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Entretien : «La R & D doit devenir prioritaire aussi bien pour le public que pour le privé»
Publié dans Finances news le 03 - 12 - 2009

* La plupart des pays vont maintenir leur plan de relance pour 2010 et une sortie de crise définitive est prévue en 2011.
* Le taux de chômage moyen affiché actuellement au Maroc nécessite une révision de son mode de calcul.
* Pour bien préparer l’après-crise, il faut s’attaquer aux réformes structurelles.
* J. Kerdoudi, président de l’IMRI, livre son point de vue.
- Finances News Hebdo : Les plans de relance adoptés par certains pays touchés par la crise commencent à donner les fruits escomptés. Toutefois, on craint que la reprise ne soit éphémère, voire dopée par les fonds injectés massivement et que l’on risque de sombrer encore une fois dans la crise ? Qu’en pensez-vous ?
- Jawad Kerdoudi : En effet, les plans de relance, notamment dans les grands pays : Etats-Unis, Union européenne et Chine ont commencé à donner les fruits escomptés. La plupart des pays sont sortis de la récession au troisième trimestre 2009 : Etats-Unis (+ 0,9%), Zone Euro
(+ 0,4%), Japon (+ 1,2%), Brésil
(+ 1,9%) et Russie (+ 0,6%). Quant à la Chine et l’Inde, elles ne sont pas tombées en récession, et il est prévu une croissance pour 2009 de 6,1% pour la Chine et de 5% pour l’Inde. Selon le FMI, l’économie mondiale terminera 2009 avec une légère récession de 1,1%, tandis qu’elle croîtra de 3,1% en 2010. Je ne pense pas qu’on va sombrer dans une nouvelle crise en 2010, car la plupart des pays vont maintenir leur plan de relance pour 2010, et il est même prévu une sortie de crise définitive en 2011.
- F. N. H. : On prétend que l’économie nationale a démontré sa capacité de résilience en dépit de quelques résultats négatifs. Peut-on savoir quelles sont les raisons sous-jacentes à cette capacité de résilience ?
- J. K. : L’économie nationale a démontré sa capacité de résilience pour deux raisons. D’abord le système financier marocain, du fait du contrôle de l’Office des changes, était dépourvu de titres «toxiques», avec un faible recours au marché financier international, et une proposition réduite de l’endettement de notre pays en devises étrangères. La seconde raison est la bonne tenue depuis l’année 2000 des indicateurs macro-économiques : taux de croissance de l’ordre de 5%, inflation et déficit budgétaires inférieurs à 3%, balance des paiements excédentaire jusqu’en 2007. Cependant, l’économie marocaine a commencé à être impactée par la crise à travers le canal réel à partir du 4ème trimestre 2008. Cet impact s’est traduit à fin septembre 2009 par une baisse des exportations (- 17%), des recettes voyages (- 8,8%), des transferts MRE (- 9,7%) et des investissements directs étrangers (- 30%). Malgré ces mauvais résultats, l’économie marocaine va connaître une croissance en 2009 de 5,3%, du fait de l’excellente campagne agricole 2008-2009 (+ de 100 millions de quintaux de céréales).
- F. N. H. : En tant que président de l’IMRI, quelle appréciation faites-vous sur les mesures d’urgence prises dans le cadre du Comité de veille sachant que de nombreuses entreprises estiment que si elles ont pu voir le bout du tunnel, c’est en grande partie grâce à des mesures déployées en interne ?
- J. K. : Le gouvernement a institué en février 2009 un Comité de veille stratégique, qui a adopté des mesures incitatives pour accompagner les secteurs exportateurs les plus touchés : textile, cuir, équipement automobile. Il a par la suite étendu son action à d’autres secteurs, tels que l’immobilier et la pêche maritime. Je pense que ces incitations ont aidé les entreprises à sortir du tunnel, sans minimiser les mesures déployées par les entreprises en interne qui sont toujours les plus efficaces.
- F. N. H. : Sous d’autres cieux, la sortie de crise serait synonyme d’un taux de chômage élevé. Qu’en est-il du Maroc où il est toujours aussi accentué ?
- J. K. : Du fait de la crise, il y a eu beaucoup de pertes d’emplois, surtout dans le secteur textile (perte de 12.000 emplois à fin avril 2009). D’après les chiffres officiels, le taux de chômage a été maintenu à 9,6% de la population active. Mais ce taux moyen n’indique pas le chômage urbain qui est très élevé, ainsi que celui des jeunes diplômés. De plus, ce taux moyen prend en compte les travailleurs du monde rural, qui ne bénéficient que d’une activité précaire et d’un revenu faible. Il est indispensable d’augmenter la création d’emplois, qui seule permet de lutter contre la pauvreté (9% de la population totale) et la vulnérabilité
(17,5% de la population totale).
- F. N. H. : A l’instar de la crise, l’après-crise pourrait être une étape difficile pour notre tissu économique. Pensez-vous que le projet de Loi de Finances 2010 se veut en adéquation avec la sortie de crise ?
- J. K. : Le projet de Loi de Finances 2010 a prévu deux mesures fondamentales pour la sortie de crise. La première est la préservation du pouvoir d’achat des ménages afin de stimuler la consommation intérieure. Le projet prévoit aussi la réduction de l’impôt sur le revenu, l’augmentation des salaires des fonctionnaires, et le soutien des prix de base par la Caisse de Compensation. La deuxième mesure est l’augmentation de 20% des investissements publics, qui vont stimuler l’activité économique et contribuer à résorber le chômage. Cependant, les résultats de l’économie marocaine de 2010 dépendent de trois facteurs inconnus pour le moment. Il s’agit tout d’abord de la vitesse de reprise économique en Europe, principal marché du Maroc, et principal pourvoyeur d’investissements et de touristes. Le second facteur est la prochaine campagne agricole 2009-2010, dépendante de la pluviométrie. Le troisième facteur est le prix du pétrole qui risque d’augmenter au-delà de 75 $ le baril, niveau adopté par la Loi de Finances 2010.
Mais au-delà de ces mesures de court terme et pour bien préparer l’après-crise, il faut s’attaquer aux réformes structurelles. Ces réformes doivent concerner l’amélioration de la compétitivité de l’économie marocaine, et notamment celle des exportations, et de l’agriculture qui reste dépendante de la pluviométrie. Au niveau du budget, il y a lieu de maîtriser les dépenses et notamment les frais de fonctionnement. Une réforme de l’Etat est également indispensable pour améliorer l’Administration en général, et surtout les départements de l’Education et de la Justice.
Sans oublier la Recherche et Développement qui doit devenir prioritaire, aussi bien pour l’Etat que pour les entreprises du secteur privé.


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