Une ONG confirme les garanties d'un procès équitable pour les supporters sénégalais    Tensions au MO : un rapport espagnol décrypte la position marocaine    Aïd Al-Fitr : lundi 23 mars déclaré jour férié exceptionnel    Bourse de Casablanca : clôture en territoire négatif    Désarmement chimique : le Maroc élu à la présidence du Conseil exécutif de l'OIAC    L'Union Touarga se sépare de Abdelouahed Zamrat, Mimoun Mokhtari nouvel entraîneur    Mondial 2026 : la FIFA valide de nouvelles règles pour accélérer le jeu    Ayoub Bouaddi proche de décider de son avenir avec l'équipe nationale marocaine avant la Coupe du Monde 2026    Opéré pour pubalgie, Nayef Aguerd indisponible «plusieurs semaines»    Oncorad Group effectue un traitement de tumeur révolutionnaire, une première en Afrique    Berklee at the Gnaoua and World Music Festival revient pour une 3e édition    Transport routier au Maroc : la guerre en Iran relance les inquiétudes    Le joueur du Real Madrid, Thiago Pitarch : «Je n'ai pas encore décidé de mon choix entre le Maroc et l'Espagne»    Défense des Lions de l'Atlas : Ouahbi contraint de reconstruire    Aéroports du Maroc: le trafic de passagers en hausse de 14,7% en janvier    Marruecos acogerá la 9a Reunión Ministerial Conjunta con los Estados del CCG    Morocco to host 9th Joint Ministerial Meeting with Gulf Cooperation Council    Découverte de migrants décédés à Figuig dans des conditions climatiques difficiles    Le Maroc accueillera la 9e Réunion ministérielle conjointe avec les Etats du CCG    Nicole Kidman partage l'impact de son séjour au Maroc sur l'éducation de ses enfants    East African Community : Yoweri Kaguta Museveni succède à William Ruto    Mondial 2026 : l'Iran répond fermement à Trump qui juge « inappropriée » sa participation    Transport de devises. Important rappel de la Guardia Civil aux Marocains se rendant à Ceuta    Sanlam Maroc et Allianz Maroc fixent les termes de leur projet de fusion-absorption    Irak : 4 membres d'équipage tués dans le crash d'un ravitailleur américain    Gastronomie : Une Marocaine conquis le cœur des Kényans    Labels «Musée du Maroc» : La FNM distingue cinq institutions    Grève nationale des notaires du 18 mars au 5 avril 2026 contre le projet de loi 16.22    Le Maroc prépare un plan pour rapatrier ses ressortissants liés à l'Etat islamique depuis l'Irak    BiG M s'installe au Maroc avec une première ouverture à Tanger    Espagne: L'artisanat marocain primé à Séville    Agressions iraniennes: les appels téléphoniques de SM le Roi avec plusieurs dirigeants des pays du CCG, une expression de la solidarité fraternelle constante du Maroc avec ces Etats (Bourita)    Le CCG réaffirme ses positions constantes de soutien à la marocanité du Sahara et à l'intégrité territoriale du Royaume    Environnement : le reverdissement du Maroc en un an    Industries manufacturières : hausse de l'indice de la production de 4%    Agressions iraniennes : le Maroc réaffirme sa solidarité avec les pays du CCG    Les températures attendues ce vendredi 13 mars 2026    Le temps qu'il fera ce vendredi 13 mars 2026    Guerre contre l'Iran : le pétrole flambe et les marchés mondiaux vacillent    CDH ONU: Zniber appelle à renforcer l'action collective contre les discours de haine    OM : Aguerd opéré pour tourner la page de plusieurs mois de douleur    Tanger-Tétouan-Al Hoceima : lancement du "Budget citoyen" pour la deuxième année consécutive    Casablanca : le Timeless Festival by U Radio revient pour une 2e édition    Tendansia présente Le Porteur d'Histoire à Rabat et Casablanca    Maroc : une plateforme judiciaire soulève des questions sur la protection des données et la présomption d'innocence    L'Espagne adopte un décret pour garantir les soins de santé aux migrants sans papiers    La star de «Emily in Paris» va produire un thriller d'action se déroulant au Maroc    Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



«La suppression totale du cash ne peut être considérée comme objectif réalisable»
Publié dans Albayane le 13 - 03 - 2017

Pour Asmaa Bennani, Directrice du département de la Surveillance des systèmes et moyens de paiement et inclusion financière à Bank Al Maghrib, l'inclusion financière joue un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté dans la mesure où elle permet aux individus d'accéder à moindre coût à une large gamme de services financiers proposés par des institutions régulées et responsables. L'inclusion financière peut être ainsi un vecteur important pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) qui visent à améliorer, de manière durable, le sort des générations futures, a-t-elle déclaré dans cet entretien accordé à Al Bayane. Elle rappelle que depuis 2010, le Maroc a inscrit le développement de l'inclusion financière au centre de ses préoccupations avec pour objectif d'établir et de promouvoir des bases saines et solides pour une Finance Responsable et Durable bénéficiant aux différentes catégories de la population et des entreprises. Et d'ajouter que l'utilisation des moyens de paiement électroniques permet, une réduction du coût de la gestion des moyens de paiement de masse pour les banques, sachant que le coût de la monnaie fiduciaire représente près de 15% du coût total des opérations.
Al Bayane : Dans quelle mesure l'inclusion financière peut-elle être une source d'efficacité économique et d'équité sociale ? Et quelle est sa cible première, selon vous?
