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Environnement/bâtiment : La labellisation, étape préliminaire avant la loi
Publié dans Finances news le 04 - 02 - 2010

* Le Maroc reste à la traîne en matière d’utilisation de matériaux de construction écologiques ou d’énergies renouvelables.
* Malgré l’arsenal juridique existant ou envisagé en matière écologique , une étape préliminaire s’impose avant l’application des lois.
* La Charte de l’environnement en préparation fait appel à tous les intervenants dans le domaine de l’immobilier pour donner leurs points de vue et formuler leurs propositions.
La préservation de l’environnement devient une priorité nationale. Le projet d’une charte devant en décliner les grandes lignes est en gestation. Il sera présenté au mois d’avril prochain dans le cadre de la Journée de la terre. Pour ce faire, le Maroc devra se doter d’un ensemble de lois et règlements et d’autres mesures d’accompagnement pour assurer son développement durable. Plusieurs secteurs-cibles sont identifiés. Il s’agit de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme et, bien sûr, de l’habitat. Dans ce dernier créneau, les différentes études ont montré que le Maroc est encore à la traîne par rapport à d’autres pays, notamment en matière d’utilisation de matériaux de construction écologiques, d’énergies renouvelables ou de plans d’urbanisation modernes.
Il faut dire que le secteur de l’immobilier connaît un fort taux de croissance ces dernières années sous l’effet de la poussée démographique, de l’urbanisation à outrance et de la hausse du niveau de vie. La course à la réduction du déficit en logements a, certes, permis des avancées en la matière, mais elle a créé par ailleurs d’autres problèmes, notamment d’ordre écologique.
La Charte de l’environnement en préparation fait appel à tous les intervenants pour donner leurs points de vue et formuler leurs propositions. Les promoteurs immobiliers et autres professionnels du métier de la construction en bâtiment sont sollicités pour dégager une vision devant décliner certains axes du projet.
«L’efficacité énergétique figure en bonne et due forme. A l’instar de ce qui se passe dans le monde, nous avons proposé de classer les immeubles par leur niveau de déperdition. Il faut définir des seuils de consommation», a expliqué Rachid Khayatey Houssaini.
Le président de l’Association marocaine de la construction durable (Amcod) et vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), a souligné qu’«il faut diagnostiquer les bâtiments. Dans le logement économique, le coût ne dépasse pas les 5% et le retour sur investissement est assuré après deux ans seulement, d’autant que les consommateurs sont très regardants sur leur facture d’électricité».
L’amélioration de l’efficacité énergétique passe par la conception des bâtiments, le fonctionnement des équipements (climatisation, chauffage...) et la gestion énergétique dans les bâtiments. En effet, l’efficacité énergétique est une grande orientation de l’Etat du fait que le pays importe pratiquement la quasi-totalité de ses besoins de l’étranger. Il s’agit de ne pas consommer moins, mais de consommer mieux. «Le Maroc s’est doté d’un arsenal juridique en matière écologique.
Le programme devrait se poursuivre avec d’autres lois. Mais il est préférable de passer progressivement d’une étape à l’autre. Il est aisé de promulguer des lois, mais vu le contexte socio-économique, il arrive parfois qu’on ne puisse pas les appliquer. Au niveau de la construction durable, l’idée est de passer par l’approche de la labellisation ou de la certification avant d’imposer la loi. L’Etat doit encourager cette orientation car on constate une prise de conscience chez le public de la dimension écologique», a affirmé Khayatey.
Outre le volet construction, la priorité environnementale s’invite également au niveau de l’urbanisme. Les différents appels d’offres lancés dernièrement par l’Etat insistent sur le sujet. Le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme a imposé pour chaque nouveau logement construit, dans le cadre du contrat-programme avec l’Etat, un arbre implanté en vue de renforcer la surface des espaces verts. La superficie au mètre carré par habitant ne cesse de dégringoler. A Casablanca par exemple, la superficie urbanisée a été multipliée par vingt depuis l’indépendance. Durant la même période, les espaces verts n’ont pas doublé. C’est un grand retard qu’il faut combler, en privilégiant la verticalité au profit de ces espaces verts.
Pour l’éclairage public, les nouveaux équipements doivent être très économes en énergie et moins nocifs pour l’environnement.
Il faut souligner que le bâtiment est un domaine-clé de pollution du fait de son niveau de consommation d’énergie et d’émission de CO2. Dans ce contexte, le Maroc doit s’inspirer des expériences des pays développés. L’Union européenne plaide déjà pour une réglementation thermique afin de réduire les dépenses d'énergie. Sur une base de 100 watts en 2000, la consommation en énergie des logements atteignait presque 300 avant 1974, elle était de 75 en 2005 et doit passer à 25 en 2050,
Applicable aux permis de construire déposés depuis 2006, la réglementation thermique prévoit 20% d'économie d'énergie de mieux qu'en 2000 sur la facture finale.
L’utilisation des matériaux de construction écologiques, pour réussir, doit être accompagnée de campagnes de sensibilisation aussi bien auprès des promoteurs que des acquéreurs.


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