Anthropic propulse Claude vers une IA autonome capable de piloter votre ordinateur    DarkSword: la fuite d'un outil de piratage d'iPhone expose des millions d'appareils dans le monde    Cybersécurité: la Défense nationale ouvre un concours pour recruter 10 ingénieurs au Maroc    Co-développement industriel : un forum économique franco-marocain le 31 mars à Nancy    Edito. Résilience pour qui ?    Détroit d'Ormuz : plus de 80 pétroliers bloqués, selon Greenpeace    Menaces terroristes : le Maroc, parmi les pays les plus sûrs au monde    BCIJ. Démantèlement d'une cellule terroriste affiliée à l'organisation terroriste « Daech » opérant entre le Maroc et l'Espagne    Le nouveau maillot de l'équipe nationale marocaine dévoilé (PHOTO)    Finale CAN : le TAS dément, aucun recours du Sénégal enregistré    Tournoi UNAF : tenants du titre de la CAN, les Lionceaux U17 entrent en scène ce mardi    Samir El Mourabet réagit à sa première avec les Lions de l'Atlas    Lobbying à Washington : le Maroc creuse l'écart avec l'Algérie    Etats-Unis : un nouveau sénateur rallie l'initiative de Ted Cruz contre le Polisario    Patrice Carteron nouvel entraîneur du Wydad Casablanca    Marruecos: Los productores de frutos rojos luchan por recuperarse de las inclemencias del tiempo    « La Dolce Vita à Mogador » : L'excellence du cinéma transalpin rayonne à Essaouira    France : Nawal Rezagui, cheffe franco-marocaine étoilée au guide Michelin    InwiDAYS 2026 : Le grand rendez-vous de l'innovation et des startups marocaines explore le potentiel de l'IA    E-MUN Africa signe son retour à l'ESSEC Afrique pour une deuxième édition    Terrorisme : À Washington, le polisario dans le viseur    Droits de l'Homme: ONU : le Maroc exprime sa préoccupation face à la situation en Palestine    Le Royaume-Uni et le Maroc engagés en faveur de l'élargissement de leur coopération    Achraf Hakimi envisagerait un retour au Real Madrid    CAN 2025 : le Sénégal saisit le TAS après la perte de son titre    Maroc U23 : double duel amical face à la Côte d'Ivoire    RDC. Le recensement au cœur des priorités nationales    Interpellation d'un Britannique à Marrakech: La DGSN dément les allégations du Daily Mail    Marrakech : Arrestation pour extorsion après la diffusion d'une vidéo virale    Assemblée nationale : le Togo accélère ses réformes économiques et sociales    Mort d'un Marocain dans une attaque de missile iranien à Bahreïn    « Le Procès de la Conscience » : quand le théâtre invite les citoyens à juger leur propre époque    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    Météo : Averses orageuses et fortes rafales de vent prévues ce mardi    Santé : Tehraoui appelle à renforcer les efforts de dépistage de la tuberculose    CV, c'est vous ! Ep-90. Fadoua Jemoumkh, la social media manager qui rêve grand    Emploi, l'angle mort de la croissance au Maroc selon le FMI    L'Indonésie introduit un jour de télétravail pour réduire la facture énergétique    Chtouka Aït Baha : l'Agence des eaux et forêts dément une prétendue maladie de l'arganier    Espagne : près des deux tiers des musulmans sont d'origine marocaine    Terres soulaliyate : le gouvernement précise les règles de dépôt des contrats de gestion    Maroc : Chanaz Essakli prend la tête de l'Imprimerie officielle    Wydad Casablanca parts ways with coach Mohamed Amine Benhachem    Santé : Agadir lance la reconstruction du Centre hospitalier régional Hassan II    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    Festival Jidar : Première édition d'un grand prix qui met les fresques à l'honneur    Trump annonce des échanges "constructifs" avec l'Iran et suspend des frappes    Dans le Fujian : Neuf moments marquants d'un voyage au cœur du Sud-Est chinois    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« Hébron vit un véritable apartheid »
Publié dans Le Soir Echos le 12 - 12 - 2011

Militant pour la paix installé à Hébron, Ahmad Jaradat décrit le dur quotidien des habitants de cette ville divisée en deux zones. Bien que le processus de paix soit gelé, il évoque dans cet entretien l'espoir d'une évolution de la situation, suite au Printemps arabe et à la sensibilisation d'une partie de l'opinion publique.
