Le gouvernement espagnol dément les expulsions express vers le Maroc dénoncées par Tejiendo Redes    Représentation des femmes : Le Maroc 101e mondial, l'ADFM interpelle les partis    Maroc : Une croissance économique de 4,1% au T4-2025 (HCP)    Winter Challenge 2026 de codingame : 1337 classée première école au monde    GP Hassan II de tennis : Karim Bennani et Taha Baadi passent aux huitièmes de finale    Marruecos: Un crecimiento económico del 4,1% en el cuarto trimestre de 2025 (HCP)    Moroccan tennis players Bennani and Baadi advance to Hassan II Grand Prix round of 16    Rabat-Salé-Kénitra launches pilot project to enhance emergency medical services    Souss-Massa : La SDR Tourisme renforce son rôle d'aménageur    GITEX AFRICA 2026 : inwi met en lumière ses solutions entreprises au service d'une économie nationale agile, innovante et compétitive    Akhannouch : « Les prix du gaz butane et de l'électricité resteront inchangés »    Géopolitique sportive : la bataille entre Rabat et Le Caire s'intensifie    ACAPS : nouveaux formats pédagogiques pour l'éducation financière des jeunes    Edito. Où va-t-on ?    S&P Global Ratings : pourquoi la note du Maroc est maintenue    Xi Jinping appelle à une mobilisation générale pour renforcer le reboisement en Chine    IA : le Maroc accueillera le festival [IN]VISIBLE en 2027    Match amical : L'équipe du Maroc U23 et son homologue ivoirienne se neutralisent    Maroc-Kenya : un accord de défense en préparation    Le Maroc face au test paraguayen avant le Mondial 2026    CAN 2025 : la CAF se retranche derrière le TAS après une finale sous tension    Casablanca : une académie digitale pour propulser les jeunes vers l'emploi dans les métiers du contenu    Après le partenariat stratégique, le Maroc et l'Indonésie renforcent la coopération sécuritaire    UNAF U17 : Tunisie, Algérie, Égypte... les Lionceaux ont tout dévoré !    Présidentielle au Bénin. La campagne électorale démarre    Congo - Brazzaville. La Cour constitutionnelle valide la réélection de Denis Sassou Nguesso    Netanyahu : le pouvoir iranien finira par "s'effondrer de l'intérieur"    Nouveau report dans l'affaire des supporters sénégalais : deux avocats rejoignent la défense    Appel du président égyptien al-Sissi à Trump: "Aide-nous à stopper la guerre"    Moyen-Orient : Al Adl Wal Ihsane appelle à l'unité contre Israël et les Etats-Unis    Botola : Les matches de mise à jour du 1er au 6 avril    Energie et géopolitique : Les zones d'ombre des importations marocaines de carburants russes    Exécution de deux prisonniers en Iran et renforcement des mesures sécuritaires    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du président de la République centrafricaine    Ouahbi tire la sonnette d'alarme : des escrocs manipulent 100 MMDH en dehors du circuit économique    Temps froid et fortes rafales de vent lundi et mardi dans plusieurs provinces    Rabat : Tehraoui lance la mise à niveau du système d'aide médicale urgente    Droits de l'enfant : l'ONDE présente son bilan annuel et scelle de nouveaux partenariats stratégiques    Fès Gate 2026 : une consécration pour les talents qui font rayonner le Royaume    Hammouchi reçoit l'Inspecteur général de la police du Libéria    L'Inspecteur Général des FAR s'entretient avec le Chef d'Etat-Major des Forces de Défense du Kenya    Cinéma : «Les Jardins du Paradis» de Sonia Terrab doublement primé à Milan    Mode africaine : 10 créateurs qui dominent la scène mondiale    Le Concours International de Musique de l'OPM revient pour une 22e édition    Football : Ayyoub Bouaddi laisse planer le suspens pour son choix entre le Maroc et la France    FICAM 2026 : Une ouverture sur la jeunesse et l'évolution du cinéma d'animation    Festival [IN]VISIBLE 2027 : le Maroc au cœur de l'innovation immersive et mémorielle    Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l'Histoire des châteaux    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Interview avec M'Hammed Sajidi: « Les gouvernements n'ont mis en place aucune stratégie nationale pour la prise en charge de l'autisme »
Publié dans L'opinion le 29 - 04 - 2023

