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Bleu Panicum. Une culture fourragère prometteuse
Publié dans L'observateur du Maroc le 26 - 04 - 2024

Le constat est alarmant : la salinité croissante pose un problème majeur dans plusieurs régions, en particulier dans le sud du pays. Près de 90% des eaux souterraines de cette zone affichent des niveaux de salinité dépassant souvent les 3 voire les 4 grammes par litre. Ces chiffres inquiétants montrent également que 30 à 50% des eaux souterraines au Maroc sont touchées par ce phénomène, affectant jusqu'à un million d'hectares de terres agricoles.
L'adoption de cultures fourragères alternatives comme le bleu panicum est vivement recommandée,
Abdelaziz Hirich, enseignant-chercheur à l'UM6P, déplore cette situation, soulignant que cette salinité entrave considérablement la productivité agricole, en particulier celle des cultures fourragères. Il souligne l'importance cruciale de trouver des solutions innovantes et des cultures alternatives adaptées pour répondre à la forte demande en fourrage. Cette nécessité est d'autant plus pressante dans un contexte où les impacts des changements climatiques se font sentir de manière croissante, et où le problème de la salinité persiste.
Une culture fourragère alternative
Pour relever ce défi, l'adoption de cultures fourragères alternatives comme le bleu panicum est vivement recommandée, comme le confirme une étude menée par la fondation Phosboucraâ. Introduite au Maroc en 2016 dans le cadre d'un programme de recherche financé par ladite fondation, cette espèce a démontré son efficacité. Selon Abdelaziz Hirich, les résultats de l'étude indiquent qu'il s'agit d'une culture prometteuse, résiliente face à la salinité et à la sécheresse, durable, offrant une qualité fourragère élevée et un rendement potentiel pouvant atteindre 150 tonnes par hectare de biomasse fraîche.
Plus de productivité
Cette culture a été initialement testée à Foum Eloued pour évaluer sa performance. Dès 2020, elle a été étendue à d'autres régions des provinces du Sud, notamment Biranzarane et Tarfaya. Deux ans plus tard, elle a été introduite dans les régions du Nord, notamment à Doukkala et Rehamna. Aujourd'hui, des travaux de recherche sont en cours dans différentes régions du Maroc, tant au sud qu'au nord.
« Les tests physiologiques nous ont permis de comprendre le mécanisme par lequel le bleu panicum résiste à la salinité. La plante exclut et stocke le sodium, élément toxique pour elle, dans son système racinaire, tout en accumulant davantage de potassium dans ses parties aériennes », explique Abdelaziz Hirich. Il note également que « les essais zootechniques ont démontré que le remplacement des rations et des aliments traditionnels par le bleu panicum a permis de stabiliser la production laitière, de réduire le coût alimentaire et, par conséquent, d'augmenter les revenus des agriculteurs ».


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