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Quand des réfugiées réalisent que l'Europe est tout sauf un paradis
Publié dans L'opinion le 27 - 12 - 2015

Chaque année, des milliers de demandeurs d'asile ayant gagné l'Europe sont reconduits dans leur pays d'origine. Parmi eux, se trouvent quelques rares candidats au départ: des réfugiés qui, déçus par l'Europe, prennent la décision de rentrer chez eux. Le quotidien allemand Die Welt a rencontré l'un d'eux.
George Melke, 35 ans, est retourné vivre au mois de mai dans la maison familiale à Kamischli, dans le nord de la Syrie, après avoir passé un an et demi en Suisse. Appartenant à la minorité syrienne de confession chrétienne et fils d'un opposant au régime de Bachar el-Assad, George Melke a quitté la Syrie en octobre 2013 avec ses parents et ses frères et sœurs. Arrivée au Liban, la famille a déposé une demande d'asile auprès de l'ambassade de Suisse à Beyrouth et a obtenu l'asile sans difficultés: «Un de mes frères vit depuis longtemps en Suisse, et c'est en général plus facile pour les chrétiens d'obtenir un visa européen.»
Arrivé en Suisse, George Melke a vite déchanté:
«Parmi les réfugiés, il y en a beaucoup qui pensent la même chose. Ils se rendent compte que l'Europe est tout sauf un paradis, que c'était une erreur de fuir ici.»
Une salle de bain pour cent personnes
Pendant des semaines, George Melke et sa famille ont été déplacés de centre d'accueil en centre d'accueil. Il garde un souvenir horrifié de son séjour à Bâle: «Nous n'avions pas l'habitude de devoir faire la queue pendant près d'une heure pour pouvoir prendre notre repas.»
Réveil à 7 heures, deux repas chauds par jour, retour obligatoire au centre à 16 heures, un jour de libre le week-end. Et une salle de bain pour cent personnes. Écœurée par les conditions sanitaires, la famille de George Melke allait faire sa toilette dans l'appartement du frère résidant en Suisse.
Dans un des autres centres d'accueil où il a été placé, George Melke devait partager une chambre avec quatre autres hommes qui passaient leurs journées à fumer du haschich. Malgré ses plaintes, le personnel chargé d'assurer la sécurité des réfugiés a refusé d'intervenir.
Au bout de quatre mois, George Melke et sa famille ont pu obtenir un permis de séjour d'un an et quitté le centre d'hébergement. Mais le trentenaire syrien n'a tout de même pas apprécié la suite de son séjour: «C'est une façon de vivre totalement différente, une culture très différente. Que ce soit en cours d'allemand ou dans la rue, les gens vous font sentir que vous êtes un réfugié, un étranger.»
Voyage retour
Quelques mois plus tard, malgré les mises en garde de sa famille, il a décidé de repartir dans sa ville natale. Sa décision a également surpris les autorités suisses, qui ont financé son voyage de retour. Il tient désormais un cybercafé, s'est fiancé et s'est engagé au sein d'une organisation humanitaire. George Melke est conscient que sa situation est exceptionnelle comparée à la plupart des réfugiés, pour qui rentrer au pays signifierait tout au mieux camper dans un champ de ruines ou finir en prison ou fusillé:
«Ici, dans sa région du nord du pays, tout est totalement différent du reste de la Syrie. L'État islamique et tous les groupes islamistes parmi les rebelles syriens ont été chassés et ne représentent plus de menace. [...] Il n'y a pas de bombardements du régime comme à Alep et dans d'autres villes syriennes. [...] Ici, à Kamescli et dans les villages environnants, il y a de l'essence, de l'eau et l'électricité. On peut tout trouver sur les marchés, que ce soit de la viande, du poisson, des légumes ou des fruits.»
En Allemagne, certaines communes ont mis en place des mesures incitatives pour les réfugiés qui ont peu de chance d'obtenir l'asile. Pendant l'été 2015, l'hebdomadaire Der Spiegel donnait l'exemple de la ville de Lörrach, dans le Bade-Wurtemberg, qui propose une prime au départ aux réfugiés qui sont prêts à quitter l'Allemagne. Un couple ayant un enfant se voit par exemple proposer la somme de 1.858 euros. Mais cette offre s'adresse avant tout aux réfugiés originaires des Balkans. Au moment où l'article avait été mis en ligne, la commune indiquait avoir déboursé jusque-là 65.000 euros pour encourager les départs.


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