Nomination. Noufissa Kessar à la tête du Groupe Al Mada    La Chine expédie 285 millions de smartphones en 2025    IA souveraine : les dessous du partenariat Maroc–Mistral    UE–Maroc : Bruxelles mandate la Commission pour négocier un nouvel accord de pêche durable    007 First Light : quelle configuration PC pour jouer sans compromis    Augmentation de capital de RISMA: les détails de l'opération    Maroc–Arabie Saoudite : coopération renforcée dans le secteur minier    ChatGPT dévoile son outil de traduction et défie Google et DeepL    Gel des visas d'immigration aux USA : le Maroc visé    Trump annonce le début « officiel » de la deuxième phase du plan de paix américain pour Gaza    L'opposante vénézuélienne Machado offre sa médaille du prix Nobel de la paix au président Trump    Brésil : Bolsonaro transféré dans une prison mieux adaptée à son état de santé    CAN 2025 : quatorze joueurs de Ligue 1 à l'affiche Maroc-Sénégal    Edito. Leçon de «niaque»    Revue de presse de ce vendredi 16 janvier 2026    Deux éléments clés manqueront à la sélection sénégalaise en finale face aux Lions d'Atlas    Bloc solide, ambitions claires: le Maroc quasi infranchissable à la CAN    Températures prévues pour le samedi 17 janvier 2026    Maroc : Bilan 2025 du ministère public marqué par un renforcement de la protection sociale et judiciaire    La FNM et la Fondation du Patrimoine Culturel Prussien scellent un accord stratégique à Rabat    Les femmes au cœur du récit africain : « Lignes Blanches, Sang Commun »    CAN 2025. Les fan zones deviennent aussi des vitrines de l'artisanat    Youssef En-Nesyri courtisé par un cador de la Seria A    Un choc Maroc – Algérie au programme de la CAN féminine 2026    Transferts : Des géants européens ciblent Ayyoub Bouaddi    Rabat : La FNM et la Fondation du patrimoine culturel prussien signent une convention de coopération    Le gouvernement intègre officiellement la Fête de l'Unité dans la liste des jours fériés    Etats-Unis : le Maroc inclus dans la suspension du traitement des visas d'immigration    OMM : 2025, l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées    La Russie estime que les possibilités de l'Ukraine se "réduisent" pour négocier    Maroc–Suriname : engagement réaffirmé pour renforcer la coopération bilatérale    «Happy for the players, the public deserves this final», says Regragui    CAN 2025: «Contento por los jugadores, el público merece esta final» (Walid Regragui)    Drame familial à Jerada : un père tue ses deux filles adolescentes et prend la fuite    L'Inspecteur Général des FAR s'entretient avec le Commandant de la Force de la mission onusienne    CAN 2025 : une délégation britannique s'informe du dispositif marocain de sécurité des événements sportifs    2025, Annus horribilis pour Alger    En quête de légitimité, le polisario cherche à siéger au CPS de l'UA    Soutien social : Baitas met en avant l'élargissement des bénéficiaires et défend une réforme en phase d'exécution    Depuis le Sahara, Madonna «ne peut pas se détacher du Maroc»    Berlinale 2026 : Assarab d'Ahmed Bouanani programmé aux Berlinale Classics    Goya 2026 : Sirât, tourné en partie au Maroc, parmi les films les plus nommés    Collectivités territoriales au Maroc : 28 000 fonctionnaires sur le départ, quel avenir pour les services publics ?    Bois de chauffe : Les prix flambent et les pénuries s'installent    Le patient-partenaire : Un choix judicieux dans la nouvelle réforme de la santé    Plus de 270 millions d'enfants et de jeunes dans le monde n'ont pas accès à l'éducation, selon l'ONU    Rétro-Verso : Quand Feu Mohammed V décerna à Lumumba le Grand Cordon de l'Ordre du Trône    Khartoum : retour officiel du gouvernement soudanais    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Industrie cinématographique : Un potentiel sous-exploité
Publié dans Les ECO le 19 - 05 - 2016

En s'accaparant près de 75% des productions cinématographiques étrangères tournées au Maroc, la province d'Ouarzazate a tous les atouts pour développer l'industrie du 7e art.
En 2015, le Maroc a accueilli le tournage de 20 longs-métrages étrangers, pour une enveloppe budgétaire de 143,73 MDH. Le Centre cinématographique (CCM), qui avance ces chiffres, indique que plusieurs productions étrangères (américaines, anglaises, françaises, allemandes, italiennes...) ont jeté leur dévolu sur le royaume. Evidemment, Ouarzazate s'est accaparée la part de lion dans ces productions, mais au-delà de cette ville devenue la destination préférée des réalisateurs et producteurs étrangers, d'autres composantes de la région Drâa-Tafilalet, notamment Zagora, Tinghir et Midelt, ont tous les atouts pour prendre la même voie. Paysage ravissant, dunes, oasis, montagnes, climat présaharien...Bref, un décor naturel qui ne manque pas d'attitrer les grands producteurs cinématographiques. Sur le plan socio-économique, les retombées sont non négligeables. Les productions étrangères génèrent annuellement un chiffre d'affaires supérieur à 100 millions de dollars et crée des milliers d'emplois dans la région. À Ouarzazate par exemple, près de 90.000 personnes (artisans, figurants, techniciens, hôteliers, commerçants...) vivent d'une manière directe ou indirecte de cette manne. Cela en dit long sur le poids de cette industrie naissante.
