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Les ficelles de « l'expansionnisme » turc
Publié dans L'observateur du Maroc le 08 - 03 - 2020

Depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange conclu entre le Maroc et la Turquie, le déséquilibre commercial a explosé au détriment du Maroc. Les deux parties ont convenu de revoir certaines clauses. Les négociations sont en cours. En attendant le verdict, l'Observateur du Maroc
et d'Afrique a recensé l'avis des professionnels de différents secteurs impactés par la prolifération des produits turcs sur le marché local. Fermetures d'entreprises marocaines, pertes d'emplois, concurrence déloyale, blocage à l'export… Les Turcs usent de tous les moyens pour tisser leur toile au Maroc quitte à
« anéantir » l'industrie locale.
Par Mounia Kabiri Kettani
Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce, de l'industrie, de l'investissement et de l'économie numérique, l'a dit clairement en face de son homologue turc, Puhsar Pekcan, qui conduisait une
délégation d'hommes d'affaires de son pays récemment au Maroc : « Le Royaume aspire à un partenariat gagnant-gagnant », appelant la Turquie à investir au Maroc via la création d'entreprises dans le Royaume. « Il faut créer de la richesse, juste en installant des entreprises turques qui permettraient notamment le déplacement des capitaux et la promotion de l'emploi », a-t-il martelé. Moulay Hafid Elalamy avait déjà haussé le ton devant la Chambre des Représentants en insistant que si la Turquie n'arrivait pas à trouver une solution à ce déficit, son département serait alors obligé de revoir unilatéralement l'accord de libre échange. Et de conclure que « le Maroc demande soit de réviser les termes de l'Accord, soit de le déchirer » .
Les Turcs ont compris que ce n'est pas de la rigolade. Et que le Maroc est déterminé à aller jusqu'au bout pour défendre et protéger son industrie locale. C'est ainsi qu'il a été convenu « après un vif débat » de revoir les clauses de l'ALE qui nous lie avec le Turquie. Un accord qui, depuis son entrée en vigueur, ne profite qu'aux Turcs.
Statistiques parlantes
Les chiffres évoqués par le ministre de l'Industrie sont éloquents. D'après lui, le commerce bilatéral a enregistré un déficit de 18 milliards de dirhams avec le partenaire turque, au moment où le volume des investissements turcs au Maroc ne dépasse pas 1% sans parler de la perte de plus de 100.000 emplois depuis 5 ans. Rien que dans le textile, l'un des secteurs les plus touchés par « l'invasion des produits turcs », le nombre d'emplois perdus par le Maroc s'élève à 19.000 en 2014, 24.000 en 2015, 35.000 en 2016 et 44.000 en 2017. « Nous sommes intervenus il y a 3 ans en tant que ministère pour mettre en place des taxes douanières, mais il est impossible de prolonger la restriction plus que trois ans, et nous sommes arrivés à 2020 », a déclaré le responsable gouvernemental ajoutant que le Maroc a proposé des accords asymétriques dont les mécanismes sont prévus par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). D'après les chiffres de l'Office des changes, les importations en provenance de la Turquie ont quadruplé en 13 ans, depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange Maroc –Turquie. Concrètement, elles sont passées de 5,5 MMDH à 21,5 MMDH en 2018 en croissance de 11,4% par rapport à 2017 et de 36% en comparaison avec 2015.
Les importations de 2018 dans le cadre de l'accord représentent 72% du total en hausse de 14,7% par rapport à 2017 soit l'équivalent de 10% de l'ensemble des importations du Maroc dans le cadre de tous les accords de libre-échange signés. En 2019, la hausse est de 16%. Du côté des exportations marocaines envers ce pays, elles ne cessent de reculer. Rien qu'en 2018, la baisse est de l'ordre de 20,3% par rapport à 2017 et de 25,7% par rapport à 2016 pour un total qui ne dépasse pas les 5,5 MMDH soit le même niveau des importations turques avant l'entrée en vigueur de l'ALE. Le recul de 2019 est de 3,5%. Le Maroc accuse dès lors un déficit qui ne cesse de se creuser atteignant les 16 MMDH en 2018 contre 12,4 MMDH et seulement 4,4 MMDH en 2006. Selon l'Office des changes il s'agit du troisième plus important déficit commercial du Maroc pays après la Chine et les USA.
