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Ce que le covid-19 fait aux élections
Publié dans Barlamane le 01 - 09 - 2021

La crise du covid-19 a-t-elle entraîné une modification des attitudes politiques et des comportements électoraux ? Le risque de contagion a-t-il un impact sur le taux de participation ? Le passage au distanciel permet-il de mitiger l'abstention électorale ? Enseignements des pays qui ont organisé des scrutins en contexte pandémique.
Le 8 septembre prochain, le Maroc devrait renouveler ses effectifs parlementaires, régionaux et communaux en plein contexte pandémique. Il fera alors partie des +110 pays qui ont choisi de ne pas reporter les scrutins programmés.
À la date du 21 août 2021, le covid-19 a entraîné le report des élections dans près de 79 pays, selon les données de l'Institute for Democracy and Electoral Assistance.
Dans les autres pays, des scrutins ont été tenus, avec des mesures de prévention plus ou moins strictes et plus ou moins respectées: soit en privilégiant le distanciel pour la campagne et/ou pour les élections, soit en autorisant les événements en présentiel, à condition que certaines consignes soient observées (masques, espacement, etc.). Le nombre des bureaux de vote a également été révisé à la hausse afin d'éviter la congestion dans certaines circonscriptions.
Ces exemples permettent d'émettre les observations suivantes: l'adoption de mesures supplémentaires entraîne d'abord une hausse du coût financier des élections. On assiste aussi à une recrudescence plus ou moins importante de la dissémination du covid-19 suite aux scrutins: de quelques centaines à quelques milliers de cas supplémentaires, selon la population générale du pays, le degré de respect des mesures-barrières, le nombre de tests conduits, etc. Par ailleurs, et comme c'est le cas pour n'importe quel pic, il reste difficile d'attribuer la hausse des cas à certains événements seuls, vu que plusieurs autres facteurs peuvent entrer en jeu: l'impact des scrutins sur la situation épidémiologique peut donc être sous-évalué ou surévalué.
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Légende: index des pays qui ont organisé des élections en contexte pandémique, mesures de prévention adoptées, taux de participation et impact sur la situation sanitaire. Carte et données de l'Institute for Democracy and Electoral Assistance.
Enfin, dans la plupart des pays qui ont tenu leurs scrutins, l'organisation d'élections en contexte pandémique s'est traduite par un déclin de la participation. Même quand ce déclin ne pourrait être décisivement attribué au seul risque pandémique, il n'en reste pas moins qu'il y a fortement contribué, en entraînant une hausse du coût de la participation électorale en raison du danger de contagion. En France, l'abstention a été plus forte en fonction de la proximité des circonscriptions d'un foyer de contagion, et en fonction de l'âge des votants — les plus âgés, catégorie la plus mobilisée électoralement, mais aussi la plus à risque, s'abstiennent davantage de voter. L'abrègement des campagnes dans le temps comme dans l'espace, et donc la diminution des interactions entre candidats et votants a également pu concourir à la baisse de la participation. En Italie, durant les élections municipales de 2020, une hausse de 1% de la mortalité du covid-19, surtout chez les tranches les plus âgées, a correspondu à une baisse du taux de participation de 0.5% à 1.2%, les communes les plus abstentionnistes étant aussi les plus densément peuplées. Plus largement, il est possible, à la suite de plusieurs auteurs, d'émettre l'hypothèse que la participation est baissière là où la contagion est la plus virulente et les cas plus nombreux, soit le milieu urbain et les zones densément peuplées.
