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Journée mondiale de la francophonie : : 100000 professeurs pour l'Afrique
Publié dans L'opinion le 27 - 03 - 2014

Bâtir un espace de solidarité fondé sur les principes d'humanisme, de démocratie et de respect de la diversité des cultures et des langues, tel est le but poursuivi par la Francophonie. Elle a pour valeur de renforcer la solidarité entre des pays et des peuples qui partagent une langue commune, le français, mais que l'histoire, la géographie et surtout le développement économique peuvent séparer.
L'écoute attentive de ses gouvernements permet à la Francophonie d'adapter sa coopération aux réalités du terrain et aux besoins des populations. En offrant le savoir-faire de spécialistes, elle accompagne les responsables politiques et les acteurs de la société dans leurs efforts de développement.
L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) compte 77 États et gouvernements (57 membres et 20 observateurs), répartis sur les cinq continents. Elle représente un ensemble unique en son genre qui, à partir du lien de la langue commune, développe une coopération politique, économique et culturelle. Promoteur de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique et valorise les différentes cultures qui s'expriment dans l'espace francophone.
Le 20 mars dernier, comme chaque année, le monde a célébré la Journée de la Francophonie par l'organisation de plusieurs manifestations dans divers pays et organisations internationales. Ainsi, une Soirée culturelle à New York s'est tenue dans le cadre unique du siège des Nations unies où les Prix de la Francophonie 2014 ont été remis aux lauréats.
En France, la célébration de la Journée internationale de la Francophonie a permis au gouvernement d'évaluer la place de la langue française dans le monde et d'annoncer un ambitieux projet intitulé «100 000 professeurs pour l'Afrique». Une initiative, d'un budget de 4 millions d'euros, devant permettre de former, sur trois ans, des enseignants de cette langue qui, à leur tour, la vulgariseront dans leur pays.
La Journée internationale de la Francophonie, célébration mondiale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), créée en 1998 comme un moyen pour les 70 États et gouvernements de l'OIF de célébrer leur lien commun — la langue française — aussi bien que leur diversité, est ainsi consacrée à la langue française qui unit 220 millions de locuteurs dans le monde et rassemble 870 millions de francophones. De ce fait, cette journée est l'occasion pour les francophones du monde entier de fêter en exprimant leur solidarité et leur désir de vivre ensemble, dans leurs différences et leur diversité, partageant ainsi les valeurs de la Francophonie.
Autour de cette journée, l'OIF et plusieurs pays organisent désormais la Semaine de la langue française et de la francophonie. Dans un contexte mondial où l'anglais damne le pion au français en se classant comme la langue la plus utilisée sur la planète, si l'on exclut le mandarin parlé par le milliard et quelques milliers de Chinois, les autorités françaises ont jugé opportun de lancer ce programme, «100 000 professeurs pour l'Afrique» qui, d'une part, permettra de former en France des tuteurs qui encadreront ensuite, à leur tour, des professeurs d'université et, d'autre part, de développer des outils de formation à distance libres de droit.
Le nombre de personnes parlant le français ne cesse d'augmenter en effet. Et cette dynamique va perdurer si plusieurs conditions sont réunies : la principale étant corrélée au fait que l'Afrique francophone continue d'utiliser le français dans la scolarisation des enfants. Dans cette hypothèse, on peut estimer à 750 millions les parlants français à l'horizon 2050. Sachant qu'en 2010, on recensait 220 millions de francophones dans le monde.
«En Afrique, une course de vitesse est engagée entre croissance démographique et croissance éducative et il faut que cette dernière l'emporte», a déclaré Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères.
Les enseignants de français sur le continent forment plutôt une population vieillissante (proche de la retraite en moyenne au Gabon et en République démocratique du Congo par exemple), et la maîtrise du français en général se dégrade. En réaction, ce programme vise surtout à «enclencher une dynamique», et à «utiliser toutes les possibilités du numérique pour enseigner le français», a indiqué Laurent Fabius. Le projet concerne dans un premier temps, huit pays dont : Congo Brazzaville, Niger, Togo, Mali, Madagascar, Maroc, Zimbabwe et Ghana. Ces pays bénéficieront de ce programme, coordonné par l'Institut français qui demeure le principal opérateur de l'action culturelle extérieure de la France. Dans ce sillage, dix missions seront organisées cette année dans les départements universitaires d'enseignement du français dans plusieurs pays.
Lancé en lien avec l'Institut français, qui dépend du ministère des affaires étrangères, le programme « 100 000 professeurs pour l'Afrique » vise à faire prendre un tournant numérique à l'enseignement du français via des programmes de cours en ligne en accès libre pour professeurs et étudiants. Des programmes pédagogiques clé en main, la mise en place de réseaux sociaux pour les professeurs et des outils méthodologiques pour l'enseignement professionnel (tourisme, santé, diplomatie...), doivent aider à soutenir l'enseignement du français. Des établissements dans une vingtaine de pays, de l'Algérie à Madagascar en passant par le Togo ou la Mauritanie, participent à ce programme.
La veille, le gouvernement français lançait à Brasilia le programme « Français sans Frontière » destiné à enseigner cette langue à 10 000 boursiers brésiliens qui se spécialiseront dans des universités internationales.
Le programme consiste en des cours de français pour débutants par Internet, par le biais de HYPERLINK "http://www.fondation-alliancefr.org/" "_self" l'Alliance Française, qui seront offerts gratuitement à 10 000 étudiants inscrits dans des universités internationales dans le cadre du programme « Sciences sans Frontières ».
Dans ces conditions, l'appel du secrétaire général de la Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, est venu bien à propos quand il dit entre autres « lorsque nous sommes seuls à espérer et à vouloir, cela ne demeure bien souvent qu'un espoir et un vœu, mais lorsque nous espérons et voulons, ensemble, une nouvelle réalité prend immanquablement forme. Alors célébrons, en ce 20 mars, la force stimulante que nous confère la Francophonie. Célébrons les liens puissants que nous confèrent la langue, les valeurs, les espoirs et les ambitions que nous partageons. Célébrons une manière « francophone » de vivre ensemble, d'être au monde et de concevoir le monde.
Parce que la Francophonie, c'est d'abord la volonté de dire NON !
NON aux aspects les plus néfastes de la mondialisation, une mondialisation oublieuse de l'Homme, de sa dignité, de sa liberté, de ses droits les plus élémentaires, faute d'éthique, de régulations, de volontarisme.
NON aux inégalités économiques, sanitaires, éducatives, numériques toujours plus marquées.
NON aux conflits oubliés, aux populations civiles, singulièrement les femmes, abandonnées aux exactions les plus viles.
NON à l'impunité et à l'immunité des auteurs de crimes contre l'humanité.
NON à l'uniformisation culturelle et linguistique qui menace le patrimoine intellectuel et la création mondiale, mais aussi la démocratie internationale.
NON au relativisme culturel qui défie l'universalité des droits de l'Homme et menace la paix... »


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