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« 2012 a été marquée par une intensification des violations des droits humains »
Publié dans Le Soir Echos le 25 - 07 - 2013

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Le rapport de l'AMDH pour l'année 2012 établit un constat très négatif de la situation des droits humains au Maroc. Quelles sont les raisons d'une telle conclusion ? Quelle évolution observe-t-on par rapport aux années précédentes ?
Les raisons sont multiples, mais sont surtout liées au fait que l'Etat marocain ne respecte pas les droits humains reconnus à l'échelle internationale. Plusieurs violations portant atteinte au droit de manifester ont été enregistrées au courant de l'année 2012. Il y a eu quelques progrès mais ceux-ci ne peuvent masquer la tendance globale de régression du respect des droits humains. Cette année a connu une intensification des violations des droits humains, notamment en termes de droit de manifestation pacifique. La majorité des manifestations et sit-in a été réprimée. Recourir à la répression uniquement représente un recul des droits humains. Les cas de détention politique ont également augmentés cette année, selon les données de l'AMDH. Des témoignages de recours à la violence et à la torture lors des détentions confirment également cette régression des droits de l'Homme.
Quels sont les domaines où la situation des droits humains est la plus critique ?
La situation des libertés publiques a régressé. Les violations du droit d'association persistent. L'interdiction a d'ailleurs concerné les activités de différentes instances dont l'une assume la présidence du gouvernement (la Jeunesse du Parti Justice et Développement), les activités des instances des droits humains (trois activités organisées par l'Association Marocaine des Droits Humains), la réunion du Conseil national du parti Al Badil Al Hadari. Les libertés syndicales ont connu de nombreuses violations également. Le Code du travail n'est pas appliqué et n'est pas respecté. Des employés peuvent se faire virer du simple fait de leur appartenance à une organisation syndicale. Les droits des migrants et des demandeurs d'asile sont également bafoués. Cette année a été caractérisée par des campagnes policières contre les citoyens subsahariens et leur expulsion vers les frontières maroco-algériennes dans des conditions inhumaines. Les droits des femmes n'ont pas non plus connu d'évolution positive au cours de l'année 2012. Les demandes de mariage de filles mineures accordées par les juges représentent plus de 90 % des demandes faites.
Quelles sont justement les recommandations de l'AMDH au sujet des droits économiques et sociaux ?
L'Etat devrait respecter ses engagements auprès de ses citoyens. Le Maroc a en effet ratifié en 1989 le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. L'Etat marocain se désengage de plus en plus de son rôle relatif aux droits économiques et sociaux. On constate cela notamment à travers les difficultés liées à l'accès aux soins. Les femmes meurent toujours lors de l'accouchement à cause de la négligence et certaines d'entre elles se voient refuser même l'accès à l'hôpital et accouchent sur la voie publique. Le programme RAMED a par ailleurs prouvé qu'il était incapable de garantir ce droit. Pour ce qui est du droit au travail, il est également menacé : le chômage menace de plus en plus les diplômés des grandes écoles, et pas uniquement des diplômés des universités. Le droit d'accès au logement est également menacé. Le secteur de l'immobilier est devenu un terrain de surenchère, ce qui rend plus difficile pour les citoyens démunis l'accès à un logement décent. Malgré ses tentatives, l'Etat n'arrive pas à trouver des alternatives convenables à cette couche de la société. De plus, le recours à la répression est fréquent lors des protestations de ces couches sociales.


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