Sahara : La Suisse soutient l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine    Etats-Unis : Christopher Landau attendu en Algérie et au Maroc    Le Maroc et la Suisse ont fait part, vendredi à Berne, de leur détermination à renforcer davantage leur dialogue politique et leur partenariat bilatéral.    Afrique du Sud : Dérive xénophobe inquiétante contre les migrants subsahariens (vidéo)    L'Union africaine sollicite l'expertise des FAR    Agriculture connectée : le Maroc veut verrouiller les données de 1,6 million d'exploitants    Orientation post-bac : les nouveaux repères d'un système en mutation    Maroc : Le CAM renforcent son partenariat gouvernemental pour l'inclusion financière rurale    Maroc Telecom : Un CA consolidé de plus de 9,32 MMDH (+5%) à fin mars 2026    Fatim-Zahra Ammor : Faire du tourisme expérientiel une économie d'innovation    Elevage : face au "paradoxe de la performance", le défi de la résilience structurelle    SIAM 2026. Al Moutmir : du sol à l'élevage, l'innovation au service d'une agriculture durable    Inclusion financière : La BAD octroie 510.000 dollars à l'ACAPS    Programme ferroviaire historique : l'ONCF marque une année d'avancées concrètes au service d'une vision stratégique    Armement : Le groupe italien Leonardo souhaite vendre des avions au FAR    Le Real mise sur Brahim Díaz pour renverser le Bayern Munich    Coupe d'Allemagne : Le VfB Stuttgart de Bilal Al Khannouss rejoint le FC Bayern en finale    Le Trail d'Itzer revient pour sa 10e édition    CAN 2025 : tensions médiatiques et rapprochement diplomatique entre Alger et Dakar    Switzerland backs Morocco's autonomy plan as most credible solution to the Sahara    Revisión del mandato de la MINURSO: Guterres e Ivanko se reúnen en Nueva York    Marruecos: Lluvias tormentosas localmente intensas el viernes y sábado    Orientation post-bac : le grand déséquilibre du système universitaire    AGENTIS signe une première avec le PET-IRM au Maroc    Marruecos y Suiza manifestaron este viernes en Berna su determinación de reforzar aún más su diálogo político y su asociación bilateral.    VIH : une enquête nationale de satisfaction auprès des personnes atteintes    Réforme sanitaire : la lutte contre le sida et la tuberculose s'intègre dans les Groupements sanitaires territoriaux    COMEDIABLANCA revient pour une 3e édition    « She Did It Again » : Tyla revisite la pop des années 2000    Le Festival Printemps Musical des Alizés revient pour une nouvelle édition à Essaouira    Le FLAM 2026 à Marrakech. L'avenir du livre africain    Festival Mawazine : La 21ème édition du 19 au 27 juin 2026    Filière de la rose : une récolte record attendue    Musique : Khalil Bensouda fait parler la basse dans tous les styles [Portrait]    Le vice-Premier ministre britannique se félicite des progrès réalisés dans le renforcement du partenariat maroco-britannique, inscrit dans une « nouvelle ère » depuis le 1er juin 2025    Un rapport met en avant le déficit grandissant de carburant en Afrique    Sahara : le Royaume-Uni réaffirme son appui au plan d'autonomie marocain    CAN 2027 : la CAF appelle à accélérer les préparatifs en Afrique de l'Est    Manchester City : Une offre en préparation pour Azzedine Ounahi    L'Institut Cervantès de Rabat célèbre "Don Quichotte"    Chaleur extrême au Maroc entre 2022 et 2024 : un impact dévastateur sur l'agriculture selon la FAO et l'OMM    Une blessure menace-t-elle la saison de Lamine Yamal avec le Barça ?    Double attentat de Blida : l'omerta imposée par le régime algérien se fissure    Mali : plusieurs terroristes neutralisés dans l'ouest et le nord du pays    Le Maroc propose d'accueillir le match amical contre le Salvador à Rabat..la Fédération salvadorienne précise sa position    La Chine célèbre le 77e anniversaire de la création de sa marine    Cybersécurité : les pays arabes amorcent un renforcement de leur coopération    Le Burkina Faso renforce sa stratégie frontalière    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Europe : A chaque pays son ultradroite ?
Publié dans Yabiladi le 06 - 09 - 2018

Alors que dix gouvernements de pays européens cohabitent avec l'extrême droite, quand elle n'est pas carrément seule aux manettes, l'ultradroite semble prendre de plus en plus ses aises dans le paysage politique européen, nostalgique d'une Europe «blanche».
Peut-on encore reléguer la montée des groupuscules de l'ultradroite en Europe à une simple émergence, quand les gouvernements de l'Autriche, la Bulgarie, la Finlande, la Grèce, l'Italie et la Slovaquie cohabitent avec un parti d'extrême droite ? Et qu'il faille ajouter à ces six pays de l'Union européenne, deux pays hors UE : la Norvège et la Suisse. Et qu'il faille, enfin, évoquer les cas particuliers de la Pologne et de la Hongrie, où deux partis conservateurs nationalistes sont au pouvoir.