Asmaa Bennani : L'inclusion financière est un facteur important d'efficacité économique et d'équité sociale, deux composantes majeures du développement durable. Elle joue un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté et définit, pour les individus et les entreprises, la possibilité d'accéder à moindre coût à toute une gamme de produits et de services financiers utiles et adaptés à leurs besoins (transferts, paiements, épargne, crédit et assurance), proposés par des institutions régulées et responsables.
La banque mondiale considère que l'accès à un compte bancaire constitue la première étape vers l'inclusion financière. En offrant la possibilité de dépôt d'argent, l'envoi et la réception de paiements ainsi que l'accès au financement et aux produits d'assurance, les individus et les entreprises sont en mesure de créer ou de développer des activités génératrices de revenus, d'investir dans l'éducation ou la santé, de mieux gérer les risques et de surmonter les chocs financiers. Inclure les personnes dans le secteur financier formel n'aurait pas seulement pour effet d'améliorer leur vie, mais contribuerait également à la solidité des systèmes financiers. La crise financière mondiale a mis en lumière la fragilité de ces derniers ainsi que les liens étroits qui existent entre inclusion, stabilité et intégrité financières.
Les recherches ont démontré que l'inclusion financière contribue à (1) Eliminer l'extrême pauvreté, (2) Réduire la faim et promouvoir la sécurité alimentaire, (3) Favoriser la santé et le bien-être, (4) Favoriser l'accès à un enseignement de qualité et (5) Favoriser l'égalité entre les sexes.
L'inclusion financière peut être ainsi un vecteur important pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) qui visent à améliorer, de manière durable, le sort des générations futures.
Depuis 2010, le Maroc a inscrit le développement de l'inclusion financière au centre de ses préoccupations. Plusieurs actions et réformes ont été initiées par diverses instances publiques et privées pour aller dans ce sens : l'objectif étant d'établir et de promouvoir des bases saines et solides pour une Finance Responsable et Durable bénéficiant aux différentes catégories de la population et des entreprises. Ces actions visent aussi bien le développement économique en favorisant l'accès des TPME au financement, en améliorant l'éducation financière des différents segments de la population, en renforçant la gouvernance des associations de microcrédit que l'équité sociale et en développant des offres ciblées et abordables pour assurer la bancarisation des populations vulnérables.
L'idée de remplacer progressivement les transactions par cash prend de l'ampleur. Peut-on imaginer leur suppression totale ? Y-a-t-il un délai ou une échéance pour cela ? De quelle manière?
La stratégie de Bank Al-Maghrib vise le développement des moyens de paiement électroniques et la scripturalisation des règlements, ce qui aura pour conséquence notamment de réduire l'utilisation du cash. La suppression totale du cash ne peut être considérée comme objectif réalisable et ce, même dans les économies les plus développées.
Comment évaluez-vous le manque à gagner de l'utilisation des moyens de paiement électroniques pour l'économie, les banques et le client?
L'utilisation des moyens de paiement électroniques permet, en premier lieu, une réduction du coût de la gestion des moyens de paiement de masse pour les banques, sachant que le coût de la monnaie fiduciaire représente près de 15% du coût total des opérations.
En deuxième lieu, elle favorise une meilleure gestion des encaisses pour les établissements bancaires, impactant favorablement la réduction des risques en termes de sécurité, une optimisation des coûts d'assurance et de transport et une baisse des frais directs et indirects liés à la gestion du cash.
En troisième lieu, outre la rapidité de négociation et de traitement des transactions, les moyens de paiement électroniques garantissent une sécurité maximale grâce à la réduction des risques de vol et de perte à la détention du cash.
Enfin, ils s'inscrivent dans le strict respect des dispositions réglementaires en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme, notamment grâce à la garantie de la traçabilité des transactions.
Quid des règles prudentielles spécifiques à ces nouveaux modes de paiement mobile et leur sécurisation?
Au vu des dispositions de l'article 10 du Statut de Bank Al-Maghrib, la Banque a une mission explicite en matière de surveillance des moyens de paiement scripturaux. Notre Institut veille, en effet, à la sécurité des moyens de paiement, indispensable au maintien de la confiance des utilisateurs dans la monnaie et ainsi à la solidité du système financier dans son ensemble. L'exercice de cette surveillance par nos services consiste à :
– procéder à l'identification des risques auxquels les moyens de paiement sont susceptibles d'être confrontés ;
– définir, en concertation avec les acteurs concernés, les objectifs minimums de sécurité à même de prévenir la survenance de risques spécifiques à l'activité et aux moyens de paiement ;
– s'assurer du respect par les acteurs concernés de ces objectifs ;
– évaluer régulièrement la sécurité des moyens de paiement auprès des émetteurs et gestionnaires et suivre les éventuels changements apportés aux moyens de paiement pour répondre aux problèmes identifiés.
A ce titre, Bank Al-Maghrib se fait communiquer l'ensemble des informations utiles concernant les moyens de paiement. L'examen des informations recueillies permet, le cas échéant, d'identifier les moyens de paiement présentant des garanties insuffisantes au regard des critères d'appréciation de sécurité et de mener ainsi, des actions correctives.
Par ailleurs, la loi bancaire (notamment les articles 16 & 22) a défini les établissements de paiement et a mis en place un cadre légal les régissant. Ce cadre légal a été complété par 3 circulaires de BAM, publiées au BO du 2 mars 2017, qui définissent les règles relatives aux établissements de paiement (comptables, prudentielles, contrôle interne, capital minimum...) et les conditions d'offre des services de paiement.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.