D'après CFG Bank, l'année 2021 devrait profiter d'un rebond économique mais qui reste toutefois tributaire de l'évolution de la situation sanitaire. Concernant le marché action, 2021 serait l'année de transition. A l'instar des autres pays du monde, le Maroc a été fortement impacté par les conséquences de la crise sanitaire Covid-19. Dans la note Annuelle sur les Perspectives Macro et Marché pour l'année 2021, CFG Bank a passé en revue les principaux indicateurs et les éléments pouvant déterminer l'évolution de la croissance économique. Les analystes de CFG Bank ont rappelé qu'outre la pandémie, la croissance économique en 2020 a également souffert d'une saison agricole défavorable et que le PIB serait en baisse de 7% en 2020. C'est dans ce cadre qu'intervient le plan de relance de 120 Mds de DH mis en place en août 2020. Selon leurs prévisions, l'année 2021E devrait profiter d'un rebond mécanique de la croissance économique au Maroc, en lien avec (i) la non récurrence du confinement, (ii) la reprise progressive de la demande extérieure adressée au Maroc, (iii) le rebond mécanique de la consommation interne, (iv) l'amélioration de la campagne agricole nationale, (v) le déploiement accéléré et massif de la campagne de vaccination nationale gratuite contre le COVID-19 et (vi) le plan de relance économique visant un redémarrage progressif de l'activité des différents secteurs économiques et une relance vigoureuse à la sortie de la crise. Depuis 2013, l'orientation de la politique budgétaire nationale est indéniablement axée sur la restauration de la soutenabilité de nos finances publiques. Cet élan réformateur ayant permis de réduire de façon significative le déficit budgétaire entre 2012 et 2019 (de -6,8% du PIB à-3,6% en 2019) a été perturbé par l'avènement de la pandémie COVID-19. Sous l'effet de la crise économique causé par le COVID-19, le déficit budgétaire s'est considérablement détérioré en 2020, s'établissant à 7,4% du PIB versus 3,6% au titre de l'année dernière. A partir de 2021E, et sous réserve d'une reprise progressive de l'activité économique en lien avec les différentes mesures mises en place par les pouvoirs publics pour soutenir et relancer l'activité des différents secteurs clés de l'économie nationale, nous devrions assister à une amélioration tendancielle du solde budgétaire sur les années à venir. En 2020, et malgré le ralentissement de l'activité économique sous l'effet de la crise sanitaire, le déficit de la balance des biens et services s'est allégé. Cette amélioration a été induite par un allégement du déficit commercial dans le sillage d'une baisse beaucoup plus importante des importations par rapport aux exportations. Le niveau des réserves de changes s'est nettement amélioré en 2020 sous l'effet (i) d'un allégement du déficit de la balance des biens et services et (ii) grâce aux multiples efforts déployés par les pouvoirs publics et la Banque Centrale pour préserver la valeur du Dirham. Actuellement, les réserves de changes représentent 7 mois et 26 jours d'importations contre 7 mois à fin 2019. Compte tenu du niveau confortable des réserves de changes actuellement, la valeur du Dirham devrait rester stable à court terme. 2021, une année de transition Concernant le marché action, 2021 devrait être une année de consolidation. Et pour cause : les niveaux de valorisations actuels du marché intègrent d'ores et déjà les perspectives de redressement et de croissance de la masse bénéficiaire en 2021E. Le scénario central de CFG Bank tient compte d'une stabilisation des niveaux de valorisations en 2021E intégrant les hypothèses suivantes à savoir : * Le maintien des taux à des plus bas niveaux historiques ; * La stabilisation du taux directeur à 1,50% ; * Le maintien des réserves de changes à des niveaux confortables ; * Aucun nouveau confinement général ; * Un redressement de la masse bénéficiaire en ligne avec les attentes du marché (prévisions CFG Bank de la croissance de la masse bénéficiaire ajustée en 2021E : +16,5%). Dans cette configuration marquée par un potentiel d'appréciation limité des cours boursiers en 2021E, CFG Bank préconise de favoriser les actions offrant un rendement durablement supérieur à la moyenne du marché et supérieur au taux sans risque (BDT 10 ans : 2,35%). En premier lieu elle recommande les foncières distribuant un rendement relativement sécurisé et récurrent. En deuxième position elle conseille des valeurs relativement défensives à haut rendement. Au-delà du marché action, CFG Bank recommande en troisième position de considérer le marché obligataire (rendement attendu en 2021E : 2,3%) et en quatrième et dernière position le marché monétaire (rendement attendu en 2021E : 1,75%). La baisse de la masse bénéficiaire en 2020 a eu pour conséquence la hausse des multiples de valorisation du marché. Retraité des éléments à caractère exceptionnel, le PER du marché se situerait actuellement autour de 24,3x les résultats 2020. Sur la base de leurs prévisions, le marché traite à un PER 2021E de 21,4x. Lire également : Inflation : le HCP livre ses prévisions pour 2021