Sur Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, Nasser Bourita préside les travaux de la 5e Commission mixte Maroc-Niger    Le Maroc et le Kenya tiennent leur 1ère Commission mixte de coopération, 11 accords signés    Sahara marocain : le Kenya soutient l'autonomie sous souveraineté marocaine    Lancement de l'ouvrage «The Oxford Handbook of the Moroccan Economy»    Loudyi reçoit le ministre délégué chargé de la Coordination des services spéciaux de Pologne    Maroc-France-UE : Deux initiatives pour renforcer la migration régulière    Le Cameroun modifie les règles de succession présidentielle    Sahara : Le candidat algérien à la présidence du Parlement panafricain annonce la couleur    Folk : Réinventer la gestion des relations    Gitex 2026 : Orange Maroc veut transformer l'IA et la 5G en leviers industriels    MFC et Bank of Africa : partenariat pour l'innovation financière    « Nids vides »: la nouvelle réalité des familles marocaines (Enquête HCP)    Concentrix-Ipsos : lancement du premier Observatoire de l'expérience Client à l'ère de l'IA au Maroc    ICC au Maroc : 2,4% du PIB et 0,5% du crédit aux entreprises    Gaming : Le Maroc accélère avec Huawei et mise sur ses talents    Population et habitat : la RDC prépare son recensement    Au Sénégal, Motsepe nie tout favoritisme envers le Maroc et appelle à l'unité    La guerre en Iran retarde-t-elle la livraison des 30 Mirages 2000 promis par les Emirats au Maroc ?    Liban. Le chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne.    Marrakech. Richard Duke Buchan salue « les stratégies exceptionnelles impulsées par SM le Roi Mohammed VI »    La diplomatie chinoise salue le courage de l'étudiant marocain « Ayoub » après avoir sauvé une fille de la noyade    Fès : le stade Hassan II sera reconstruit pour 400 millions de DH    CAF : Dakar reçoit Patrice Motsepe au sommet, Rabat reste institutionnel    Brahim Díaz entre dans une nouvelle dimension en Europe    CAN 2025. L'édition la plus réussie de l'histoire selon Motsepe    Moncef Zekri au cœur d'un dossier brûlant entre l'Italie et l'Angleterre    Casablanca : Arrestation pour incitation au meurtre de personnes de religions différentes    Marruecos: Los distribuidores de gas suspenden la distribución durante 48 horas    Securaid 26 medical caravan to provide care for 2,000 patients near Asilah    Droit à l'éducation au Maroc : l'ONDE et l'UNESCO scellent un partenariat    Philip Morris Maghreb met en lumière l'IA comme moteur d'innovation et de recherche scientifique    Météo. Averses orageuses et chutes de neige de jeudi à dimanche dans certaines provinces    Maroc : comment le Mondial 2030 peut booster les industries culturelles et créatives    Orange Maroc : Le musée s'ouvre au monde, en un clic    Cannes 2026: «La Más Dulce» de Laïla Marrakchi en compétition dans la section «Un Certain Regard»    Une femme du Néolithique marocain renaît grâce à la reconstruction faciale par Ancestral Whispers    Fès sacrée capitale de la société civile marocaine pour l'année 2026    Le Maroc salue l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran    Patrice Motsepe à Rabat après la crise de la CAN avec le Sénégal    Morocco and Niger reaffirmed on Wednesday in Niamey their shared commitment to making their partnership a model of inter-African cooperation.    Hakim Ziyech répond à Itamar Ben-Gvir : «Nous ne craignons pas le sionisme»    Rosé Days débarque au Maroc    La Zahria de Marrakech 2026 sous le signe du renouveau    Etats-Unis Iran. La trêve    Fortes rafales de vent jeudi dans certaines provinces du Royaume    CAN U17 : le Maroc hérite d'un groupe relevé avec l'Égypte et la Tunisie    Les Reflets de l'Ogooué : un festival pour réinventer le cinéma gabonais    Match amical Espagne-Egypte : La FIFA ouvre une procédure disciplinaire après les chants racistes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Label marocanité : Causerie avec la Licra
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 04 - 02 - 2005

Qu'est-ce qui fait prospérer l'empire de la phobie : judéophobie, sémitophobie, arbophobie, islamophobie, tziganophobie...? Qui a intérêt à l'approfondissement des fossés entre les citoyens vivant sur un même territoire, revendiquant, chacun à sa manière, le même Dieu, prospérant dans le sillage solide de la laïcité ?
Qu'est-ce qui fait prospérer l'empire de la phobie : judéophobie, sémitophobie, arbophobie, islamophobie, tziganophobie...? Qui a intérêt à l'approfondissement des fossés entre les citoyens vivant sur un même territoire, revendiquant, chacun à sa manière, le même Dieu, prospérant dans le sillage solide de la laïcité ? Tels étaient les questionnements auxquels je me suis livré, à l'occasion d'une conférence donnée dans le cadre de la Convention nationale 2005 de la Licra. Celle-ci s'est tenue à Mulhouse les 29 et 30 janvier.
La Licra, qui existe depuis 1927, mesure l'importance des symboles. Son choix géographique de ses assises ne devait rien au hasard. En faisant, elle a voulu signifier son refus aux profanations de cimetières juifs et musulmans qui ont ponctué l'année 2004 dans la région de l'Alsace.
C'est vrai que l'Alsace est devenue un sérieux espace de radicalité : lorsque les voitures y brûlent, elle y brûlent plus qu'ailleurs. Lorsque les foulards y couvrent les têtes des jeunes filles, elles s'y défendent, avec entêtement, plus qu'ailleurs. Lorsque les profanations des cimetières s'y produisent, elles y sont plus massives. Lorsque le Front national s'y présente à une élection, il y engrange des scores plus élevés qu'ailleurs. Sans compter les nazillons allemands qui y viennent faire la fête. Sans compter le sinistre privilège d'avoir l'exclusivité de deux micro-partis: l'un régionaliste et racialiste, l'autre islamiste et intégriste, qui, à eux deux, incarnent le choc des radicalités. C'est donc avec un intérêt religieux que les congressistes ont pu donc suivre une conférence: « Racisme, antisémitisme, discrimination, la France en danger».
Bien qu'invité en tant que sociologue, je n'ai pas pu me départir de mon origine culturelle et religieuse. J'ai donc parlé de l'Islam en France, de ses difficultés dans sa confrontation avec, pour la première, la démocratie et la laïcité réunies et un statut minoritaire. De sa pauvreté, tellement il est le produit de masses populaires. De son inculture et de son oralité massive, tellement il est peu encadré par des hommes de religion, de savoir et de fiqh. De son urbanité, tellement il se déploie et se confond avec les quartiers en déshérence dans lesquels il prospère. De sa balkanisation, tellement il revendique sa marocanité, son algérianité, son ottomanisme…
En tentant de définir, de manière schématique, l'élément qui caractérise chacune des religions monothéistes, je me suis hasardé à dire que si la Loi définit la religion juive, l'Amour du prochain définit la chrétienté, le verbe reste, à mes yeux, l'élément qui définit le mieux l'Islam.
Or, il y a une crise du verbe. La terre de Descartes et de Voltaire ne saurait donc être en danger. Elle constitue, au contraire, le lieu de débats pour aider cette crise à devenir féconde et créatrice ? Et sans perdre leur capacité d'indignation, des associations comme la Licra devraient aider les musulmans de France à opérer ce travail, sans complaisance, sur le verbe.
Les musulmans de France en ont besoin. L'Islam aussi.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.