Le déclin de la participation électorale n'est, cela dit, pas uniforme. Dans certains pays qui ont implémenté le vote à distance, à l'instar de la Suisse et de la Corée du sud, la participation électorale a au contraire connu une augmentation significative: elle a par exemple atteint 66% en Corée du sud; il s'agit du taux de participation le plus important enregistré dans le pays depuis 28 ans. Aux Etats-unis, le taux de participation a connu une augmentation significative en 2020, de même que la proportion du vote à distance, certes, mais la croissance concomitante de ces deux taux ne peut être forcément corrélée: un working paper du Stanford Institute for Economic Policy Research (SIEPR) signale que les Etats qui ont implémenté le vote par correspondance n'ont pas enregistré une plus forte participation que les Etats qui ne l'ont pas mis en place. Il est suggéré par les auteurs que l'augmentation du vote à distance ne correspondrait en fait pas à un élargissement de la base des votants, mais à un recours grandissant à ce mode de vote de la part d'électeurs mobilisés qui, autrement, auraient voté en présentiel. Aux Etats-unis, le vote à distance a surtout bénéficié aux tranches les plus jeunes de la population, mais là encore, la participation électorale des jeunes américains a connu une augmentation dans les Etats permettant le vote par correspondance sans excuse valable comme dans ceux où les jeunes ont majoritairement dû voter en présentiel, à l'instar du Texas. Les effets stimulateurs du vote à distance sur la participation électorale sont donc à nuancer.
Covid et comportements électoraux
La littérature émergente qui étudie l'impact de la pandémie sur les attitudes politiques et les comportements électoraux offre une diversité d'observations, de résultats et de conclusions. En Bavière par exemple, la crise du covid-19 a profité au parti dominant au niveau régional, l'Union chrétienne-sociale (CSU), ce que les auteurs expliquent par une forme d'alignement stratégique: les électeurs votent pour les candidats du parti au pouvoir, qu'ils jugent les plus aptes à négocier un plus grand soutien gouvernemental et une plus grande allocation de ressources pour l'échelon local, en raison de leur proximité avec le niveau central. Au Canada, l'émergence d'un consensus partisan au sujet du covid-19 — à l'inverse des Etats-Unis, où la perception de la crise, ainsi que la réponse à celle-ci, ont été structurées par des approches partisanes fortement contrastantes — a bénéficié au gouvernement, qui a engrangé un plus grand soutien. Dans d'autres pays d'Europe de l'ouest, la crise a accru le soutien aux gouvernants et aux institutions en place, en augmentant et le taux de confiance, et les intentions de vote en leur faveur. Mais si le covid-19 a permis de rallier les individus autour de leurs dirigeants actuels, ils n'a eu, dans ces pays, aucun impact notable sur les attitudes et les préférences politiques gauche-droite. En Espagne en revanche, le covid-19 a induit une demande sociale en faveur d'une gestion technocratique, voire autoritaire de la crise.
Une enquête menée en Espagne, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2020 a mis en lumière une baisse de la confiance institutionnelle au cours de la première vague de la pandémie. Les auteurs mettent cette baisse sur le compte de l'insécurité économique et sanitaire générée par la crise; dans la même enquête, a été signalée une demande croissante de leadership compétent. Le taux de confiance varie également entre différentes catégories de la population. Un sondage mené en 2020 dans neuf pays indique que la baisse de la confiance en les institutions touche surtout les personnes en situation de précarité et de non-emploi.
Il est important de noter que ces recherches ont été conduites durant les premières mois des confinements (première moitié de 2020): les politiques de prévention et de mitigation du covid-19 mises en places dans différents pays, ainsi que les efforts des gouvernements dans la gestion de la crise, ont pu à l'époque rencontrer un assez haut degré d'assentiment et engranger une large adhésion du public, ou à l'inverse engendrer de fortes critiques si elles se sont avérées inefficaces. Aujourd'hui, plus d'un an plus tard, ces politiques génèrent des effets différents.
De même, la frénésie sondagière qui s'est emparée du monde de la recherche à l'avènement du covid-19, assez précocement par ailleurs, ainsi que les résultats divergents obtenus sur des mêmes questions et auprès d'échantillons similaires, doivent inciter à la précaution, s'agissant de la fiabilité des modèles, des données et des dispositifs méthodologiques adoptés dans plusieurs enquêtes.


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