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Pays exportateurs de pétrole / Impacts négatifs sur les budgets, la monnaie et l'inflation
Publié dans L'opinion le 31 - 12 - 2014

Les auteurs notent, sur la base de leurs simulations, que l'effet de la chute des cours du pétrole n'est pas négatif pour tous les exportateurs de pétrole, ce qui n'a rien d'étonnant. Cependant, là aussi, il y a de grandes différences entre pays.
Partout se produit une baisse du revenu réel et des bénéfices de la production pétrolière; ce sont là les effets symétriques de la situation dans les pays importateurs. Mais l'ampleur de ce recul et l'effet de la baisse des cours sur le PIB dépendent pour beaucoup du degré de dépendance à l'égard des exportations de brut et de la part des recettes qui revient à l'État. Les exportations de pétrole sont plus concentrées que les importations. Pour le dire autrement, les exportateurs de pétrole dépendent beaucoup plus du pétrole que les importateurs.
Prenons quelques exemples. L'énergie représente 25 % du PIB de la Russie, 70 % de ses exportations et 50 % de ses recettes fédérales. Au Moyen-Orient, pour les pays du CCG, les recettes pétrolières fédérales représentent 22,5 % du PIB et 63,6 % des exportations. En Afrique, les exportations de pétrole représentent 40-50 % du PIB au Gabon, en Angola et en République du Congo et 80 % du PIB en Guinée équatoriale. Le pétrole rapporte 75 % des recettes publiques en Angola, en République du Congo et en Guinée équatoriale. En Amérique latine, le pétrole correspond à environ 30 % et 46,6 % des recettes publiques de l'Équateur et du Venezuela, respectivement, et à environ 55 % et 94 % de leurs exportations. Cela situe l'ampleur des difficultés auxquelles devront faire face ces pays.
Dans la plupart des cas, la baisse des cours du pétrole pourrait vraisemblablement avoir pour effet mécanique de provoquer un déficit budgétaire. Pour illustrer les vulnérabilités des pays exportateurs de pétrole nous pouvons par exemple calculer ce qu'il est convenu d'appeler les prix d'équilibre budgétaire — c'est-à-dire, le prix du baril qui permet aux pays exportateurs d'équilibrer leur budget. Les prix d'équilibre varient considérablement d'un pays à l'autre, mais ils sont souvent très élevés. Au Moyen-Orient et en Asie centrale, ils se situent entre 54 dollars le baril pour le Koweït et 184 dollars pour la Libye; à noter qu'il est de 106 dollars en Arabie saoudite. S'agissant des pays pour lesquels nous ne disposons pas d'informations sur les prix d'équilibre, les prix budgétaires du pétrole (c'est-à-dire les prix que les pays retiennent comme hypothèse dans la préparation de leur budget) constituent un autre moyen d'évaluer la vulnérabilité à la chute des cours.
Dans le cas de l'Afrique, ces prix budgétaires ont été révisés à la baisse pour 2015 compte tenu de la chute des cours. S'agissant de l'Amérique latine, les prix budgétaires sont de 79,7 dollars pour l'Equateur et de 60 dollars pour le Venezuela.
Certains pays sont mieux équipés que lors d'épisodes précédents pour gérer l'ajustement. Quelques-uns ont mis en place des dispositifs de réserve, tels que règles budgétaires et fonds d'épargne, et se sont dotés de cadres monétaires plus crédibles, ce qui a contribué à dissocier les équilibres intérieurs des équilibres extérieurs, comme en Norvège. Mais dans beaucoup de cas, l'ajustement signifiera un durcissement budgétaire, une réduction de la production et une dépréciation (plus difficile à assurer dans un régime de change fixe, en vigueur dans beaucoup de pays exportateurs). Lorsque les anticipations inflationnistes ne sont pas bien ancrées, la dépréciation peut attiser l'inflation. Quelles sont les retombées financières? Les baisses du prix du pétrole ont des conséquences financières, à la fois directement et par le biais de l'ajustement induit des taux de change.
