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Tafra : Les Marocaines toujours pénalisées par les disparités
Publié dans Hespress le 23 - 04 - 2019

Si la Loi fondamentale, le code de la famille et bien d'autres textes, ont essayé de promouvoir les droits de la femme et de consolider sa place dans la société, les femmes marocaines ont encore du mal à réaliser leur autonomisation et à s'affirmer politiquement, car demeurent pénalisées par de grandes disparités territoriales, notamment en termes d'éducation.
Dans un récent rapport, le centre de recherche, Tafra, une analyse des dynamiques d'autonomisation des femmes, et révèle que « si l'autonomisation et l'émancipation des femmes ne cessent d'être promues, elles restent victimes de disparités territoriales qui entravent ce projet.
Rappelant que la loi organique 34-15 du 16 juillet 2015 a voulu assurer 30% de femmes élues au sein des collectivités territoriales, le centre déplore que l'analyse territorialisée des dynamiques sociales et des comportements électoraux fasse ressortir des configurations contradictoires à l'échelle des communes marocaines.
Cadre juridique et comportements réels
A cet égard, les auteurs de cette première partie du rapport, Alicia François et David Goeury, s'interrogent sur la compatibilité du cadre réglementaire et des pratiques partisanes avec la situation sociale des femmes.
Pour tenter de répondre à la question, les deux chercheurs se sont intéressés à une série d'indicateurs liés aux niveaux d'éducation, à l'âge au mariage, à la fécondité, au taux d'activité et à l'accès à des revenus monétaires directs. Ils mettent en avant la complexité des disparités territoriales selon les milieux de vie.
L'analyse, quoique menée à l'échelle nationale, est déclinée pour les régions de Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra, soit les deux régions les plus dynamiques du royaume.
Si les critères privilégiés sont inhérents à la poursuite des études, l'âge au mariage, la fécondité, le salariat ou l'entrepreneuriat dans un cadre réglementaire, il convient de relever, soulignent les deux experts, que dans le cas du Maroc, ils ne sont pas forcément corollaires, en ce sens que la hausse du taux de poursuite des études secondaires et supérieures, s'accompagne facilement d'un âge de mariage plus précoce (25,7 ans en 2014 contre 26,3 ans en 2004).
Disparités régionales
L'étude qui met en avant une grande différence dans le taux de scolarisation et de diplomation entre milieux rural et urbain, souligne aussi paradoxalement des « taux très proches » en termes de mariage précoce.
Toujours, en matière de comportement démographique, notamment l'indice synthétique de fécondité (ISF), les catégories rurale et urbaine convergent en pourrait se rencontrer, en ce sens qu'au moment où la fécondité de la femme urbaine s'inscrit à la hausse, celle de la femme rurale, normalement moins éduquée, est en baisse.
Cette tendance est expliquée par le fait que les femmes les moins éduquées imitent les femmes les plus éduquées notamment afin de pouvoir garantir une éducation de qualité à leurs enfants. Une donne qui se répercute sur le taux de scolarisation des filles de 7 à 12 ans, un autre volet auquel se sont intéressés Alicia François et David Goeury pour déduire que la progression du taux de scolarisation des filles est fortement corrélée à la baisse de la fécondité.
Et de mettre en avant un constat qui parait étonnant : L'éducation secondaire ou supérieure, âge plus tardif au mariage et surtout diminution de la fécondité ouvrent normalement la possibilité d'accéder au marché de l'emploi et ainsi à une participation accrue à la vie économique en dehors de la sphère domestique, or cela ne se reflète aucunement sur la situation réelle.
En effet, avancent-ils, le travail des femmes pâtit d'une sorte d' «invisibilité », et elles se retrouvent rapidement cantonnées dans la sphère domestique par les recenseurs.
Des divergences qui persistent
En guise de conclusion, les experts soulignent que malgré un cadre réglementaire qui renforce l'autonomie des femmes, il apparaît que le Maroc a été marqué par une phase complexe de régression durant la dernière décennie.
« Avancée de l'âge au mariage des femmes, recul du taux d'activité féminin et augmentation du taux de chômage des femmes apparaissent comme divergentes du cadre juridique et des efforts de promotion des femmes », relèvent-il.
Cependant, poursuivent les deux chercheurs, les phénomènes sont plus complexes : les femmes ont bénéficié d'un accès plus important à l'emploi salarié, à la création d'entreprises grâce à un niveau d'éducation plus élevé amenant à un changement d'horizon économique.
Dans une seconde partie à paraître, Alicia François et David Goeury comptent s'intéresser à la représentation politique des femmes au sein des conseils élus. Ils tenteront, à cet égard, de montrer que « la logique réglementaire adoptée a favorisé la féminisation dans les communes les moins peuplées du royaume, sans pour autant renforcer l'accès des femmes aux fonctions politiques clés et notamment les présidences des différents conseils ».


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