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Une proxénète derrière les barreaux
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 12 - 08 - 2004

Connue sous le nom de Ittou, une mère de deux enfants a détourné depuis cinq ans, une jeune fille de 16 ans, pour la mettre à la disposition de jeunes à la recherche des amours tarifées. L'accusée a été condamnée à 3 ans de prison ferme.
Chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Sefrou. La salle d'audience est archicomble au point qu'une grande partie de l'assistance s'est contentée de suivre la séance debout.
Les suspects y étaient déjà depuis un quart d'heure. Le président du tribunal a tourné ses yeux de gauche à droite de la salle d'audience pour s'assurer que tout était en ordre. Il a certainement remarqué le surnombre de l'assistance et son brouhaha. Il a demandé le silence pour ouvrir l'audience. En quelques secondes, le vacarme a fait place au calme. Tout le monde attendait l'ouverture du premier dossier et l'appel du premier suspect à la barre.
“Dossier n° 703/2004, Mériem. T, alias Ittou“, appelle le président du tribunal qui a scruté la femme qui était parmi les suspects et s'est levée pour lui répondre.
Les yeux baissés, Ittou qui portait une djellaba grise et un foulard de la même couleur, a gardé le mutisme. Le président a appelé également Kaoutar, âgée de seize ans. D'un air triste, une jeune fille portant une djellaba et un foulard, s'est levée de son siège pour traîner ses pas vers la barre. Ses regards qui ont fixé le plancher confirment sa timidité.
Son histoire a commencé, en 1999, à Fès quand elle était à son onzième printemps. Sa mère qui se préparait à rejoindre une famille à Tanger pour travailler comme “bonne”, lui a demandé de chercher du travail pour l'aider à affronter les aléas de la vie. Ce n'était pas un choix pour elles. À défaut d'un mari et père, elles étaient obligées de se débrouiller pour gagner honnêtement leur vie. Une fois la mère partie pour le nord, Kaoutar a commencé à fréquenter la gare routière de Boujloud, à Fès en quête d'une personne qui l'aiderait à trouver un travail.
“Que fais-tu là ma petite“, lui demande une femme qui s'est tenue devant elle. Elle ne la connaissait pas. Il semble que son destin lui a envoyé une femme qui va la sauver, de la pauvreté et de la solitude dont elle a commencé à souffrir dès le départ de sa mère. “Je cherche du travail“, lui répond-elle d'un ton triste. La femme l'a prise par la main et l'a conduite d'abord vers un café-restaurant où elles ont déjeuné ensemble.
C'était une occasion pour la femme de l'interroger sur ses parents, ses frères et sœurs, ses conditions de vie…etc. Avec innocence, Kaoutar a répondu à toutes les questions. “Je vais t'emmener avec moi à Sefrou pour travailler chez moi“, lui explique la femme qui était généreuse avec elle cet après-midi. Une générosité qui n'a pas permis à la petite fille de trop penser. Il lui suffisait de donner l'adresse à ses voisins pour qu'ils avisent sa mère une fois revenue de Tanger. Elles ont pris l'autocar pour arriver à Sefrou avant d'aller, à pied, au quartier Ârsate Addar où elle demeure. Pleines de joie, Kaoutar a mis ses pieds chez elle pour trouver plusieurs femmes. Qu'est-ce qu'elles y font ? Sont-elles de la même famille ? Il lui a fallu attendre deux jours pour découvrir la réalité. Elle a été conduite au hammam, puis au Souk pour être bien habillée avant de retourner à la maison pour être maquillée. Et elle a été offerte aux clients qui cherchaient le plaisir. Kaoutar n'en a pas cru ses yeux. Et elle a refusé au début de se soumettre. Mais la maltraitance, la violence, l'ont obligée à obtempérer. Et la proxénète a commencé à empocher de l'argent contre son corps offert aux clients. Kaoutar n'a pas cru que cinq ans sont passés avant que sa mère ne réagisse. À chaque fois qu'elle tentait de refuser, elle endurait le calvaire en subissant une maltraitance violente. La “patronne” ne cessait de la cravacher et lui brûler les membres inférieurs et supérieurs pour qu'elle obtempère enfin. Elle a enduré ce calvaire cinq ans. Comment est-elle sauvée ? Sa mère n'a cessé de tenter de lui rendre visite à chaque fois qu'elle retournait de Tanger. Mais en vain. Personne ne lui permettait de la rencontrer. Pire encore, elle a été chassée à maintes reprises. Et elle a fini par déposer plainte contre la patronne et ses complices. Kaoutar a été libérée, Ittou a été arrêtée et ses quatre sœurs qui l'aidaient ont pris la fuite.
“Mah'kama”, crie l'agent du tribunal de la rentrée des magistrats à la salle d'audience après les délibérations. Verdict : Le tribunal a jugé Mériem, alias “Ittou” coupable de détournement de mineure pour se prostituer, violence et proxénétisme et l'a condamnée à trois ans de prison ferme assortis d'une amende de mille dirhams de dommages et intérêts de 20 mille dirhams au profit de Kaoutar.


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