Le secteur de l'artisanat est en train de se réveiller. Le nouveau Secrétaire d'Etat en charge de ce portefeuille promet d'importants changements. Certains, plus que d'autres, devront se faire avec l'aval des professionnels. Après quelques mois passés au sein du département, Anis Birou, Secrétaire d'Etat en charge de l'Artisanat, a déjà une vision sur les chantiers qu'il va ouvrir lors de son mandat. D'ores et déjà, il sait qu'il va œuvrer avec son équipe à orienter les efforts sur les mono-artisans, sur l'artisanat rural, l'artisanat de services… «Il faut toucher la masse», lance t-il, «en lui proposant quelque chose de particulier». A cet effet, beaucoup d'actions sont prévues dans ce sens. Il s'agira, entre autres, de résoudre les problèmes liés à l'approvisionnement de matières premières, d'améliorer la productivité, de mettre à profit le savoir faire des «maalems» de métiers en voie de disparition pour qu'ils soient transférés aux jeunes apprentis. Le volet social n'est pas en reste. Le département de l'Artisanat envisage de réviser certains programmes. Sur d'autres plans, Anis Birou a l'ambition aussi d'apporter sa touche. Il veut beaucoup faire pour ce secteur qui a de forts potentiels. D'abord, il va tenter de combler un vide juridique. Le secteur n'est pas organisé aujourd'hui et l'élaboration d'un texte devrait apporter plus de visibilité à l'ensemble. Il est aussi question de réformer les chambres d'artisanat qui sont amenées à prendre plus de poids. Sur un autre registre, l'équipe Birou envisage de lancer huit nouveaux plans de développement régional de l'artisanat (PDRA) qui sont dans la continuité de la vision 2015. Celui des provinces du Sud est lui quasiment bouclé. Il restera celui des villes ou régions comme Tanger, Tétouan, l'Oriental, Meknès-Tafilalet…. «Les PDRA permettent de faire connaître le potentiel de chaque ville ou région. C'est ainsi qu'elle peut mieux se distinguer. D'autant plus qu'ils sont un outil mobilisant tous les acteurs de la région autour d'un même projet. C'est une sorte de garantie pour sa réussite», soutient Anis Birou. Sur le plan de la promotion, qui représente quand même un assez important chantier, le Secrétaire d'Etat voudrait impulser une nouvelle dynamique. Hormis les marchés traditionnels ciblés (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne et Allemagne), il voudrait s'adresser à de nouveaux clients. Le Brésil, les Etats-Unis, les pays de l'Europe de l'Est, la Russie, les pays du Golf peuvent être les prochaines cibles. «Nous devons être audacieux et aller aussi loin pour chercher de nouvelles opportunités», indique le Secrétaire d'Etat. En plus de cela, Birou voudrait donner plus de poids à la Maison de l'artisan, organisme en charge de la promotion. Dans ce même registre, Anis Birou a sa propre vision pour promouvoir certaines villes. Sa politique ne consiste pas à éparpiller les énergies sur l'ensemble du territoire, car à l'évidence, toutes les villes ne peuvent pas développer l'artisanat. Il faut donc mettre le paquet sur quelques-unes ayant du potentiel. Il faut qu'elles soient au top. Et pour cela, des cibles ont déjà été choisies. Un effort sera concentré sur 6 ou 8 villes principalement dont Fès, Safi, Salé et Marrakech. Les infrastructures nécessaires, les espaces de vente… seront mis en place. Par la suite, l'attention sera portée sur des villes de «deuxième» catégorie pour les mettre à leur tour à niveau. Par ailleurs, et pour relancer les produits de l'artisanat, le Secrétariat d'Etat compte aussi organiser une foire nationale à Fès au mois de juin prochain. Tout ceci ne va pas sans des produits de qualité. Pour l'assurer, Birou va mettre en place un système de normes qui puisse hausser le niveau qualitatif des produits. «Nous allons développer des normes par rapport aux différents produits», confie Birou. Son souhait est plus ambitieux puisqu'il voudrait aussi développer la labellisation du produit Maroc. «Aujourd'hui, nous sommes concurrencés par des pays comme la Chine, le Vietnam, le Népal…, nous devons arriver à nous démarquer», ajoute t-il. L'artisanat ne sera plus ce qu'il était.