CAN 2025 : Maroc - Cameroun en quart de finale    Intempéries: La Commune urbaine d'Agadir renforce son dispositif    Mettons à profit la clémence du ciel    Ajustement fiscal : Ce qui va changer pour vous en 2026    Automobile : le conseil d'administration du chinois Yunyi approuve à l'unanimité son investissement au Maroc    Elon Musk met en garde les utilisateurs de Grok après la diffusion d'images choquantes sur X    L'Ambassadeur Yu Jinsong accorde une interview écrite au sujet des ventes d'armes américaines à la région du Taiwan en Chine    France: vers une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans dès la rentrée 2026    La France déplore huit morts et un disparu dans l'incendie de Crans-Montana    Séjour et naturalisation en France : De nouvelles exigences entrent en vigueur    La nouvelle composition du Conseil de sécurité confère au Maroc un avantage décisif dans le dossier du Sahara    CAN 2025: Ounahi forfait pour le reste de la compétition    CAN 2025 : Brahim Diaz envoie le Maroc en quarts de finale face à la Tanzanie    CAN 2025 : Brahim Díaz, l'arme fatale des Lions de l'Atlas    Les Lions passent, mais la manière laisse à désirer    Classes suspended in Chtouka Ait Baha due to weather alert on January 5, 2026    Les températures attendues ce dimanche 4 janvier 2026    Voici la hauteur des pluies enregistrées ces dernières 24H    Morocco's new foreign exchange rules boost travel and e-commerce allowances    Morocco breaks Tanzania's resistance, reaches AFCON quarterfinals    Rétro-verso: Il était une fois, l'école Jacques Hersent de Mohammedia    Le temps qu'il fera ce dimanche 4 janvier 2026    Le Maroc réitère son soutien inébranlable à l'unité nationale de la République sœur du Yémen et à sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire    Marché obligataire: Une orientation mitigée des taux    CAN 2025 – Huitièmes de finale : Les Lions de l'Atlas entrent dans le vif du sujet face à la Tanzanie    La Guinée équatoriale déplace sa capitale à Ciudad de la Paz    Nicolas Maduro ramené à New York où il sera jugé pour narcoterrorisme    La France et le Royaume uni mènent des frappes contre l'EI en Syrie    Chute de Nicolas Maduro : Le silence assourdissant de l'Algérie après la chute de son allié    Après la chute de Nicolas Maduro, le Venezuela mis sous tutelle américaine    Automobile: la Norvège frôle le 100% électrique en 2025    Consulat à Dakhla : Une délégation américaine ouvre la voie    Réforme de la profession : En colère, les avocats se mettent en grève le mardi 6 janvier    Grippe : une souche australienne déclenche une vague mondiale sans précédent    CAN 2025. Le Mali avec 10 joueurs bat la Tunisie    Diaspo #422 : Karima Saïdi, «celle qui veille» sur la mémoire par le documentaire    Maroc : Le PSU face au retour des courants politiques    Sahara : les échéances d'avril et d'octobre au Conseil de sécurité présidées par des alliés du Maroc    La Chine bat un record de déplacements en fin d'année    Abidjan vibre au rythme du MASA    Mort de Mustapha Sidi El Bachir : disparition naturelle ou liquidation ?    Arts 2025 : Dernier regard dans le rétro sur une année de création    Hiba Bennani en tête d'affiche du drame marocain Rass Jbel, aux côtés d'Asaad Bouab    Cathédrale Saint-Pierre : la société «Le Palais d'Aménagement» adjudicataire    Sécurité internationale : comment le Maroc s'est imposé comme une référence mondiale    La BD "Astérix en Lusitanie" a fait 1,65 million de ventes en France    Madonna passe les fêtes de fin d'année à Marrakech    Brigitte Bordeaux - Brigitte Bardot    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Océans : Tentations et convoitises
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 12 - 01 - 2004

Un simple caillou au beau milieu de l'océan suffit à conférer, à un État qui y exerce sa souveraineté, une mer territoriale. À condition que ledit caillou reste émergé. Un détour par la législation mondiale en la matière est riche en enseignements, pour le différend maroco-espagnol notamment.
