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Douar El Askar en périphérie de Salé et le calvaire de l'approvisionnement en eau
Publié dans Hespress le 28 - 05 - 2020

Différents programmes adoptés par l'Etat ont certes contribué largement à réduire le déficit enregistré au niveau de certains services en milieu rural, mais pour autant, ils sont loin d'avoir mis fin à la précarité dont souffre ce pan de la population marocaine. Parmi les problèmes qu'endure le monde rural où l'explosion démographique n'est pas un vain mot, la raréfaction des ressources en eau.
Au Maroc l'on compte plus de 1500 collectivités territoriales, dont près de 1280 communes rurales pour quelque 29.000 douars d'où une bonne dizaine de millions de personnes sont issues. Nécessité donc de conjuguer les efforts pour construire un monde rural durable et cohérent sur les plans social et économique et ne serait-ce que pour les besoins les plus élémentaires à savoir l'approvisionnement en eau potable.
C'est un secret de Polichinelle, au Maroc c'est un calvaire pour les ruraux que de se procurer cette denrée rare qu'est l'eau. Pour ce faire, cette couche sociale nécessiteuse ou en situation de précarité qui malheureusement qui ne bénéficie pas d'eau courante à domicile doit s'en taper du chemin avant que de joindre les points d'eau où elle s'abreuve fontaines anciennes parfois même liées à l'histoire (sequayat), des puits, ou de borne-fontaine en béton, quand ce ne sont des sources (Ain), oueds etc.
Souvent donc les habitants parcourent de longues distances pour puiser l'eau et la ramener au douar. C'est le cas dans la périphérie de Salé à Douar El Askar (un habitat très dispersé) où les habitants ne disposent pas de puits à proximité pour répondre à leurs besoins et où nous conduit à cet effet le reportage photographique de Mounir Mehimdate. La corvée d'eau incombe généralement aux enfants et aux femmes et plus particulièrement aux fillettes et parfois elle se fait même au détriment de l'école.
Ils effectuent des trajets de plusieurs kilomètres, aller et retour, pour satisfaire aux besoins en eau de la famille mais également des animaux bétail ou de de trait comme les mules ou ânes qui les accompagnent. Arrivés au puits ou point d'eau il va falloir s'armer de patience avant de voir son tour arriver dans ce point d'attroupement où nombre de citoyens font la queue en ordre dispersé et loin des consignes en conséquence de la situation sanitaire qui prévaut dans le Royaume.
L'eau est tirée d'un puits assez profond, à l'aide d'un seau et d'une corde, car très rares sont les puits équipés d'une pompe, même à main dans le Royaume. Cette opération incombe généralement aux adultes quoique les enfants soient concernés. On stocke l'eau dans des bidons d'huile ou d'eau usagés de cinq litres et rebelote pour le retour vers le douar.
En cette période d'état d'urgence sanitaire et donc de confinement due au coronavirus (Covid-19) on s'en doute, les gestes barrières ne sont pas tous appliqués devant cette nécessité de rapporter l'eau à la maison. Le port du masque n'est pas de rigueur tout comme la distanciation sociale, qui n'est pas prise en considération. Pour cette catégorie de population, l'urgence est ailleurs.
Reportage photo Mounir Mehimdate


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