Ne comptant sur aucun financement alloué par l'Etat marocain, les parents des autistes assument un coût qui varie entre 2500 et 12.000 DH par mois pour l'éducation de leurs enfants. M'hammed Sajidi, président de l'association "Vaincre l'autisme Maroc", nous parle des éléments prioritaires de la campagne lancée pour sensibiliser à la prise en charge des personnes autistes, enfants et adultes.
* Quel état des lieux peut-on dresser sur la situation des enfants autistes au Maroc ?

Selon les estimations internationales, notre association évalue à 1 naissance sur 50 le nombre d'enfants porteurs de T.S.A (troubles du spectre autistiques), ce qui, aujourd'hui, nous donne 680.000 personnes touchées, dont 216.000 enfants, soit 12.800 naissances par an, ou 35 naissances par jour. Sachant que le Maroc n'a pas procédé à une étude épidémiologique, le nombre de cas ne cesse d'augmenter et le gouvernement n'a pas encore mis en place un plan pour une stratégie nationale de prise en charge de l'autisme. C'est ainsi que les parents sont isolés et seuls à se battre pour tenter de répondre aux besoins de leurs enfants, en matière de soin ou d'éducation. Si on analyse la politique de santé publique orientée vers l'autisme, on peut considérer que les enfants autistes ne sont ni soignés ni éduqués au Maroc.


* Comment améliorer l'intégration des enfants autistes au Maroc aujourd'hui ?

Il est essentiel que les dirigeants, les professionnels et les familles prennent en considération que l'autisme est un trouble qui est hétérogène et diffère d'un enfant à l'autre. Raison pour laquelle il est nécessaire de mettre en place des dispositifs structurés pour un processus d'intervention régulier, adapté et individualisé sur le plan psycho-éducatif qui permettrait de délivrer à l'enfant les outils et les apprentissages nécessaires afin de communiquer avec son environnement familial et social. A ce titre, les exemples d'unités au sein de classes spécialisées intégrées dans une école ordinaire, sont la meilleure alternative pour pouvoir répondre aux besoins de l'enfant et au besoin de son intégration dans l'école. Les équipes intervenant au sein de ces unités doivent recevoir des formations et des supervisions tout au long de leur intervention auprès des enfants. La compréhension du besoin des professionnels est une priorité afin de les aider à répondre à toute situation nouvelle à gérer avec l'enfant autiste. A chaque fois qu'une intervention est bien appliquée auprès d'un enfant, l'enfant progresse, et le professionnel s'en trouve limité dans ses compétences ; il a donc besoin d'un niveau supérieur pour le guider vers la suite des programmes. Pour ce faire, le ministère de l'Education Nationale doit faciliter le processus en prévoyant des espaces au sein des écoles pour la création de ces unités d'intervention spécialisées à petit effectif. Le ministère des Affaires Sociales doit contribuer à la mise en place et au financement de ces unités.

* En quoi ce syndrome vient-il affecter les relations interpersonnelles, la communication et, de manière plus générale, le comportement ?