Blouson usé sur les épaules et cigarette à la main, Ahmad Jaradat (photo) nous raconte la vie des habitants de Hébron, ville symbole du conflit israélo-palestinien. Le sens de l'engagement est perceptible dans sa voix et dans ses yeux qui ne quittent pas leur interlocuteur. Comme Michel Warchawski, Ahmad Jaradat fait partie de ces inlassables militants pour la paix de l'AIC (Alternative Information Center), un organe d'information israélo-palestinien qui promeut les droits de l'Homme, animé par l'espoir d'une paix juste. Entretien.
Vous habitez à Hébron, en Cisjordanie. À l'instar de Jérusalem, il s'agit d'une ville qui cristallise le conflit israélo-palestinien…
Oui, sauf qu'à Hébron, la division de la ville est physique. Pour rappel, Hébron est la plus grande ville de la Cisjordanie, avec 700 000 personnes qui vivent dans le district et 150 000 dans la ville même. Hébron est la seule ville au monde divisée en deux zones, conformément au Protocole de Hébron, qui fait parti des Accords d'Oslo. Hébron 1 (H1) est sous l'autorité palestinienne, tandis que Hébron 2 (H2) est sous autorité israélienne. À l'instar de Jérusalem-Est, qui est une zone occupée, la particularité d'Hébron réside dans l'existence de colonies dans la partie palestinienne.
Dans ce contexte, à quoi ressemble le quotidien des palestiniens installés dans cette ville ?
L'existence des 5 colonies crée de nombreux problèmes, difficultés et restrictions pour les Palestiniens. Selon les données israéliennes, ils sont environ 500 colons installés un peu partout dans la ville. Ces colons commettent de nombreuses violations des droits de l'Homme envers les Palestiniens. Des règles spéciales ont été instaurées pour les Juifs. Ainsi, certains Palestiniens ne peuvent pas rendre visite à leurs proches qui ne vivent pourtant qu'à quelques mètres, en raison des zones imposées et des checkpoints militaires. Autre exemple, le vieux centre ville, où se trouvent la mosquée et la zone industrielle, a été fortement impacté par la politique israélienne. Ils ont donné l'ordre en 1999 de fermer les magasins. En 2002, 1200 magasins étaient fermés. Avec les 2.000 soldats stationnés dans cette zone, le vieux centre ville a des airs de base militaire. À Hébron, nous vivons une véritable situation d'apartheid. Avec des règles spéciales pour les Juifs, la division de la ville, et des violations des droits, Hébron est un bon exemple de la situation en Cisjordanie.
L'autorité palestinienne a déposé devant les Nations Unies une demande de reconnaissance d'un Etat de Palestine qui n'a pas abouti. Comment cette initiative a-t-elle été perçue par les Palestiniens ?
La demande de reconnaissance à l'ONU représentait pour nous une manière de faire avancer la question palestinienne. Comme l'a montré la reconnaissance à l'UNESCO, la plupart des pays reconnaissent la Palestine. Le problème, c'est que le processus de paix est gelé. D'importantes questions restent en suspens : quelle est la légitimité de la OLP (Organisation de Libération de la Palestine) ? Que faire des droits des réfugiés palestiniens ? Quelles sont les frontières de l'Etat ? Et si nous avons un jour un Etat, les Palestiniens sous occupation auront-ils encore le droit de se battre ? Ou devrons-ils cesser toute lutte ? Le discours de Mahmoud Abbas n'a pas évoqué cette question de la résistance des Palestiniens à l'occupation. Or, c'est normal que le peuple palestinien résiste à l'occupation.
Suite aux mouvements de contestation, la région connaît actuellement d'importants bouleversements. Quel sera l'impact du Printemps arabe sur la question palestinienne ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas de processus de paix actuellement. Mahmoud Abbas et Saeb Erakat l'ont confirmé. Aujourd'hui, nous avons quatre espoirs. Le premier réside dans notre peuple. Les Palestiniens sont un peuple qui connait le chemin de la liberté. Deuxièmement, ce qui se passe dans la région va impacter la question palestinienne. La situation en Egypte aura une influence sur Gaza par exemple. Nous avons également un grand espoir concernant la communauté internationale. L'opinion publique est de plus en plus sensible à l'occupation. La question palestinienne doit devenir une question de principe, de justice. Et enfin, nous espérons que certains groupes d'Israéliens changent de point de vue.
Comment voyez-vous la résolution du conflit israélo-palestinien ?
Selon moi, il est impossible d'avoir deux Etats. Le pays est trop petit et les colonies sont trop ancrées pour que cela soit possible. De plus, si deux Etats sont formés, la lutte continuerait car la base de chaque Etat serait une base religieuse. La seule solution est d'arrêter l'esprit de la colonisation en cours, de réaffirmer les droits des Palestiniens et surtout, de construire une paix réelle entre les deux peuples. Tout cela dans un contexte démocratique.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.