Entre Mercedes, BMW et Audi, la course à la puissance ne se fait pas uniquement du côté des grosses cylindrées. Les petits moteurs, notamment Diesel, sont également au cœur des travaux de recherches et développement, avec comme ultime objectif : offrir le meilleur rendement. Un domaine dans lequel la marque à l'étoile vient de frapper très fort en lançant sa nouvelle génération de moteurs diesel à quatre cylindres. Parmi eux, le 2.143 cm3 qui loge sous le capot de la Classe C250 CDI est un bijou technologique qui bat des records. Baptisée «C250 CDI BlueEfficiency», cette version inaugure en effet un moteur qui profite d'une série de sophistications entrant dans le cadre de ce qu'on appelle le «downsizing». Comme le laisse deviner cet anglicisme, il s'agit d'un sous-dimensionnement du moteur consistant à utiliser des moteurs de moindre cylindrée et comportant moins de cylindres, afin d'abaisser très efficacement la consommation, tout en augmentant leurs valeurs de puissance et de couple. Comment ? En employant et combinant les technologies les plus récentes. Dans le cas présent, les ingénieurs de Mercedes-Benz ont ainsi greffé à ce quatre cylindres: une double suralimentation, un système d'injection Common Rail de quatrième génération et diverses innovations techniques. Pour la première fois sur un moteur Mercedes, le système de suralimentation est double. Il y a donc deux turbos : un petit turbo haute pression (HP) et un gros turbo basse pression (PB), composé chacun d'une turbine entraînant un compresseur et fonctionnant en séquentiel. «Le carter de la turbine HP intègre un canal de dérivation (by-pass) qui s'ouvre et se ferme au moyen d'une valve de régulation de la pression de suralimentation commandée par une capsule à dépression. Lorsque la valve est fermée, la totalité des gaz d'échappement traverse la turbine HP. Toute l'énergie des gaz d'échappement sert alors à l'entraînement de la turbine HP, ce qui autorise une montée en pression optimale, même à bas régime», explique le constructeur allemand dans un communiqué. Il en résulte une puissance élevée et un comportement spontané, puisque le principal défaut d'un gros turbo traditionnel (à géométrie variable), à savoir un laps d'inertie –que le conducteur décèle par un temps de réponse–, est ici gommé. Ensuite, il y a la technologie Common Rail de quatrième génération. Une rampe commune offrant une pression de 400 à 2.000 bars et intégrant un nouveau concept d'injecteurs piézo-électriques à pilotage direct des aiguilles d'injecteurs. A cela, le groupe motopropulseur dont on parle ajoute quelques innovations tels que l'optimisation du refroidisseur d'air de suralimentation et du recyclage des gaz d'échappement, la coupure des conduits d'admission pour une alimentation en air optimale ou encore, l'enclenchement électrique de la pompe à eau et de la pompe à huile en fonction des besoins et ce, pour économiser du carburant. Fort de toutes ces innovations et d'un minutieux travail des ingénieurs, fait que ce nouveau moteur diesel de 2.143 cm3 avance sur le papier des valeurs record! Il développe 204 chevaux de puissance pour un couple de 500 Nm, soit des surplus de respectivement 20 et 25% par rapport à son prédécesseur de cylindrée quasi-identique. Autre chiffre record : sa puissance spécifique qui est de 95,2 ch (et 233,3 Nm) par litre de cylindrée. Mais encore, ce nouveau moteur peut également s'enorgueillir d'une sobriété exemplaire, puisqu'il ne consomme que 5,2 litres de gazole aux 100 kilomètres (nouveau cycle mixte européen). De ce fait, il répond d'ores et déjà à la future norme Euro 5 (applicable à compter du 1er septembre 2009), même sans dispositif de réduction des oxydes d'azote. Bien évidemment et eu égard à sa grande réputation de fiabilité –qu'elle se doit de préserver–, Mercedes semble avoir veillé à ne pas sacrifier un rendement aussi exceptionnel sur l'autel de la longévité du moteur. Sur la route et selon le constructeur de Stuttgart, la Classe C250 CDI profite pleinement par les bienfaits de son moteur : souplesse à bas régime, vigueur des reprises, régularité de marche exemplaire et performances de premier ordre. Ainsi, le 0 à 100 km/h est parcouru en 7,0 secondes (seulement), tandis que la vitesse maxi atteint aisément 250 km/h. «Notre nouveau quatre cylindres ouvre des perspectives réservées jusque-là aux moteurs diesel six cylindres de trois litres ou aux V8 essence de grosse cylindrée ; le tout, conjugué à une sobriété exemplaire», résume Thomas Weber, membre du directoire de Daimler AG et responsable de la recherche du groupe et du développement de Mercedes-Benz Cars. Enfin et c'est une bonne nouvelle, cette version sera bien disponible au catalogue d'Auto Nejma, l'importateur exclusif de Mercedes. Un droit d'entrée au Maroc qu'elle n'aurait jamais eu sans la disponibilité du gasoil 50 ppm, lequel reste compatible avec son haut niveau de sophistication et sans incidence sur sa fiabilité à long terme. Reste le temps à attendre pour la voir circuler sur nos routes, soit dans quelques mois, mais probablement pas avant le second semestre 2009. Patience alors…