Tout d'abord, il est essentiel de retenir que l'autisme est un trouble de la communication, souvent confondu avec un trouble du langage, un trouble mental ou un trouble psychologique. Ce trouble de la communication génère des troubles de l'interaction sociale. L'enfant étant dans l'incapacité de communiquer, il ne peut se faire comprendre, ce qui engendre chez lui une frustration qui augmente jusqu'à mener à des troubles du comportement plus ou moins graves. Ces troubles augmentent au fur et à mesure que l'enfant grandit et peuvent entraîner de l'autoagressivité ou de l'hétéoagressivité. Un enfant autiste est stimulé par une quantité d'informations qu'il est dans l'incapacité de traiter, qu'il s'agisse des stimulations olfactives, visuelles, ou toute autre stimulation sensorielle, qui viennent s'accumuler et qui placent l'enfant dans une situation explosive. Son environnement, soucieux de bien faire et de lui apporter son aide et n'ayant pas les connaissances et le savoir nécessaires, ne fait qu'augmenter cette tension. Raison pour laquelle le dépistage et le diagnostic précoces sont fondamentaux et doivent être immédiatement suivis par une intervention précoce et intensive qui permettent aux parents et aux professionnels d'agir efficacement.


* Parmi les initiatives qui ont été mises en place par l'association « Vaincre l'Autisme Maroc », Futuro School Rabat, première école A.B.A. au Maroc, quelles sont les actions de cette école ?

Futuro School Rabat consiste en une unité de traitement des troubles du comportement, qui permet le développement de l'enfant et son intégration scolaire et sociale. S'appuyant sur une démarche rigoureuse et scientifique, Futuro School Rabat délivre des séances d'intervention en 1 pour 1, basées sur un programme individualisé suite à une évaluation précise des difficultés et des compétences de l'enfant. Ces programmes sont réadaptés hebdomadairement. Les parents bénéficient d'une heure de guidance parentale hebdomadaire lors de laquelle ils sont co-auteurs du programme et co-intervenants pour l'application à domicile.



* Quelles sont les stratégies de prise en charge mises en place par l'Etat marocain ?

A l'heure actuelle, aucune stratégie de prise en charge pour l'autisme n'est mise en place par l'Etat marocain. Les enfants autistes sont considérés comme des enfants à besoins spécifiques ; pour certains, ils arrivent à accéder à des centres de prise en charge, malheureusement non adaptés aux spécificités de l'autisme. L'Etat marocain ne concède qu'une somme de 900 DH par mois pour la prise en charge d'un enfant à besoins spécifiques dition RAMED aux parents pour prouver qu'ils sont démunis.

* Quelle est la différence entre trouble et maladie ?

Un trouble ou une maladie sont en général classés dans la même sphère de pathologies. En l'occurrence, les troubles du spectre autistiques ou les troubles du neuro-développement sont classés dans la classification internationale des maladies. Concernant l'autisme, il s'agit d'une maladie neurologique qui affecte le fonctionnement du cerveau, le système immunitaire et biologique, altère les capacités de reconnaissance des expressions, des codes sociaux et affectifs et génère hypersensibilité émotionnelle et troubles du comportement.

Cependant, il faut retenir que l'autisme n'est ni un trouble, ni une maladie psychiatrique.


* Quel est votre conseil aux parents des autistes ?

En tant que parent moi-même et actif dans la défense des droits des enfants autistes et de leur famille, mon conseil pour les parents est d'agir, de ne pas rester dans l'attentisme ou dans le déni, car, par l'action, ils ne subiront pas les conséquences de l'autisme. Cette activité leur permettra de mieux connaître l'autisme et ses conséquences, de mieux comprendre leur enfant, et ainsi de gérer le quotidien.

Il ne faut pas hésiter à communiquer avec d'autres parents qui restent les experts du sujet. Il faut retenir que les plus grands experts de l'autisme dans le monde actuellement sont des parents d'enfants autistes, et il faut être à l'écoute des conseils que ces parents experts leur délivrent.
Egalement, ne pas hésiter à s'intégrer dans une association active, non seulement pour agir, mais aussi pour pouvoir créer des solutions pour leurs enfants.
Avec l'autisme, il faut garder espoir et agir dans un processus à long terme : il n'y a pas de solutions miracles mais il y a des solutions qui marchent et qui permettent à l'enfant de se développer et de vivre avec les siens.



Recueillis par Rime TAYBOUTA


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.