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Google-Chine
Une guerre froide d’un nouveau genre
Publié dans L'observateur du Maroc le 08 - 02 - 2010

Les cyber attaques répétées contre Google et une trentaine de sociétés américaines duraient depuis longtemps. Mais la poussée de fièvre a été brutale. Le 13 janvier, le géant d’Internet a opéré un revirement spectaculaire en menaçant de cesser toute opération en Chine pour ne plus être censuré par Pékin. Pendant des années, le plus grand moteur de recherche du monde avait pourtant accepté de s’auto-censurer pour ne pas être écarté du plus grand marché des télécoms au monde (370 millions d'internautes, 650 millions de téléphones portables…).
Ce retournement est dû à une cyberattaque lancée en décembre par des pirates informatiques en Chine pour tenter d’accéder aux comptes gmail de dissidents chinois. L’an dernier déjà, un vaste réseau d’espionnage électronique avait été découvert : il s’infiltrait notamment dans les comptes de l’entourage du dalaï lama, le chef tibétain en exil.
L’administration américaine a d'abord réagi prudemment. Mais le 21 janvier, changement de ton: la secrétaire d’Etat Hillary Clinton dénonce «les personnes et les pays qui lancent des cyberattaques». Pire : dans une allusion au rideau de fer et à une nouvelle guerre froide qui succèderait à celle du siècle dernier, Hillary ajoute qu’un «nouveau rideau d’information est en train de descendre sur une grande partie du monde».
Contrôler le cyber espace
Il ne s’agit ni des habituelles protestations officielles américaines contre la censure d’Internet par la Chine ni d’une simple guerre commerciale. Quand Washington élève à ce point le ton face à son principal partenaire économique, c’est que les choses sont graves. L’année 2010 risque en effet de voir le début d’un nouveau type de guerre froide et de course aux armements. Mais cette fois, c’est la Chine qui occupe la place de l’Union Soviétique, tandis que les réseaux du cyber espace remplacent les armes nucléaires qui furent au cœur du bras de fer entre Occidentaux et Soviétiques au XX° siècle.
Certes, le risque nucléaire n’a pas totalement disparu, comme le prouve l’appel à une déclunéarisation générale prônée par Obama. Mais il est pratiquement impossible d’utiliser aujourd’hui des armes nucléaires dans un conflit. «Ces armes, note Alfredo Valladao, professeur à Sciences-Po à Paris, ne servent en réalité qu’à sanctuariser un territoire, ce qui peut laisser une plus grande liberté d’action et d’intervention aux forces conventionnelles. Ce qui est déterminant désormais, c’est le contrôle des réseaux d’informations électroniques. Il suffit pour s’en convaincre de voir le rôle fondamental joué par les instruments électroniques de commande, de contrôle des communications, de renseignement et de reconnaissance dans les opérations militaires qui se déroulent en Irak, en Afghanistan ou dans les grandes mobilisations humanitaires effectuées par des armées. Le pouvoir suprême aujourd’hui revient à celui qui contrôle le cyber espace, sur la terre comme dans le ciel».
Danger mortel pour les dictatures
Cela ne joue pas seulement dans le domaine militaire. La société d’aujourd’hui est totalement dépendante des ordinateurs et des réseaux électroniques. Et ces réseaux, grâce auxquels des millions de personnes peuvent accéder à toutes les informations et à tous les débats, constituent un danger mortel pour des pouvoirs autoritaires et des dictatures. La volonté des Chinois, comme du gouvernement iranien, de censurer tous les moyens de communication pour empêcher leurs opposants de communiquer avec l’extérieur est à cet égard significative.
Le parti communiste chinois a parfaitement compris ce défi. Il a placé la cyber guerre au cœur de la stratégie de la nouvelle doctrine militaire chinoise. Pékin entend ainsi se doter de la capacité d’attaquer les satellites de communication et de surveillance américains et de développer des instruments informatiques pour pénétrer les ordinateurs et les centres informatiques occidentaux et pour contrôler la toile en Chine afin d’empêcher toute opposition de s’organiser. Dans le même temps, un vaste intranet chinois avec des accès filtrés au monde s’organise. Google, YouTube et Facebook sont bloqués ou sévèrement filtrés en Chine pendant que se développent des équivalents chinois plus «sensibles» aux pressions du pouvoir. Une sorte de «grande muraille électronique» érigée avec filtrages par mots-clé, blocages d'URL et une cyber-police de dizaines de milliers de membres chargée d'«harmoniser» les sites trop peu orthodoxes. D’ores et déjà, Baidu, le moteur de recherche chinois crée il y a dix ans et qui distance Google sur le marché chinois, a prédit que Google allait disparaître du paysage local...
C’est aussi le risque si le géant du net, dont on sait seulement que les revenus en Chine ne dépassent pas 2,5% de son chiffre d’affaires global, mettait sa menace à exécution. Une situation qui laisserait les internautes chinois face à leurs censeurs.


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