Zebrano, Enza Home, Ozbay Furniture, Yatsan, Adolia, Antalya Home, Autokar, Istikbal, Ahmet chef… une note interne du département de l'Economie et des Finances, réalisée il y a quelques années, révèle que l'intérêt pour le marché marocain a pris une grande ampleur auprès des Turcs et le nombre des entreprises installées au Maroc a considérablement augmenté et dépasse aujourd'hui 80 sociétés. Les Turcs opèrent en plus du textile, dans plusieurs autres secteurs notamment la distribution, l'alimentation, le mobilier, l'immobilier, la construction et les infrastructures, le sanitaire…Un constat est frappant : partout où elles s'implantent, le malaise s'accroît !
D'après un expert des relations maroco-turques, Mohamed Rihani, depuis quelques années, les ouvertures de magasins en franchise via des investisseurs turcs se multiplient, aidés par un accord de libre-échange entré en vigueur en 2006 et une maturité du marché qui accorde plus de confiance aux produits made in Turkey. Cette situation, devenue insoutenable avec le temps, fait aujourd'hui polémique. Dans le secteur d'ameublement Hasna Idrissi, directrice de Mobilia triangle d'or, refuse l'idée d'une bataille concurrentielle directe mais avoue qu'il faut profiter de cette menace pour redonner vie et envie au produit marocain. « Certes les produits turcs sont réputés par leur qualité surtout en matière de bois mais le produit local reste plus prisé pour différents facteurs notamment ceux liés au choix, au sur mesure… », note celle qui entend installer une nouvelle charte pour l'enseigne et un nouveau positionnement capable de se différencier sur le marché.
Exporter pour sauver l'économie
L'économie en Turquie est en mauvaise passe. Selon une note de Coface consacrée à la Turquie, le pays « subit un ralentissement économique brutal, auquel s'ajoute une inflation en hausse suite à la forte dépréciation de la livre au cours de l'année 2018 qui a affecté la consommation et la production du pays ». En juin dernier Coface a dégradé l'évaluation pays de la Turquie à risque élevé (C), et le 3e trimestre
a été marqué par une « vague de dégradations sectorielles », souligne le spécialiste de l'assurance crédit. Les exportations sont devenues dès lors une source importante, voire vitale, de revenus pour l'économie turque. « Ce qui explique que le gouvernement turc ne ménage pas ses efforts pour faire gagner aux exportateurs locaux de nouvelles parts de marché », reconnait Coface. Grâce à ceci, en 2018, les exportations turques ont augmenté de 7% par rapport à l'année précédente pour atteindre 168 milliards de dollars, avec des
résultats positifs dans les domaines de la chimie (17%), des véhicules à moteur (12%) et du papier (11%), suivis du textile et de l'habillement (5%) et de l'alimentation (4%). Selon Coface, « la Turquie jouit d'avantages comparatifs élevés dans les domaines du textile, de l'habillement, des métaux et des plastiques ». « Cette excellence a permis au pays de se démarquer dans la spécialisation sectorielle, pour éventuellement monter en complexité et gagner de nouvelles parts de marché dans le futur, en adéquation avec le nouveau programme économique du gouvernement pour 2019-2020 basé sur le rééquilibrage de l'économie grâce à une hausse des exportations », explique la même source. Le modus adopté par la Turquie pour « booster » son export, est pour le moins efficace, si bien, qu'une large gamme de produits réussit aujourd'hui à pénétrer les marchés européen, asiatique …. Des produits considérés comme très concurrentiels compte tenu des facteurs prix et qualité. Pour marquer encore plus le coup, le pays a dévoilé l'année dernière, le Plan Principal d'Exportations 2019-2023. Ce plan