AACIS'26 : le Maroc au cœur de la coopération économique Sud-Sud    Assurance auto électrique : l'ACAPS impose la mise en conformité immédiate des attestations    Après trois mois d'absence, Amrabat reprend progressivement avec le Betis    Agadir : Un nouveau hub de formation et de créativité à Anza    La Belgique prévoit des investissements et l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Guerre au Moyen-Orient : Un Marocain raconte sa frayeur en plein vol pour la Omra    Alerta meteorológica: Se esperan nieve, tormentas y fuertes vientos en varias regiones de Marruecos    Conflit Iran-USA : trois avions américains abattus « par erreur » par le Koweït    Logistique. Le programme PME Supply Chain expliqué par Ghassane El Machrafi    Mehdi Ezzouate : "Le marché marocain a du potentiel, mais il reste encore en phase de maturation"    Frappes contre l'Iran: Le baril de pétrole à plus de 80 dollars    Le cinéma chinois démarre en force en 2026 : des recettes dépassant 1,44 milliard de dollars    Revue de presse de ce lundi 2 mars 2026    Samsung étend son pari sur l'IA au MWC 2026 avec un écosystème entièrement repensé    Escalade USA–Iran : le Golfe sous tension    Sahara marocain : La Finlande salue le leadership Royal et soutient le Plan d'autonomie    Frappes iraniennes : la France envisage un soutien militaire aux États du Golfe et à la Jordanie    Dakar et Abidjan accélèrent leur intégration stratégique    L'Iran annonce une attaque de missiles visant Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem-Est    L'Iran affirme avoir visé le bureau de Netanyahu, des rumeurs d'assassinat démenties    Sans appel dans les délais, le consulat du Maroc à Las Palmas contraint de verser 20000 euros à un employé    Racisme en Espagne : La FRMF exprime sa solidarité avec Omar El Hilali    Brahim Diaz entre rumeurs de conversion à l'Islam et présence remarquée à un iftar à Madrid    Munir El Haddadi fuit l'Iran par la route via la Turquie    Benatia revient sur sa décision et justifie son maintien à l'OM    CESE : le Conseil renouvelle son bureau et adopte un avis sur la protection de l'enfance    SGTM affiche des performances record en 2025    Caftans in Morocco #2: Fez's caftan, a legacy of ancestral craftsmanship    Enquête à Tanger sur des fraudes de visa espagnol suite à des documents falsifiés    FM6SS inaugure un Hub de Médecine de Précision pour transformer la prise en charge des maladies rares au Maroc    Moyen-Orient : Une cellule de crise au profit de la communauté marocaine    La Protection civile ouvre ses portes au public    Orientation scolaire et universitaire : le gouvernement adopte un nouveau décret    Décès de Boncana Maïga, monument de la musique africaine    Le site historique de Chellah s'illuminera avec les concerts Candlelight®    Casablanca accueille pour la première fois Magic Garden Light Festival    La FRMF solidaire avec Omar El Hilali, victime de propos "offensants" en Liga    Maroc-Finlande : confirmation d'un partenariat dynamique et privilégié    La 5G et la numérisation au cœur d'un partenariat prometteur entre le Maroc et la Finlande    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Maroc : Naufrage d'un navire panaméen au large de Laâyoune    L'UE condamne les attaques iraniennes au Moyen-Orient    Sénégal : entre accusations dans la rue et demande officielle de grâce royale    Zakaria El Ouahdi au PSG : rumeur crédible ou simple observation de marché ?    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    Food Bladi, une immersion dans la gastronomie marocaine sur Medi1 TV    Christophe Leribault, nouveau président du musée du Louvre    L'Université Mohammed VI Polytechnique rejoint le réseau mondial APSIA    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



100% Jamal Berraoui : L'identité, question explosive
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 05 - 09 - 2008

Le texte de Magdi Khalil, militant, comporte quelques jugements de valeur dont il aurait pu se passer.
