Invités par le Cercle des jeunes dirigeants (CJD), des représentants des différents partis politiques livrent leur vision du soutien à la PME. Si les approches divergent dans la priorisation des mesures, tous s'accordent sur des axes presque identiques, avec différents degrés de pertinence des programmes. Le FMI vient d'annoncer la nécessité de considérer le développement des PME comme une nécessité économique et, de son côté, le gouvernement met en œuvre un certain nombre de mesures pour accompagner les petites et moyennes entreprises. Invités par le Cercle des jeunes dirigeants (CJD) pour débattre du «rôle du Politique dans l'appui à la Petite et Moyenne Entreprise au Maroc», les partis politiques se greffent à la dynamique et y vont de leurs différentes propositions. Plus concrètement, il s'agit d'envisager le programme des trois partis que sont le PJD, le PAM et le PPS. Si tous s'accordent sur la nécessité d'appuyer le développement de la PME, les priorités semblent cependant différentes. Pour le PAM, représenté par Cherkaoui Roudani, la première étape consiste à «renforcer l'éducation et la formation pour surpasser la mentalité d'opportunisme». Toujours dans la lignée des propositions, ce même parti propose la mise en place de pôles économiques, ainsi que la création d'un fonds de soutien à travers une politique globale. Jusque-là, ces propositions restent globales, sans réel profondeur d'analyse. En envisageant la vision du PPS sur les différents axes à développer pour accompagner la PME marocaine, le parti présente une approche un peu plus affinée avec la mise en place d'une stratégie dédiée à la PME et TPE. Cette dernière pourrait comprendre un volet «marchés publics» et une facilitation d'accès pour ces structures entrepreneuriales. Plus encore, l'approche converge vers un accompagnement financier de la PME à travers la facilitation de l'accès au crédit à la création. Envisageant les propositions du PJD, il en ressort une meilleure clarté de l'analyse des problématiques de la PME avec une vision à la fois globale et détaillée de la situation. Dans ce sens, le parti de la lampe annonce comme «défi pour le Maroc l'équilibre entre la croissance économique, la stabilité sociale et les équilibres macro-économiques». Partant des fondamentaux macro-économiques, le parti construit son exposé autour de la place des PME dans l'économie nationale, et en l'occurrence les mesures prises pour les accompagner. C'est dans ce sens que Said Benhmida, représentant du PJD, met l'accent sur «l'instauration d'une bonne gouvernance économique et les chantiers lancés en matière d'amélioration d'accès aux marchés publics avec l'harmonisation de l'arsenal juridique régissant les marchés publics». Sur cet aspect, l'approche est davantage empreinte de clarté puisqu'elle évoque plus spécifiquement les chantiers lancés, à savoir le travail sur l'accès au foncier, l'instauration d'un système fiscal incitatif ou encore la simplification des procédures de douane. Si les réformes sont en cours, il en demeure une qui fait l'unanimité au niveau des partis politiques : le «relifting» de l'administration publique. L'administration, «grand corps malade» Le constat est sans appel. La réforme de l'administration publique est aujourd'hui plus que nécessaire. L'exposé des différents partis politiques ayant participé à la rencontre du CJD mettent en avant un point commun, à savoir l'état de précarité dans lequel se trouve aujourd'hui l'administration publique. Considérée comme étant un véritable frein à l'investissement, cette dernière devra faire peau neuve pour accompagner le développer du secteur privé et plus particulièrement la très petite et moyenne entreprise. Plus encore, elle est attendue à ce niveau. Pour le PPS, représenté par M'hamed Grine, il est nécessaire de «créer une structure pour accompagner et encourager les TPE dans leurs démarches de soumission et fluidifier les relations avec l'administration, passer au guichet unique par administration». Toujours dans ce même ordre d'idées, le parti évoque l'institution d'un médiateur pour fluidifier les relations, le renforcement des capacités managériales des fonctionnaires et l'encouragement de l'e-administration. Sur ce volet, l'approche du PPS semble être la plus claire. Si le PJD parle de transition à marquer entre «l'administration «ruelles» à l'administration «autoroute»», le PAM parle d'une administration malade sans pour autant détailler les différents axes autour desquels devra s'articuler en priorité la réforme de l'administration publique. Plus globalement, le débat aura permis de cerner la vision globale du parti sur l'accompagnement de la TPME au Maroc, il n'en demeure pas moins que la vision globalement déclinée met davantage en exergue les problématiques sans encore apporter de solution pragmatique aux problématiques de la PME qui restent, rappelons-le, assez complexes, en ce sens qu'elles dépendent de nombreux facteurs, notamment macro-économiques et conjoncturels.