vise un volume des exportations de 226,6 milliards de dollars et détermine 17 pays et 5 secteurs cibles à savoir la mécanique, l'automobile, l'électricité-électronique, l'industrie chimique et l'industrie alimentaire. Le Maroc fait partie des pays identifiés. « Cette stratégie est trop risquée pour le Maroc. En l'absence de mesures pour protéger l'industrie locale, l'impact pourrait être dévastateur », martèle Mohamed Rihani. Et d'ajouter : « La Turquie adopte une stratégie basée sur la promotion des exportations. L'objectif est d'exporter à tout prix et surtout à des prix très bas grâce aux aides de l'Etat (des subventions notamment) ». En gros, l'économie turque n'est pas si forte comme on le laisse croire, sa production ne possède pas une forte valeur ajoutée et sa croissance a été pendant de longues années dépendante des IDE européens avant que la crise de la zone euro ne mette fin à leur essor. Depuis, les entreprises turques se tournent de plus en plus vers « le monde arabe » pour amorcer un relais de croissance et transférer à ces pays l'énorme déficit commercial de l'Etat turc.
Des subventions massives pour écouler à tout prix
Des subventions sont prévues en effet dans le cadre d'un autre programme que la Turquie dénomme « TurQuality ». Son objectif est de renforcer l'image des marques turques afin qu'elles s'internationalisent et augmentent leur pénétration à l'export. Autrement, des aides étatiques sont octroyées aux entreprises locales qui s'implantent à l'étranger dans le financement de leurs campagnes publicitaires, le paiement de loyers pour une période déterminée, le transport, l'aménagement…Résultat : le produit turc, épaulé par des subventions étatiques est vendu à « des prix cassés ». « Ces pratiques commerciales ne sont pas toutes saines, les sociétés exportatrices turques usent généralement de l'appui de leur Etat pour tourner le dos aux règles du marché. Ainsi, elles pratiquent le dumping, une technique commerciale dénoncée par l'OMC qui consiste à vendre à perte pour écarter la concurrence », dénonce Mohamed Rihani. Le président de la fédération marocaine de Plasturgie, Hicham El Haid, déplore à son tour cette situation. D'après lui, « Les Turcs reçoivent une subvention de 15% sur le transport, 50% sur le loyer, sans parler des subventions liées à l'énergie, à l'export… Ceci les rend très agressif sur le marché. Les produits plastiques finis par exemple arrivent moins cher de 5 à 6% que la matière première sur le marché. C'est aberrant ! ». Et de souligner : « On peut adopter les meilleurs prix du monde mais on ne sera jamais compétitif face à ces produits ».
Même son de cloche de la part du président de l'AMITH, Mohammed Boubouh. « Les Turcs vendent des produits à un prix inférieur au coût de reviens ! C'est normal que le produit marocain ne pourrait être compétitif face à ces abus. C'est du véritable dumping. De plus, pour le textile, ces entreprises ne fabriquent ni au Maroc ni en Turquie. Le grand sourcing se fait en Bangladesh, en Inde…et plus généralement dans les pays asiatiques ce qui leur fait gagner énormément en matière de charges », nous confie-t-il. Les aides étatiques turques sont jugées massives par les professionnels et les ne considérons pas l'Algérie comme un marché pour écouler nos produits, mais nous aspirons aussi à la réalisation d'importants investissements », a-t-il dit. Notons, que les investissements des sociétés turques en Algérie dépassaient 3,5 milliards de dollars et ont permis la création de 30.000 postes d'emploi. Le pays compte quelques 377 projets d'investissements turcs. Ce qui n'est pas le cas au Maroc où tout est permis pour écouler tout simplement profitant de cet accord libre échange.