À la fin du XVIIème siècle, la coutume maritime finit par établir qu'un État côtier est souverain sur une largeur de trois milles nautiques en partant de sa côte, soit l'équivalent d'une portée de canon. Au-delà, la haute mer est « Res nullius », le Royaume de personne.
Ce vieux principe universel est mis en défaut par l'Uruguay et la Colombie qui décident en 1930 de porter à six milles marins, soit 11 km, leur mer territoriale.
Mais c'est à l'État de Malte que revient le mérite de soumettre pour la première fois en 1967, aux Nations unies, un code pour l'usage des mers.
Cependant, il faudra attendre trente ans pour que les États s'accordent sur un texte réglementant l'exploitation des océans. Une importante étape préliminaire est franchie le 10 décembre 1982: le nouveau droit de la mer trouve sa véritable dimension, lors de la quatrième Convention conclue en Jamaïque. Mais, elle n'entrera en vigueur que douze ans plus tard. Le Tribunal international chargé de la faire respecter ne sera institué qu'en 1997. Il est domicilié à Hambourg. Les pays signataires ratifient la liberté de naviguer, notamment dans les détroits stratégiques pour les marines et le commerce. La convention impose aux États un devoir de préservation des océans et définit précisément les conditions d'exploitation des différentes zones océaniques. La première zone dite mer territoriale s'étend depuis la côte jusqu'à une distance de treize milles marins, c'est-à-dire 24 km. Cette bande étroite reste la propriété du pays côtier qui en exploite toutes les ressources à sa guise et y régule le trafic maritime.
Puis, débute la zone économique exclusive, en abrégé zee, qui s'étend jusqu'à deux cents milles marins des côtes, soit 370 km. Le trafic maritime y est libre, mais le pays à qui elle appartient garde le contrôle de l'exploitation des ressources, ce qui lui permet d'établir des concessions de pêche, ou d'imposer des quotas à ne pas dépasser afin de préserver durablement ses richesses.
La zee concerne également le fond et le sous-sol marin, ce qui confère aux pays concernés le droit d'accorder des licences d'exploitation aux consortiums souhaitant valoriser les richesses en commun, comme par exemple les hydrocarbures. On estime à 30% la surface des océans nationalisée.
Dès lors, on comprend que les États soient prêts à tout pour un bout d'île, car un petit territoire peut s'avérer être un vivier de richesses. Ainsi un simple caillou au beau milieu de l'océan suffit à conférer, à un État qui y exerce sa souveraineté, une mer territoriale. A condition que ledit caillou reste émergé. Si ce « territoire » est foulable par l'homme, l'État peut y exercer ses droits pour l'exploitation de toutes ses ressources sur 200 milles marins. Le thon et le pétrole représentent parfois une réelle mine d'or bleu qui peut rendre un État ingénieux. Ainsi, à l'Est de l'archipel japonais de Kyushu, l'atoll Okino-Tori-shima a vu son sommet s'enfoncer après un mouvement sismique. Afin de pouvoir conserver leur zone de 200 milles, les Japonais l'ont tout simplement bétonné de peur que la mer ne vienne le recouvrir. Un autre exemple typique est fourni par le minuscule rocher (900 m2) dénommé « Rockall », dans l'Atlantique que se disputent quatre pays : Angleterre, Irlande, Danemark et Islande. Au-delà de la zee, s'étend la zone des grands fonds, que la Convention décrète patrimoine commun de l'humanité, dite encore la chose de personne ; cette vaste étendue couvre les deux-tiers des océans et fait l'objet d'une juridiction particulière : la pêche y est libre, mais l'exploitation des sols et sous-sols est soumise à une commission siégeant à Kingston, en Jamaïque, l'Autorité internationale des fonds marins. L'enjeu réside dans l'accès aux fabuleux gisements de nodules polymétalliques, véritables mines de nickel, de manganèse et de cobalt, présents sous forme de pépites posées sur le fond de l'Océan Pacifique. Leur exploitation ne pourra se faire qu'à la condition que chaque État partage sa zone avec une entreprise internationale représentant l'ensemble des pays n'ayant pas les moyens d'exploiter la ressource sous-marine, et devra verser la moitié des bénéfices pour alimenter un fonds d'aide au développement.
• Par Najib Cherfaoui
Ingénieur des Ponts et Chaussées


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.