En plus du soutien apporté au Plan national de l'eau (2020-2050), ce programme contribuera, entre autres, à renforcer la gouvernance du secteur de l'eau en protégeant les ressources souterraines, en améliorant la qualité et la disponibilité des informations relatives à l'eau, et en soutenant la performance des agences de bassin hydraulique. Le Conseil d'administration de la Banque mondiale a approuvé un programme axé sur les résultats d'une valeur de 350 millions de dollars afin de soutenir le gouvernement marocain dans la mise en œuvre de son Programme national d'approvisionnement en eau potable et d'irrigation (PNAEPI, 2020-2027), et ce dans le contexte du Plan national de l'eau conçu sur 30 ans (PNE, 2020-2050), apprend-on d'un communiqué de l'institution. Pour rappel, lancé en 2020, le PNAEPI vise à améliorer la sécurité de l'eau en accélérant les investissements dans le secteur, et en renforçant la résilience de l'approvisionnement en eau potable et de l'irrigation. Le programme de la Banque mondiale contribuera ainsi à financer un sous-ensemble d'activités incluses dans le PNAEPI, à travers trois piliers stratégiques fonctionnant en synergie : le renforcement de la gouvernance du secteur de l'eau ; l'amélioration de la viabilité financière et de l'efficacité de l'utilisation de l'eau ; et une meilleure intégration des ressources en eau non conventionnelles. Pour la Banque mondiale, «le Maroc est confronté à des défis majeurs liés au climat et à l'eau, en tant que zone à forte vulnérabilité. La pénurie d'eau impose d'importantes contraintes économiques, lesquelles devraient encore s'aggraver alors que le pays approche le seuil critique de 500 mètres cubes d'eau par personne et par an d'ici 2030. Le changement climatique risque d'exacerber les effets cumulatifs et en cascade sur la sécurité de l'eau au Maroc». «Garantir l'accès aux ressources naturelles, notamment à l'eau, tout en les préservant, est essentiel pour construire un avenir durable au Maroc», affirme Jesko Hentschel, directeur pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale, cité dans le communiqué. Et d'ajouter : «Dans cette optique, ce nouveau programme vise à renforcer la sécurité de l'eau pour tous au Maroc et assure une aide pour l'actualisation et l'adoption du Plan national de l'eau (PNE) qui définit la vision du secteur sur 30 ans». En plus du soutien apporté au PNE, le programme contribuera à renforcer la gouvernance du secteur de l'eau en protégeant les ressources en eaux souterraines, en améliorant la qualité et la disponibilité des informations relatives à l'eau, en soutenant la performance des agences de bassin hydraulique, en développant les systèmes d'information et de données sur l'eau et enfin, en imposant la publication de rapports aux opérateurs multiservices. Le programme servira également, souligne le communiqué, à soutenir les efforts du gouvernement pour améliorer la viabilité financière et l'efficacité de l'utilisation de l'eau. Cette politique améliorera la résilience climatique du secteur de l'eau, notamment par le développement d'un modèle financier et l'adoption d'un plan d'action de viabilité financière permettant d'éclairer les stratégies de tarification pour des sous-secteurs spécifiques. Autres composants de cette politique, la mise en œuvre de la stratégie de communication du PNAEPI pour sensibiliser à l'importance de la préservation de l'eau, et l'opérationnalisation des plans de réduction des pertes d'eau potable dans les réseaux de distribution. «Ce Programme appuiera les efforts du gouvernement pour renforcer la reconnaissance de la valeur de l'eau, accroître la transparence des coûts tout au long de la chaîne de valeur de l'eau, et favoriser une utilisation plus efficace et rationnelle des rares ressources en eau», déclare pour sa part Marcus J. Wishart, spécialiste principal de la gestion des ressources en eau et coresponsable du Programme à la Banque mondiale. Le nouveau programme vise par ailleurs à améliorer un environnement favorable au dessalement et à la réutilisation des eaux traitées, deux solutions quasiment incontournables pour augmenter les ressources en eau du Maroc. «Concrètement, le programme vise à économiser 25 millions de m3 d'eau potable dans les réseaux de distribution, soit l'équivalent de la consommation annuelle dans les provinces d'El Jadida et de Sidi Bennour. Il vise aussi à mettre à disposition 52 millions de m3 d'eaux usées traitées pour réutilisation, ce qui représente 52 % de l'objectif du PNAEPI, soit 100 millions d'eaux usées traitées d'ici 2030», résume Carolina Dominguez Torres, spécialiste senior en approvisionnement en eau et assainissement et responsable du programme à la Banque mondiale.