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Enquête HCP : Evolution du regard de la société sur la femme marocaine
Publié dans Finances news le 28 - 09 - 2006

* Le HCP vient de publier les résultats d'une enquête sur la perception de la société sur la femme.
* L'étude se base sur trois dimensions d'analyse, à savoir : la perception, l'attitude et la position.
Le Haut Commissariat au Plan vient de rendre publics les résultats de l'enquête sur « La femme marocaine sous le regard de son environnement social ». Une enquête menée dans le cadre de la construction de la base : Prospective Maroc-2030.
Lors de la présentation de l'enquête le 19 septembre à Rabat, Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan, a indiqué que «le choix de la femme n'est pas fortuit. Elle est à la fois fille, épouse, mère et agent de plus en plus actif dans les différentes sphères de la vie nationale. Les facteurs qui impacteront son évolution détermineront largement le modèle de société qui sera celui du Maroc de demain». Lahlimi a expliqué, par ailleurs, que « pour mieux cerner l'objectif recher-
ché, les questions posées dans le cadre de l'enquête s'articulent autour d'aspects liés au statut personnel, aux rapports de la femme à la scolarisation, au travail, aux responsabilités économiques, politiques et institutionnelles». «Les résultats dégagés de l'exploitation de l'enquête, a-t-il noté, ont été classés selon qu'ils renvoient aux perceptions que les personnes enquêtées ont de la réalité féminine environnante, soit à leur attitude face à des évolutions affectant la place ou le comportement des femmes dans la société ou enfin à leur position vis-à-vis de ces évolutions».
L'enquête a révélé une évolution notoire du regard de la société sur la femme marocaine. Cette étude se base sur trois dimensions d'analyse, à savoir : la perception c'est-à-dire la conscience qu'a l'enquêté d'une réalité ; l'attitude, l'opinion par rapport à l'évolution affectant la place ou le rôle des femmes dans la société et la position qui signifie la prise de position par rapport à cette évolution (motivée par des valeurs, des convictions, des idéologies, etc.). Dans le domaine de la perception de l'accès des femmes à l'instruction, au travail et à l'espace public :
- 83% de la population estiment que le nombre de femmes et de filles instruites a augmenté ;
- 61% de la population pensent que les femmes exerçant des activités rémunérées sont plus nombreuses et 77% de la population relèvent que la présence des femmes dans les espaces publics est devenue plus importante.
Toujours dans la perception et concernant le nouveau code de la famille :
35% de la population ne sont pas informés de la promulgation du nouveau code de la famille (45% des ruraux et 28% des citadins).
Pour ce qui est de l'instruction des femmes et leur droit au travail, les attitudes sont cohérentes avec les perceptions. Les Marocains non seulement perçoivent, mais adhèrent :
- 92% de la population sont favorables à l'égalité de l'instruction entre les deux sexes, 83% seulement perçoivent cette égalité dans leur environnement ;
- 74% de la population sont favorables au travail de la femme, 61% en perçoivent l'existence autour d'eux ;
- 49% des personnes informées de la promulgation du nouveau code ont une évaluation positive de ses dispositions ;
- 92% des personnes informées approuvent la disposition relative au divorce devant le tribunal de première instance avec présence obligatoire de la femme :
- 23% des personnes informées approuvent la disposition relative au mariage sans tuteur ;
- 51% des ruraux approuvent les dispositions du nouveau code de la famille contre 47% des citadins ;
- 27% des ruraux approuvent la disposition relative à la dispense du tuteur lors du mariage contre 21% des citadins ;
Si les femmes adhèrent plus volontiers au nouveau code de la famille (62,3%), elles sont réticentes à 71% vis-à-vis de la levée de l'obligation du tutorat lors du mariage (contre 75% des hommes).
Quant à la liberté vestimentaire de la femme, les positions diffèrent :
seulement 22% de la population sont favorables à la liberté de la femme de s'habiller à sa guise dans les lieux publics.
Sont contre:
- 88% des hommes et 67% des femmes ;
- 81% des citadins et 73% des ruraux ;
- 82% des résidents des zones d'habitat précaire et clandestin et 81% de ceux des quartiers de luxe.
Pour ce qui est des facteurs de changement, les attitudes et les positions sont motivées plus par des considérations économiques que culturelles.
L'accès de la femme à l'instruction n'est considéré comme un droit naturel que par 47% de la population. Alors que son accès au travail n'est considéré comme un droit naturel que pour 21% de la population .
C'est l'amélioration des revenus actuels ou futurs des familles qui ressort des motivations à l'origine de l'adhésion au droit des femmes à la scolarisation et au travail
L'importance des considérations économiques n'exclut pas la persistance de motivations liées à des convictions ou à des positions : 24% des Marocains sont défavorables au travail des femmes dont : 77% considèrent que « la place de la femme est au foyer » et 18% qu'elles concurrencent le travail des hommes.
Dans le cadre du fond traditionnel des cultures dominantes, les évolutions les moins admises concernent : le mariage sans tuteur et la liberté vestimentaire.


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