La chute des cours affaiblit la situation financière des entreprises du secteur énergétique, notamment celles qui ont emprunté en dollars, et, partant, elle affaiblit la situation des banques et autres établissements qui ont d'importantes créances sur le secteur énergétique. La part d'entreprises du secteur ayant un ratio de couverture des intérêts (c'est-à-dire le ratio rapportant les mouvements de trésorerie aux charges d'intérêt) inférieur à 2 est de 31 % dans les pays émergents, ce qui signale que certaines de ces entreprises pourraient effectivement être menacées. Les écarts CEMBI, qui rendent compte des écarts liés aux valeurs d'entreprises des pays émergents à rendement élevé, ont augmenté de 100 points de base depuis juin. Les tests de résistance réalisés dans le cadre de nos évaluations de la stabilité financière durant ces dernières années dans plusieurs pays exportateurs de pétrole ont révélé que seuls dans quelques-uns d'entre eux certains établissements échouaient à ces tests, ce qui semblait indiquer que les besoins de recapitalisation représentaient tout au plus quelques points de PIB. Cependant, les résultats de ces tests de résistance ne fournissent sans doute qu'un éclairage limité car les marges de fonds propres ne sont plus les mêmes aujourd'hui et la rentabilité des banques a probablement, elle aussi, changé. La Russie est un bon exemple d'évolution rapide de la situation sur ces deux aspects, compte tenu de l'effet des sanctions sur son secteur financier. Globalement, l'impact de la baisse des cours sur les banques des pays exportateurs de pétrole dépendra essentiellement de sa durée et de son impact sur l'activité économique et, partant, sur les marges en vigueur. Une diminution des prix du pétrole aboutit également en règle générale à une appréciation de la monnaie des pays importateurs, et notamment du dollar, ainsi qu'à une dépréciation de la monnaie des pays exportateurs. La chute des cours a contribué à une dépréciation brutale de la monnaie de plusieurs pays exportateurs, dont la Russie et le Nigéria. Cette chute n'est certes que l'un des facteurs qui explique la dégringolade du rouble, mais ce dernier a perdu 40 % de sa valeur cette année et 56 % depuis septembre. Si une dépréciation maîtrisée peut aider les pays exportateurs dans leur travail d'ajustement, elle peut également exacerber les problèmes financiers des entreprises et des Etats endettés en dollars. En outre, dans les pays où les anticipations ne sont pas bien ancrées, une dépréciation incontrôlée peut très rapidement aboutir à une inflation très forte. S'il venait à durer, le repli des cours du pétrole aurait donc un effet concentré et sensible sur les obligataires et les banques ayant des engagements importants en dollars et dans les secteurs énergétiques. Cela dit, les engagements du système bancaire mondial ne devraient vraisemblablement provoquer tout au plus qu'une augmentation modérée des provisionnements et ils devraient être partiellement compensés par une amélioration de la qualité du crédit dans les pays importateurs de pétrole et dans les secteurs liés au brut. Cependant, par le truchement du secteur financier, certains pays importateurs de pétrole pourraient être liés aux pays exportateurs et être ainsi tributaires de l'évolution de la situation économique et financière de ces derniers. Par exemple, les banques autrichiennes ont d'importants engagements en Russie, et certaines ont enregistré une forte baisse de la valeur de leurs actions ces derniers temps.
Ce constat relativement optimiste doit toutefois s'accompagner d'une mise en garde sans équivoque. La Grande crise financière nous a appris que les fortes variations de prix et de taux de change, et l'incertitude grandissante qui, de ce fait, pose sur la situation de certaines entreprises et certains pays, peut provoquer une plus grande aversion pour le risque au plan mondial, ce qui peut avoir de lourdes conséquences pour le recalibrage des risques et les fluctuations de flux de capitaux. Cela est d'autant plus vrai lorsque par ailleurs se produisent des événements, comme ceux auxquels nous assistons aujourd'hui en Russie. On ne saurait écarter totalement ce risque extrême.


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