Obstacles
Néanmoins, cette niche prometteuse demeure freinée dans son élan par plusieurs obstacles. Faiblesse des investissements drainés, manque d'actions de promotion, défaut d'organisation des acteurs...Ceci alors que la concurrence est de plus en plus ardue pour attirer les grandes productions avec des politiques de subventions pour accueillir les tournages, mais le principal handicap qui revient le plus souvent est l'enclavement de la région. L'aérien est le premier facteur pointé du doigt, et plus précisément l'insuffisance de liaisons et la cherté des billets. Cet obstacle est sur le point d'être surmonté puisque le Conseil de la région et la Royal Air Maroc sont en train de finaliser une convention pour augmenter la fréquence des vols et réduire les prix, mais au-delà du désenclavement de ladite région, tous les acteurs s'accordent à dire que le développement de cette niche de croissance passe nécessairement par une intégration de sa chaîne de valeur : financement, production, marketing, création de centres de formation de techniciens spécialisés....Le conseil de l'ancienne région (Souss-Massa-Drâa) avait mis en place un plan stratégique 2008-2016 pour hisser la ville de Ouarzazate et la région en général au rang des destinations leaders pour les tournages, mais les résultats escomptés n'ont pas été au rendez-vous...
Stratégie
Plusieurs objectifs sont fixés cette année: la région devrait atteindre 38 productions étrangères et drainer des revenus de l'ordre de 2 MMDH avec en prime la création de 8.000 emplois. Au programme aussi figure la création d'une «Film Commission», guichet unique destiné à l'accueil des producteurs, étrangers notamment. Sans oublier la création de l'association «Ouarzazate Film Commission» en janvier 2008 qui a entrepris plusieurs actions pour promouvoir la destination. Seulement, alors que la deadline de cette stratégie arrive à sa fin, les professionnels du secteur s'accordent à dire que l'on est loin, très loin des objectifs visés. Le projet le plus structurant de cette stratégie, «One Stop Shop», qui devait ériger Ouarzazate en ville cinématographique permettant aux producteurs de faire tout le travail sur place (montage, mixage, post-production...) n'a pas trouvé le chemin de la réalisation. En cause, plusieurs difficultés administratives et financières. D'emblée, le projet a buté sur un problème de foncier. Les 200 hectares qui devaient abriter le «One Stop Shop» sont des terres collectives dont la tutelle revient au ministère de l'Intérieur. Du coup, deux problèmes se sont posés. D'abord, sur le plan administratif, il fallait que le Conseil provincial achète le terrain auprès des ayants droit et le transfère à l'investisseur. Ensuite, sur le plan financier, le coût s'est avéré hors de portée de la collectivité. Toujours sur le registre du financement, la stratégie 2008-2016 a dénombré 6 chantiers à entreprendre pour une enveloppe globale estimée à 43 MMDH. Selon plusieurs sources, aucune tranche de ce montant n'a encore été débloquée.
Abdellatif El Ansari
Président régional de la CGEM Drâa-Tafilalet
Quels sont les secteurs d'activité qui ont le potentiel pour se développer dans la région ?
Les secteurs clés de la région ne sont pas nombreux. Il y a d'abord le tourisme, qui peut se développer davantage, vu les atouts de la région (désert, oasis, kasbahs...). La région est aussi connue par son activité minière qui représente une part importante dans le tissu économique de la région. L'agriculture offre aussi de nombreux débouchés. Le palmier-dattier prend ainsi du poids dans plusieurs parties de la région, et est couronné par le Salon international des dattes qui se tient à Erfoud. Enfin, la région est propice pour le développement de l'énergie solaire. Le projet de Noor à Ouarzazate en est le parfait exemple.
Mais le potentiel de ces secteurs, en particulier les mines et tourisme, demeure sous-exploité...
Parce qu'il n'y a pas une politique générale qui inscrit tous ces secteurs dans une vision de développement. Par exemple, Ouarzazate et environs sont devenus une destination très prisée pour le tournage des films étrangers, mais il n'y a pas une vision claire pour ce secteur qui peut drainer beaucoup d'investissements et créer de l'emploi dans la région. Ceci est valable pour les autres secteurs. Avec l'installation du conseil régional, on espère qu'une nouvelle dynamique sera enclenchée pour donner un nouveau souffle à ces secteurs.
La jonction de Drâa et Tafilalet dans le nouveau découpage a-t-elle servi la région ?
La nouvelle configuration a un double tranchant. Le côté positif est que les différentes composantes de la région sont pratiquement sur un pied d'égalité; elles ont les mêmes atouts mais aussi les mêmes contraintes et difficultés. En revanche, sur le plan administratif, Drâa-Tafilalet demeure divisée entre quatre régions. Si l'on exclut l'académie de l'enseignement et quelques administrations comme celle de l'Equipement et du Transport, il y a peu de directions régionales implantées dans la région. Pour les administrations les plus importantes (impôts, ANAPEC, mines...), il faut se déplacer à Agadir ou à Beni Mellal. C'est une grande aberration qu'il faut résoudre le plus tôt possible.
Quelles sont les autres priorités, selon vous ?
Tout d'abord, il faut désenclaver la région. Ceci peut résoudre plusieurs problèmes. Sur le plan aérien, le Conseil régional est en train de négocier une convention avec RAM et le ministère de l'Equipement et du transport. Elle prévoit notamment la liaison des trois aéroports de la région (Errachidia, Ouarzazate et Zagora) avec Marrakech. Il faut que d'autres actions suivent sur le plan routier. Sur le registre du climat des affaires, il y a plusieurs entraves à l'investissement. Il en est ainsi du foncier industriel qui demeure rare et inadapté. La lourdeur des procédures administratives, notamment les délais trop longs pour la création d'une entreprise, se pose aussi avec acuité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.