Pendant le mois de Ramadan, le corps humain s'habitue à des traditions alimentaires. Après tout un mois de jeûne, le docteur Saâd Benmansour, spécialiste en gastro-entérologie et hépatologie, explique qu'il faut aller doucement dès le premier jour pour éviter d'éventuelles répercussions négatives sur la santé. Entretien. ALM : Après tout un mois de jeûne, caractérisé notamment par un régime alimentaire spécial, on passe promptement à un autre régime. Pourrait-il y avoir des répercussions négatives sur la santé des personnes ayant pratiqué le jeûne sans difficultés ? Docteur Saâd Benmansour : Trente jours de jeûne ont entraîné une nouvelle méthode d'adaptation du corps humain avec l'alimentation. Ainsi, tous les organes vitaux ont plus travaillé la nuit que le jour. Ceci a entraîné des mécanismes de compensations matinale et l'après-midi. L'un des principaux mécanismes est la mise en marche du système anti-secretoire chlorhydrique. C'est-à-dire l'augmentation de l'acidité gastrique due au jeûne. Ainsi, pour les personnes normales, ayant jeûné le mois de Ramadan sans difficulté, il faut aller tout doucement, dès le premier jour après le Ramadan, c'est-à-dire dès le jour de la fête, le matin, à midi et le soir. Avant de rejoindre la normale des trois grands repas habituels, petit-déjeuner, déjeuner et dîner, il est nécessaire de faire cinq petites collations en respectant le principe selon lequel l'estomac est considéré comme un petit sac. Ce dernier doit être rempli par un tiers d'alimentation et un tiers d'eau. L'autre tiers restera réservé à la circulation de l'air. Dans le même sens, il faut également respecter le principe de ne pas manger à chaque repas pendant les premiers jours jusqu'à rassasiement. De la sorte, le corps humain s'habituera progressivement au régime habituel sans qu'il y ait des répercussions sur Et pour les personnes ayant jeûné, mais avec des difficultés notamment pour certains cas chez qui la foi religieuse prédomine sur les conseils du médecin? Pour les jeûneurs ayant rencontré des difficultés pendant le mois de Ramadan, notamment des douleurs abdominales, il est préférable de consulter leurs médecins traitants. Car, ils risquent d'être des ulcéreux méconnus. Pour ce fait, la consultation leur permettra d'obtenir un traitement de nature à mettre un terme au mal avant de s'aggraver. Il faut savoir qu'en l'absence de traitement, cet état de choses pourrait les amener à des complications dont les plus graves, parfois mortelles, s'articulent autour de la perforation de l'ulcère et l'hémorragie digestive. Pour ceux ayant jeûné avec traitement, il est nécessaire de poursuivre leur traitement quinze jours après le Ramadan. Et à la fin, ils vont suivre un régime normal. Il y a aussi le cas des personnes qui n'ont pas jeûné, pour une raison ou une autre, mais en raison des contraintes imposées par la société, ils n'ont pas suivi leur régime habituel. Y aura-t-il des répercussions dans ce cas ? Pour les personnes qui n'ont pas jeûné, effectivement en raison des traditions et des contraintes imposées par la société, ils n'auraient pas pu suivre leur régime alimentaire normal pendant tout le mois de Ramadan. La reprise des trois collations habituelles, pour cette catégorie, obéit également au même principe que les gens ayant jeûné tout le mois de Ramadan sans difficulté. Reprendre en allant doucement.