Hier soir, le groupe de télévision belge VRT a diffusé un reportage sur l'organisation flamande «Schild and Vrienden», une sorte de jeunesse nationaliste des temps modernes qui conjugue racisme, sexisme et antisémitisme sans complexe aucun. Le mouvement prétend défendre l'identité flamande et les valeurs familiales traditionnelles. Il va sans dire également que l'immigration fait partie de ses leitmotivs. Le fil Twitter de son fondateur, Dries Van Langenhove, qui se présente notamment comme «politologue», pullule de propos anti-immigration, comme ce tweet dans lequel il se plaint que «l'Europe est chaque jour en proie à la violence des immigrés clandestins» et appelle à les «identifier et à tous les expulser».
Ou encore ce dépliant d'un organisme de l'aide sociale qu'il a récemment retweeté, dont il critique la traduction en arabe et en turc et à propos duquel il ironise : «Quiconque veut profiter de notre prospérité construite avec le sang, la sueur et les larmes de dizaines de générations de Flamands n'a même pas besoin d'apprendre notre langue.»
OCMW flyer in het Arabisch en Turks. Wie wil profiteren van onze welvaart die werd opgebouwd met het bloed, het zweet en de tranen van tientallen generaties Vlamingen hoeft blijkbaar niet eens onze taal te leren. pic.twitter.com/z2WxknGv2Q
— Dries Van Langenhove (@DVanLangenhove) 4 septembre 2018
Des Dries Van Langenhove, il y en a des centaines en Europe, pour ne pas dire des milliers. La version britannique s'incarne en la personne de Tommy Robinson, figure de la droite identitaire, anciennement chef du groupe English Defence League (EDL). En mai dernier, il avait été condamné à 10 mois de prison pour avoir filmé et diffusé des images du tribunal de Leeds lors d'un procès soumis à des restrictions de couverture, concernant des violeurs présumés d'origine indo-pakistanaise. Sa version féminine s'appelle Jayda Fransen, codirigeante du Britain First, un parti d'extrême droite, nationaliste, chrétien et anti-islam. En novembre 2017, le président américain Donald Trump lui avait offert une visibilité inespérée au-delà des frontières britanniques, en retweetant trois vidéos antimusulmans qu'elle avait mises en ligne.
Le facteur culturel, un enjeu devenu politique
Qu'elle s'appelle Pegida (Allemagne), Civitas (France), Ligue du Nord (Italie), Parti pour la liberté (Pays-Bas) ou encore British National Party (Royaume-Uni), l'extrême droite, voire l'ultradroite, revêt diverses facettes, même si toutes convergent dans la même direction. «Ses leaders se sont émancipés en apparence du legs encombrant du fascisme ou du national-socialisme, pour mieux intégrer le jeu démocratique régulier, jusqu'à obtenir dans certains cas le statut de partenaire de coalition pour les conservateurs, libéraux ou chrétiens-démocrates», analyse Gilles Ivaldi, chercheur en sociologie au Centre national pour la recherche scientifique (CNRS), dans une étude intitulée «Euroscepticisme, populisme, droites radicales : état des forces et enjeux européens. L'Europe en formation».
«En politisant de nouveaux enjeux culturels, ces partis ont progressivement structuré une offre idéologique nationaliste ethnocentriste, se posant en remparts contre les ''dangers'' représentés par l'immigration, les minorités ou, désormais, l'islam», souligne ce spécialiste des partis d'extrême droite et du phénomène populiste en Europe. Et d'ajouter : «Ici, l'euroscepticisme prend à l'évidence racine dans ce discours nationaliste, mais ne constitue cependant qu'une facette seulement d'un corpus idéologique plus large. Leur modèle de société demeure dans la plupart des cas empreint d'autoritarisme et de conservatisme social, qui positionnent ces partis à l'extrémité droite de l'axe politique sur les questions relatives à la sécurité, aux mœurs et plus généralement aux libertés individuelles.»
«L'installation durable de cette famille politique dans l'espace européen n'est pas totalement étrangère au durcissement des politiques d'immigration ou d'asile en France, en Italie, en Autriche ou aux Pays-Bas, de même qu'elle a très largement contribué à politiser les questions relatives à l'Islam dans ces mêmes pays depuis plusieurs années.»
Gilles Ivaldi
Enfin, même au sein des cercles catholiques, autrefois réfractaires aux idées de l'extrême droite, un phénomène nouveau s'est démarqué ces dernières années : «On a aujourd'hui des catholiques qui votent pour des partis extrémistes, islamophobes, ce qui n'était pas le cas avant», nous expliquait le prêtre lyonnais Christian Delorme, figure de proue du dialogue entre musulmans et chrétiens en France. Alors qu'il y a une vingtaine d'années, l'immense majorité des catholiques pratiquants rejetaient le vote Front national, «les dernières élections présidentielles et législatives ont montré en revanche que 20 à 25% d'entre eux sont désormais sensibles aux idées des formations d'extrême droite».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.