagne la vie civile. Le matin, on se réveille avant l'heure pour ne pas rater le passage du collègue motorisé à Diour Jamaâ ou à Bab El Had. Mais si les grévistes n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, ça se négocie au 5ème étage de la wilaya et au ministère de tutelle saisi par une ribambelle de nakabis, et que si la grève reprend de plus belle, les usagers ne seront pas prêts de recommencer. stop. Un cyber de la rue de Napoli (Océan) a été obligé de fermer toute une journée à cause du réseau qui faisait défaut. Dans bien des foyers, la connexion est « tkila », disent les habitués de leur m'kila sur Facebook… Par contre, dans d'autres quartiers bourrés de grandes antennes, le débit ne connaît pas de répit. Côté prix, les tarifs des ordinateurs baissent comme si on était à Biarritz ou à Metz, alors que le niveau de vie entre là-bas et ici est incomparable. Encore un effort entreprise citoyenne. stop. Des femmes immigrées donnent naissance au petit Omar à Montélimar ou à Ibtissam à Rotterdam mais la fête se déroule au Maroc 4 ou 5 mois après la naissance du bébé. On réunit parents et amis pour célébrer une deuxième naissance avec rfissa à Bab Mrissa. stop. Le gamin renversé à Sania Gharbiya par un camion « utilitaire » la semaine dernière, vient de succomber à la suite de profondes blessures. Les voitures continuent de sévir sur la route côtière pour le malheur des piétons qui traversent la peur au ventre. Des caméras qui pourraient faire peur aux chauffards – ma kay khafô, ma kay hachmô – seraient les bienvenues. Mais les quartiers déclassés de Rabat n'ont pas encore droit à ce luxe qui n'en est pas un à Fès, à Glasgow ou à Santiago. stop. Scène de la vie d'un chien ordinaire. Devant le Borj, un kelb ou un klébar, comme on en voit dans les quartiers des pauvres, tente de traverser cette route côtière et meurtrière. Dans un premier mouvement, il traverse, tant bien que mal, entre un trafic de véhicules déchaînés et se retrouve au milieu de la chaussée. Comme un humain, il regarde des deux côtés ce ballet des véhicules. Voyant qu'aucune voiture ne s'est arrêtée pour le laisser regagner le trottoir d'en face, le brave chien revient sur le trottoir d'où il est parti. Rebelote, il évite le 1er mouvement de voitures et se retrouve au milieu de la chaussée pour la seconde fois. Comme un vieux monsieur ou une vieille dame, il reste coincé entre deux files de fous du volant jusqu'à ce qu'une automobiliste s'arrête net pour le laisser passer pendant que des crétins qui n'avaient pas vu la scène se sont mis à klaxonner. Conclusion : des gens qui ne respectent même pas la vie d'un chien, vont-ils respecter celle des humains ? stop. La Casa d'Espagne de Rabat est passée du local boui-boui derrière Lalla Kenza – ça fait un bail – aux Zaers, dans un environnement de rêve où Boulaïch (ex-Hilton) est aux petits soins avec les invités et les fidèles de la maison. Mais au-delà de la paëlla avec du poisson frais, il faut savoir que l'action sociale dans ce club mérite d'être rapportée même si le comité tient à rester discret. Ici, on ne distribue ni harira ni zamita – pourquoi pas –, on offre aux jeunes de Yacoub El Mansour ou de Akkari des séances de sport et même un voyage en été pour 2 ou 3 personnes - tous frais payés - sur la Costa del Sol ou la Costa Brava. Même en temps de crise où le geste mérite une bise. stop. Tendance et délivrance. Quand des parents ont une fille un peu spéciale, ils disent à leur amie que leur fille est un garçon manqué. C'est moins scandaleux que de dire qu'elle est ceci ou cela… Cette vieille expression qui remonte loin démontre qu'il n'y a rien de nouveau sous les cieux. stop. Encore des papiers signés à l'aveuglette sans étude de la morphologie du terrain, surtout en zone rurale. Dans la foulée de la construction de la station balnéaire Oued Chbika, l'aménageur – développeur – comme on dit – égyptien Orascom Développement est accusé d'avoir profané une nécropole de plusieurs milliers d'années, datant de la protohistoire – sic. En réalité, si on avait pris le soin de signaler à l'investisseur égyptien qui sait qu'on ne badine pas avec les tombes des pharaons, il ne se serait pas aventuré sur le terrain miné de Oued Chbika apparemment alla aâlika… stop. L'eau dans des boudizates – c'est pas spécialement pour les boujadis – de cinq litres connaît un regain d'intérêt depuis qu'on a dit aux gens : buvez beaucoup d'eau. De Saïss à Aïn Soltane, on n'a plus que l'embarras du choix. 5 litres à 9 ou à 10 DH pour celui qui boit comme une éponge, c'est que bénéf. stop. La galerie de peinture Arcane renaît de ses cendres en s'installant au quartier ex-Pietri, entre Horizon et Tous Vosges, tout vogue. Madame Bennani et compagnie n'a pas rendu hommage au regretté rbati de souche Stéphane Daubanay qui a cru dès le départ à cette galerie lors de ses balbutiements en face de la prison El Alou où personne ne pariait un kopec. Est-ce parce que Stéphane est mort de la maladie de Rock Hudson qu'on n'a pas voulu en parler ? Il méritait au moins un bouquet de fleurs et une photo à l'entrée de la nouvelle galerie le jour de la réouverture parce que Arcane c'est lui, c'est tout son sacrifice. Et Dieu sait qu'il en a bavé pour faire venir du monde dans ce quartier et pour imposer sa griffe. Enfin, on n'était pas obligé de choisir cette enseigne. Comme dit Najat Aâtabou : «C'est pas ce qui manque» Traduisez. stop.