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Objectifs et conséquences
Climat

Nick Griffin, le chef de file du Parti national britannique (BNP), est un fasciste «léger» qui, d'ordinaire, ne déclame pas comme d'aucuns le faisaient dans les années 30. Pourtant, il y a deux mois, il a tenu un discours particulièrement extrémiste. Récemment élu au Parlement européen, il a préconisé des mesures «très sévères» pour empêcher les immigrés clandestins en provenance d'Afrique d'entrer dans l'Union européenne en traversant la Méditerranée en bateau.
Interviewé ensuite par la BBC, il a déclaré: «Franchement, il faut couler plusieurs bateaux». Le journaliste l'a alors interrompu, protestant que l'Union européenne ne commet pas de meurtre. «Je n'ai pas parlé de meurtre en mer, a répliqué Griffin, j'ai dit qu'on doit faire couler les bateaux. On peut leur lancer un canot de sauvetage pour qu'ils rentrent en Libye. Mais, tôt ou tard, l'Europe devra fermer ses frontières, sinon elle sera submergée par le tiers-monde».
Nous avons là un discours néo-fasciste classique. Et ceux qui le tiennent sont encore marginalisés face aux grands courants politiques européens. Mais si le sommet de Copenhague de décembre ne donne pas lieu à une démarche sérieuse visant à maîtriser le changement climatique, les idées de Griffin risquent de faire partie des grands courants politiques en Europe d'ici vingt ans!
Les pays les plus pauvres proches de l'équateur sont ceux qui seront touchés en premier et le plus gravement par le réchauffement planétaire. Alors que leurs cultures ne résisteront plus à une chaleur excessive et au manque d'eau, une multitude de réfugiés climatiques fuiront vers le Nord. Les habitants du Mexique et de l'Amérique centrale quitteront leur pays pour gagner les États-Unis. Les Africains et les Moyen-Orientaux chercheront à rejoindre l'Union européenne. Les discours qui s'apparentent à celui du leader du BNP commenceront à paraître raisonnables, et les frontières méridionales de l'Europe et des États-Unis deviendront des zones fortifiées.
Il faut donc se réjouir que le nouveau Premier ministre japonais Yukio Hatoyama ait proposé, cette semaine, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de son pays de 25% par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020.
C'est un progrès considérable en comparaison des 8% de réduction à l'horizon 2020 préconisés par l'ancien gouvernement nippon. Par cette décision, le Japon rejoint les pays développés pour lesquels le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait défini des objectifs de réduction des émissions de 25 à 40% d'ici 2020.
L'Union européenne ayant déjà adopté un objectif de réduction des émissions de 20% par rapport au niveau de 1990 d'ici à 2020 et ayant par ailleurs promis de passer à 30% de réduction lors des pourparlers de Copenhague si d'autres pays industrialisés en font autant, il semble désormais y avoir une proposition sérieuse à exploiter. Malheureusement, il y a aussi un piège…
Le piège c'est que la proposition de réduction de 25% du Japon et celle de 30% de l'UE est conditionnée par ce que feront les autres pays développés (c'est-à-dire les États-Unis). Il faudrait que les États-Unis adoptent le même objectif. Seulement voilà: le président Obama ne s'engage absolument pas à réduire les émissions étasuniennes par rapport au niveau de 1990 ; il a seulement l'intention de ramener les émissions de gaz à effet de serre de son pays à ce niveau d'ici 2020, prétextant que le déni climatique qui a duré huit ans sous l'administration Bush a augmenté le volume d'émissions.
Ce prétexte n'est pas vraiment valable. Actuellement, les émissions de gaz à effet de serre du Japon sont également largement au-dessus de leur niveau de 1990. Pour diminuer de 25% ce niveau d'ici 2020, il doit réduire l'ensemble de ses émissions de près d'un tiers au cours des dix prochaines années. La véritable raison qui empêche Barack Obama de s'engager sur les mêmes objectifs est de nature politique.
Comme l'a expliqué le président du GIEC au mois de mars: «Il [Obama] ne peut pas dire, d'ici 2020, je vais réduire nos émissions de 30%. Cela provoquera une révolte. Il doit faire les choses petit à petit». De nombreux Américains sortent à peine de leur déni ou s'apprêtent à le faire. Le président américain ne peut pas aller plus vite que la musique.
Les Européens, comme les Japonais, savent que les États-Unis ne proposeront pas de réductions importantes au sommet de Copenhague. Du coup, ils ne seront pas obligés de mettre en application leurs propres propositions. Or, si les pays industrialisés ne s'engagent pas sur des réductions radicales, les pays en développement rapide, comme la Chine et l'Inde, n'accepteront pas d'être soumis à des contraintes d'émissions, aussi imprécises soient-elles.
Dans ces circonstances, que peut-on gagner au sommet de Copenhague? Probablement pas grand-chose en termes d'objectifs sérieux. Mais la partie ne s'arrête pas là: le problème climatique n'est pas près de disparaître et nous serons de nouveau autour de la table des négociations d'ici peu. Entre-temps, il y a une chose importante que Barack Obama peut obtenir à Copenhague.
Le petit jeu des réductions, exprimées en pourcentage, du volume de gaz à effet de serre déjà émis est foncièrement stupide. Pour éviter le risque d'un réchauffement incontrôlable, il faut à tout prix que la température moyenne dans le monde n'augmente pas de plus de 2°C par rapport à 1990. Cela correspond à 450 parties par million (ppm) de dioxyde de carbone dégagées dans l'atmosphère (nous en sommes déjà à 390 ppm). Il est donc assez simple de calculer combien de CO2 nous pouvons encore rejeter dans l'atmosphère pour le reste du 21e siècle.
C'est cet objectif-là qu'il faut atteindre. En outre, si on le rend officiel, cela transformerait le processus de négociation. Nous parlerions ainsi de chiffres concrets et les négociations porteraient sur un partage des émissions restantes encore acceptables entre les divers pays développés et en développement.
Après tout, c'est Barack Obama qui a poussé les vingt pays les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre à accepter de ne pas franchir le seuil de 2 °C d'augmentation de la température mondiale aux sommets du G8/G20 en Italie et en Angleterre. Peut-être ira-t-il au bout de sa démarche à Copenhague…


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