Le projet de loi sur la fiscalité locale adopté récemment renferme un certain nombre d'aménagements qui verront le jour en 2021, mais il demeure néanmoins sujet à d'autres améliorations. Le projet de loi 07-20 sur la fiscalité locale a été adopté lors du dernier Conseil de gouvernement tenu le 5 novembre 2020. On note parmi les dispositions du projet de loi en question, l'extension de la taxe d'habitation, de la taxe des services communaux et la taxe sur les terrains urbains non bâtis aux opérations de lotissement. En ce qui concerne la taxe d'habitation, le projet de loi prévoit de ramener le délai de rehaussement de 2% à 3 ans au lieu de 5 ans actuellement. Il est également prévu la hausse de 87% la part des recettes de la taxe professionnelle et de la taxe d'habitation dont 11% seront destinés aux chambres professionnelles. 2% seront versés au budget général pour financer les frais de gestion. Il ressort également que les projets de restauration d'immeubles, de réhabilitation des bâtiments non conformes et les démolitions nécessitant un permis de construire seront imposés au titre de la taxe sur les opérations de la construction et de la taxe sur les terrains urbains non bâtis. La taxe est payable au moment de la délivrance du permis de construire. Lorsqu'il s'agit d'extension ou de modification d'un projet, la taxe sera fonction de la superficie supplémentaire. Il est par ailleurs prévu d'étendre la taxe de séjour aux résidences meublées louées par internet via la plateforme Airbnb. En ce qui concerne la taxe sur les véhicules automobiles, elle sera appliquée non pas seulement à l'occasion du contrôle technique annuel, mais à chaque visite obligatoire positive. Les écueils à éviter… La fiscalité locale, en dépit de ces modifications, demeure marquée par la multiplicité des taxes qui reste difficile à recouvrer. Ce qui à défaut d'une bonne gouvernance impacte largement la qualité des services publics au grand dam du citoyen. D'où l'impératif de simplifier le système fiscal local parce que non seulement il y a trop d'impôts mais également trop de niches fiscales. La fiscalité dérogatoire conjuguée au nombre important d'impôts et des redevances gêne bien entendu le développement économique des régions. Les régions ont besoin d'une fiscalité locale simplifiée qui distingue entre les différentes taxes et qu'elle soit suffisamment claire pour les contribuables. Il faut aussi que ces derniers perçoivent la contrepartie de l'impôt qu'ils payent, sinon ils rejettent l'impôt. En ce qui concerne les niches fiscales, il est attendu de réduire et de rationaliser les exonérations relatives aux taxes administrées par les services fiscaux des collectivités territoriales, mais ce n'est pas pour sitôt. Inutile de rappeler que dans ce contexte marqué par la crise sanitaire, les ressources financières des Collectivités locales ont pâti d'un amenuisement des recettes face à des dépenses ayant la peau dure. Pour sortir de ce cercle vicieux, deux éléments phares reviennent souvent : une réforme profonde du système fiscal marocain, dont les dysfonctionnements contribuent pour beaucoup à cette situation ; et une amélioration de la gouvernance des finances locales pour des services publics de proximité et de qualité. L'objectif ultime est de permettre à l'Etat, que ce soient les collectivités territoriales ou bien les entreprises publiques, d'avoir un système cohérent d'organisation de la collectivité et donc gérer au mieux les besoins des citoyens, avec comme toile de fond le respect du droit et de la responsabilité. C'est pour cela qu'il faut y aller de manière organisée que ce soit au niveau des recettes qu'au niveau des dépenses et s'inscrire dans un objectif social, notamment une bonne répartition des fruits de la croissance. Lire également : FISCALITE LOCALE : SIX REGIONS SUR LES DOUZE CONCENTRENT PRÈS DE 73% DES RECETTES