Le nouveau pestiféré en Egypte s'appelle Magdi Khalil. Il est copte, universitaire, et défend une thèse «l'Egypte n'est pas arabe, elle est égyptienne». Il est intervenu dans une polémique contre les «nouveaux coptes», ceux qui posent la question de l'identité de l'Egypte, au lieu de militer pour la «tolérance» et qui rêvent d'un Etat laïc où tous les citoyens seraient égaux. Son argumentaire peut être résumé de la manière suivante :
Si nous acceptons que l'Egypte est arabo-musulmane, nous acceptons l'interpénétration entre la religion, l'Etat, les lois, l'ordre public et donc un Etat religieux où il est impossible d'obtenir l'égalité entre les diverses religions. Si au contraire nous soutenons un Etat moderne dont la citoyenneté transcende la religion, que l'Egypte est égyptienne, nous retrouvons le fil d'une histoire plusieurs fois millénaire, bien antérieure à la conquête arabe.
- Le débat sur l'histoire, par ses implications actuelles n'est pas uniquement une recherche de la vérité mais aussi une voie pour résoudre nos problèmes. C'est pour cela que des réactions d'une violence inouïe avortent le débat sur l'identité égyptienne.
- Dire que l'Egypte est égyptienne, c'est reconnaître qu'elle est une mosaïque où le Pharaonique, le Grec, le Romain, le Copte, le Numide, l'Arabe, le Chrétien, le Musulman ont apporté leur pierre, c'est une richesse civilisationnelle que l'identité officielle (arabo-musulmane) réduit. Cette qualification est une négation de la richesse de cette diversité, un déni de l'histoire de l'Egypte et un racisme abject.
- Les Egyptiens contemporains sont issus en majorité de la même race, sans distinction entre Musulman et Copte, ils sont le produit de cette diversité historique avec ses influences négatives et positives.
- L'Egypte égyptienne signifie l'égalité dans les droits et les devoirs pour tous les citoyens, nonobstant leur race ou leur religion. L'identité n‘intervient dans le développement que quand elle est un frein à la modernité.
Le texte de Magdi Khalil, militant, comporte quelques jugements de valeur dont il aurait pu se passer, mais pose la question fondamentale : l'islamisation, la conquête arabe, efface-t-elle l'histoire anté ? L'imposition de l'arabe, langue du Coran, comme langue officielle enterre-t-elle les identités forgées au long des siècles ? En Egypte, ce combat est porté par les Coptes, minorité religieuse qui a survécu à l'islamisation. Cette particularité n'enlève rien à la pertinence de la question ailleurs. L'Egypte nasserienne a sombré, parce qu'elle se vivait en leader, d'un monde arabe très virtuel. L'Egypte d'aujourd'hui pourchasse tous ceux qui osent revendiquer «la libération identitaire», et refuse le moindre enseignement. Sur l'époque copte, au nom « du maintien de l'unité». Magdi Khalil est bien évidemment traîné dans la boue «traître, raciste à la solde des USA». Ce débat interpelle la majorité des pays de la sphère dite arabo-musulmane. Le fait est que l'Islam ayant la particularité de lier son expansion à la construction de l'Etat. Ce dernier a nié, souvent tenté de détruire, tout ce qui l'a précédé. Mais les identités dépassent le carcan et ont pu résister 14 siècles à cette œuvre assimilationniste, à historique, qui est aujourd'hui un réel frein à l'accès à la modernité. Elle a bloqué les après-indépendances dans un projet unioniste, repris aujourd'hui par les islamistes sous le vocable « Oumma», qui est un mirage suicidaire et qui a induit des politiques qui ramènent toutes les populations vers le Moyen-âge. C'est essentiellement la problématique marocaine, les Amazighs n'étant bien évidemment pas une minorité. Le Maroc pays arabo-musulman cela signifie effacer les diverses strates de notre histoire. Les influences antérieures sont toutes gommées. Juba II n'existe pas, la Kahina n'a pas combattu l'Islam pendant dix ans, les tribus n'ont pas été judaïsées il y a 3.000 ans, les Phéniciens, les Romains n'ont laissé aucune influence. C'est cela l'histoire officielle. La question amazighe n'est pas une question culturelle. L'identité marocaine ne peut être réduite au segment arabo-musulman, elle est immensément plus riche que ça. Ce débat s'imposera parce qu'il est la voie vers la vérité et le sésame de la modernité. La négation historique, la falsification identitaire sont un cul de sac sans horizon. Le Maroc est marocain, pas arabo-muslman.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.