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Facteurs de production : Des coûts supérieurs
Publié dans Finances news le 22 - 06 - 2006

* Le secteur industriel contribue faiblement à la création d’emplois, occupant seulement 12% de la population active.
* A pays à développement comparable, le Maroc demeure peu attractif.
* Les pouvoirs publics ont initié des études d’envergure pour mieux positionner le Maroc.
Dans le cadre du programme Emergence, une série d’études a été élaborée afin de déterminer la position concurrentielle du Maroc. A noter que le programme Emergence est l’expression d’une nouvelle politique industrielle qui se veut volontariste, visant des secteurs et des métiers stratégiques où le Maroc peut mettre en valeur ses atouts dans un environnement hautement concurrentiel.
Et pour mieux positionner le Royaume, un benchmarking a porté sur un échantillon de 13 pays répartis en trois groupes : le groupe de compétition comprenant l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie, le Sénégal, la Turquie et la Roumanie ; le groupe d’aspiration composé de la République Tchèque, du Portugal et de la Malaisie et le « groupe World Class » groupant l’Espagne et la Corée du Sud. Les résultats des études basées sur un certain nombre d’éléments tels que le coût de financement, le climat des affaires… ont démontré que, globalement, le Maroc se distingue peu du groupe de compétition.
Le financement :
un handicap majeur
Par rapport aux pays compétiteurs, la flexibilité du travail constitue un point défavorable. En ce qui concerne la main-d’œuvre qualifiée, son coût est compétitif par rapport aux concurrents. Avec un indice de compétitivité de 82, le Maroc se positionne à la cinquième place derrière le Sénégal, l’Egypte et la Roumanie.
L’indice de disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée se situe, de son côté, à 18 en moyenne pour l’ensemble des pays du groupe de compétition.
Pour ce qui est de la productivité et de la qualité, l’indice s’établit pour le Maroc à 55, soit le même niveau atteint par la Roumanie et la Tunisie, à savoir 10 points de plus que le groupe de compétition.
Les dysfonctionnements du marché du travail restent, par contre, importants. La formation de base constitue, en dernier lieu, un handicap comparativement aux pays de l’échantillon. 80% des entreprises enquêtées placent le coût de financement comme une véritable contrainte contre 30%, 35% et 45% respectivement pour la Turquie, l’Egypte et l’Algérie. En Bulgarie, en Roumanie et en Hongrie, ces taux s’élèvent respectivement à 41%, 35% et 19%. Pour ce qui est des taux d’intérêt, ils dépassent de peu 8% au Maroc alors qu’ils représentent 14% en Roumanie, 12,5% en Pologne et près de 10% en Algérie. La Hongrie, l’Egypte et la Bulgarie sont mieux placées avec des taux respectifs avoisinant 7% pour les premiers et 8% pour le dernier. Concernant les deux principaux intrants que sont l’énergie et l’eau, les performances du Maroc restent très modestes. En guise de rappel, les dernières hausses des cours du pétrole ont occasionné un surcoût avoisinant 15% relativement au groupe de compétiteurs. Les coupures d’électricité s’élèvent en moyenne à 7 jours par an contre 1 jour environ en Pologne, 2 jours en Turquie et en Hongrie, 4 jours en Bulgarie. Les coupures d’eau sont moins fréquentes et interviennent au moins une fois tous les quatre mois et restent concentrées dans certaines régions telles que Tanger où le tiers des entreprises se plaint de ce problème.
En matière de climat des affaires, le Maroc ressort avec un score largement supérieur à la moyenne des compétiteurs par la qualité et le coût de la vie.
Quid du climat
des affaires ?
Selon les enquêteurs, ce résultat est le fruit des efforts déployés en ce qui concerne la promulgation de la loi sur la propriété industrielle.
Ainsi, si un peu plus de 10% des industriels estiment que les lois et règlements ne sont pas interprétés de manière claire et consistante, ils sont près de la moitié à déclarer l’inverse. En effet, pour une bonne partie des actes administratifs, des progrès notables ont été constatés. La connexion au réseau téléphonique, d’eau et d’électricité est très compétitive au Maroc, comparativement à d’autres pays comme la Chine, les pays d’Europe centrale et orientale hors Hongrie qui réalisent de meilleures performances que le Maroc au même titre que la Turquie.
Autre élément à l’actif du Maroc : le dédouanement des marchandises. Il ne faut que 3 jours pour lever les marchandises au Maroc contre près de 25 en Algérie, 10 en Chine et près de 5 en Bulgarie et en Turquie.
L’environnement juridique a connu des évolutions salutaires ces dernières années à travers la modernisation du cadre juridique, la création des tribunaux de commerce, l’amélioration de la spécialisation des juges dans le domaine commercial… Mais cela ne doit pas occulter que les tribunaux de commerce ne disposent pas de suffisamment de juges commerciaux et certaines spécialités ne sont pas encore couvertes, ce qui entraîne le recours à des experts externes.


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