Pas de marques marocaines en turquie
A contrario, les Turcs protègent bien leur marché. « Le Maroc est un pays trop ouvert au commerce extérieur ce qui n'est pas le cas pour la Turquie d'où le déficit commercial avec ce pays », explique Rihani. En effet, le pays impose des barrières, surtout non tarifaires, à l'entrée des enseignes nationales au marché turc. Marwa, Diamantine, …les exemples des marques marocaines ayant tenté l'aventure turque ne manquent pas. Aucune n'a réussi à s'établir au pays. Et ce pour plusieurs raisons notamment ceux liées à l'application des règles et de normes hors ALE mises en place pour protéger le tissu industriel et contrecarrer l'entrée de marques marocaines. « Nous déplorons que le gouvernement n'applique pas la réciprocité. Tant qu'ils nous bloquent à exporter vers leur marché, il faut faire de même », insiste le président de la FMP. Et il nous fournit un exemple concret. « Renault et Somaca exportent vers l'Allemagne et n'arrivent pas à le faire en Turquie. Pourquoi ? Parce que pour les Turcs, ces voitures ne répondent pas aux normes. Mais de quelles normes parle-t-on ? Est ce que les turcs ont des normes plus draconiennes que les allemands », se demande t-il. C'est dire qu'il était temps de revoir cet ALE qui coûte cher au Maroc.
Quelques aspects de « l'invasion » turque
L'invasion turque comme l'appellent les professionnels n'est pas spécifique à l'installation des enseignes dans le pays. Il suffit de faire un tour dans les marchés de proximité de Casablanca comme Derb Omar ou encore Kriaa pour se rendre compte de la forte pénétration des produits sur le marché marocain : détergents, tapis, alimentaire…Le mouvement est frappant.
« Il y a quelques années, je vendais principalement des produits importés de Chine et quelques produits marocains. Aujourd'hui, la majorité provient de Turquie et le reste est divisé entre le Maroc et la Chine », nous confie l'un des vendeurs à Derb Omar. Ce dernier nous assure qu'il s'approvisionnait au début de BIM profitant de ses journées de promotion avant de nouer un contact qui lui a permis d'acheter directement de la Turquie chez le même fournisseur de BIM. Sa marchandise est livrée via le même canal de distribution de la chaine de magasins. « Je ne suis pas le seul, beaucoup de vendeurs suivent la même stratégie aujourd'hui à Derb Omar, Derb Ghallef ou autre », reconnait t-il. Pour des produits tels que les rideaux ou encore les draps et les tapis, les acheteurs sont livrés par voie maritime. Et les conteneurs ne chargent pas des produits marocains du Maroc mais profitent de la proximité de l'Europe pour s'approvisionner et revenir chargés en Turquie.
Une manipulation culturelle
A l'image d'une industrie cinématographique hollywoodienne, le cinéma turc a su prendre des risques pour gagner les cœurs et ensuite consolider ses positions. Cette industrie est devenue l'une des meilleures armes pour conquérir culturellement de nouveaux territoires cognitifs, faire connaitre sa propre culture, contrer d'autres influences culturelles, créer ainsi de nouveaux besoins et promouvoir un certain luxe démocratisé. Les voitures de haut de gamme, les cafés branchés, les centres commerciaux pour VIP et le paysage grandiose d'une métropole en pleine croissance font rêver les Marocains devant leur petit écran. 2M grâce à sa forte audience, est devenue une chaîne promotionnelle pour les produits commerciaux turcs. Les séries turques « marocanisés » sont diffusées tout au long de la journée.
Ainsi, les scènes de fiction deviennent des références, une source d'apprentissage de modèles sur la façon de résoudre des problèmes et de gérer des situations difficiles.
Progressivement, un changement de goût se généralise par effet de contagion dans les réseaux de sociabilité et la mode de ces objets se propage dans le pays. Une technique marketing gagnante pour la Turquie, mais dangereuse pour le Maroc.
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