Parallèlement au pipeline qui sera opérationnel en 2012, le groupe OCP compte développer les infrastructures et les superstructures du port de Jorf Lasfar. L'objectif est d'adapter les capacités d'accueil aux trafics import/export projetés à hauteur de 35 millions de tonnes à l'horizon 2020. La partie du port dédiée à l'OCP comporte actuellement 7 quais (phosphates, engrais, soufre solide, soufre liquide, acide phosphorique, ammoniac et camions). Ces quais sont aménagés pour accueillir des bateaux d'une capacité de 100.000 tonnes. Le programme de l'Office porte sur l'extension et le renforcement de six quais de chargement et déchargement des matières premières et le nettoyage des fonds des bassins pour assurer la profondeur adéquate à l'accostage des gros bateaux. La fin des travaux est prévue pour 2012. Ils nécessiteront à terme une enveloppe budgétaire de l'ordre de 2,04 milliards de DH. Le projet d'extension du port de Jorf Lasfar est déployé en prévision de l'évolution des volumes annuels importés et exportés des phosphates (10 millions de tonnes), engrais (12 millions de tonnes), acide phosphorique (2,62 millions de tonnes), acide phosphorique purifié (1 million de tonnes), soufre solide (7,64 millions de tonnes) et ammoniac (2,49 millions de tonnes). Le projet est prévu en lots séparés pour permettre une forte participation des entreprises nationales à sa mise en œuvre. Les constructions garantiront ainsi près de 400.000 jours travail/hommes et quelque 200 emplois directs seront créés après finalisation des travaux. Actuellement, les études préliminaires sont lancées, notamment pour la reconnaissance géotechnique des sols, ainsi que pour le diagnostic et l'expertise des ouvrages portuaires existants. Les investissements massifs de l'OCP permettront d'accompagner le développement de la nouvelle base stratégique du groupe à Jorf Lasfar. Ce sera le Jorf phosphate hub (JPH), destiné aux investisseurs étrangers. Un processus de sélection est déjà lancé. Et sur les 22 opérateurs mondiaux consultés dans ce cadre, 16 ont déjà manifesté un intérêt certain pour l'offre JPH. Ces investissements directs viendront s'ajouter aux multiples joint-ventures que l'Office a développées avec les indiens Tata et Birla (Imacid), le belge Prayon et l'allemand CFB (Emaphos), le pakistanais Fauji (PMP) et le brésilien Bunge (BMP). Il est à rappeler que l'OCP investira près de 15,5 milliards de DH pour préparer l'infrastructure du hub d'ici 2015. Selon les projections, les investissements étrangers atteindront quelque 25 milliards de DH avec à la clef des milliers d'emploi. Stations d'épuration et stockage des boues de lavage à Khouribga et à Gantour À Khouribga et à Youssoufia, le groupe OCP développe des laveries dotées de systèmes de décantation des boues et de recyclage des eaux usées qui permettent d'économiser jusqu'à 7,4 millions de m3 annuellement. La production des stations de traitement des eaux usées des villes où il est présent est utilisée exclusivement pour le lavage des phosphates et l'arrosage des espaces verts. La station de Khouribga (en cours de réalisation en collaboration avec l'ONEP) permettra à elle seule la réutilisation de quelque 5 millions de m3 d'eaux usées épurées par an. Deux autres projets similaires sont à l'étude à Benguérir. Mais déjà avec l'extension de la conduite d'eau reliant le barrage Massira et Benguérir et le projet d'épuration des eaux usées pour récupérer 5 millions de m3 d'eau, l'OCP couvrira la totalité de ses besoins en eau et évitera de puiser 9 millions de m3/an de la nappe phréatique de Bhira. Les traitements d'eau seront aussi maximisés pour les logements résidentiels à travers des systèmes permettant une économie d'eau potable atteignant parfois les 60% par rapport aux systèmes classiques. Un engouement massif pour Jorf Les gros projets s'enchaînent et les activités s'intensifient autour de Jorf Lasfar. Le port est conçu pour répondre à un trafic maritime de plus de 25 millions de tonnes, grâce à ses infrastructures, à son outillage et à sa zone industrielle. Déjà, d'importantes unités industrielles sont opérationnelles (OCP, centrale électrique JLEC et Sonasid), tandis que de nombreux opérateurs économiques nationaux et internationaux convoitent d'ambitieux projets qui présagent un avenir florissant pour la région. La JLEC a entamé l'extension de ses quais, parallèlement à ceux de l'OCP. Il y a également le démarrage de l'exploitation de l'installation de Lafarge, pour un trafic annuel d'environ 250.000 tonnes et l'installation, aussi, de la société Holcim dans le port, drainant à son tour un trafic annuel de 200.000 tonnes de coke de pétrole et de pneus déchiquetés. Pour sa part, la société Atlas Ciment a projeté la construction d'une installation pour le stockage du petcocke, drainant un tonnage avoisinant 200.000 t. Un nouvel opérateur, la société Mass Céréale Al Maghreb, a construit un silo avec un tonnage global de 204.271 tonnes. Actuellement, l'ANP procède à la construction d'un terminal polyvalent avec des investissements de l'ordre de 500 millions de DH pour faire face au trafic des marchandises diverses qui augmente chaque année à Jorf Lasfar.