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Environnement, le bon  parti des entreprises
Publié dans Le Soir Echos le 13 - 10 - 2010

Protection de l'environnement, responsabilité sociale et développement durable, le Maroc ne lésine plus sur les bonnes intentions. Et si l'environnement était la nouvelle stratégie des entreprises marocaines ?
Depuis la Conférence de Rio en 1993, le Maroc a renforcé son engagement en matière de développement durable. En 2002, la participation du pays au sommet de Johannesbourg marque sa volonté d'intégrer les normes environnementales dans ses objectifs de croissance. La même année, la ratification du Protocole de Kyoto a engagé le Maroc à analyser ses investissements selon leur impact sur le milieu naturel. Enfin, en janvier 2010, la Charte marocaine de l'environnement et du développement durable publiée par Mohammed VI signe l'engagement du Royaume dans son processus de développement durable au niveau international. Dans ce nouveau contexte, les entreprises marocaines doivent tirer leur épingle du jeu. Pour elles, le développement durable passe avant tout par l'acquisition de la notion de responsabilité sociale, qui répond à la fois à une exigence sociale -amélioration de la fonction des ressources humaines et des responsabilités fiscales- et environnementale. Aujourd'hui, trois instruments internationaux engagent la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) : le Pacte national des Nations Unies, signé le 21 avril 2006 à Casablanca, la Déclaration des principes tripartites sur les entreprises internationales et la politique sociale de l'OIT, et enfin les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales. Tous trois ont pour objectif d'encourager les entreprises marocaines à la contribution au développement durable.
Retour sur investissement
et rentabilité
Pour les entreprises, investir dans le développement durable est un enjeu de taille. « Dans le secteur des énergies, le développement durable engage trois types d'investissement : un investissement immatériel -à savoir la compréhension des problématiques liées à l'environnement et la sensibilisation auprès des consommateurs et des acteurs-, la mise en place d'innovations techniques appropriées à moindre coût, et un investissement dans le process industriel qui optimise la consommation des ressources. En fonction de l'un ou de l'autre, le retour sur investissement varie de quelques mois à quelques années », explique Mohamed Berdai, Directeur de la coopération internationale au Centre de développement des énergies renouvelables (CDER). Un déploiement progressif donc, et une bonne stratégie allant de la rationalisation des matières premières au principe d'auto-production des besoins en énergie. En effet, la publication en mars dernier d'une nouvelle loi marocaine offre désormais la possibilité aux industriels de produire leur propre énergie à travers des ressources renouvelables. C'est ainsi que le groupe Lafarge, grâce à un parc éolien de 32 MW, a pu mettre en œuvre un mécanisme de ressources énergétiques propre pour améliorer sa rentabilité. Selon l'ADEREE, les entreprises en énergie présentent un potentiel d'économie en énergie de 20%. « Ceci leur permettra d'être plus compétitives et de se conformer à la politique énergétique nationale qui s'est donné pour objectif une économie de 12% à l'horizon 2020 », explique M. Berdai.
A plus grande échelle, le développement durable est devenu l'une des conditions sine qua non pour intégrer et assurer son maintien sur le marché international. Une aubaine pour les entreprises marocaines qui peuvent ainsi développer une image de marque à la hauteur des recommandations internationales. Ainsi et comme l'explique le directeur du CDER : « Compte tenu de ses ressources et de sa situation géostratégique, le Maroc est une vraie opportunité d'investissement pour les acteurs nationaux et étrangers. Dans le même temps, un industriel marocain qui va exporter en Europe va être obligé de se conformer à la réglementation internationale en matière d'environnement. Le Maroc a affiché une politique très ambitieuse en matière de préservation de l'environnement et de développement durable qui est un vrai tremplin pour la valorisation des ressources ». Le respect d'une politique de développement durable permet alors aux entreprises d'être plus compétitives sur les différents champs d'évaluation internationaux. D'une part, le niveau de responsabilité sociale, évalué par des agences de notation en bourse, est un véritable gage de confiance sur les marchés financiers. D'autre part, l'accès à la certification ISO 14000, récente au Maroc, est garant d'un avantage concurrentiel entre les entreprises.
Synergence-Gaia, une fusion stratégique
A l'occasion du salon Pollutec -du 6 au 9 octobre à Casablanca- Synergence et Gaia, les agences française et marocaine de conseil en développement durable auprès des entreprises, ont annoncé leur fusion. Quelles sont les opportunités et perspectives d'avenir pour ces deux sociétés ? Réponses de leurs représentants.
Moundir Zniber, Président de Gaia
Quel intérêt a aujourd'hui Gaia à fusionner avec Synergence ?
L'intérêt pour Gaia est d'avoir une assise au niveau international ainsi que de profiter des outils de 25 ans d'expérience. Synergence a déjà réussi de très gros paris en termes de mutation vers le développement durable. Notre rapprochement va permettre d'offrir au Maroc des outils concrets pour permettre aux entreprises et aux organismes publics de pouvoir adopter réellement une stratégie et une vision du développement durable.
Cela signe-t-il de nouvelles opportunités, de nouveaux projets ?
Nous avons déjà pris contact avec la plupart des grands acteurs marocains et je pense que le rapprochement va nous donner plus d'assise et plus de réconfort face aux clients car la plupart des gros établissements publics ou privés aujourd'hui sont un peu perdus. Ils doivent se mettre dedans mais ils ne savent pas comment ni par quel biais. Tout ceci est très confus chez tout le monde. Nous, ça nous permet d'être un acteur fort de transformation pour ces organismes-là.
Votre objectif est-il de vous élargir sur la scène internationale ?
Pour l'instant, nous nous consacrons et nous concentrons à 100% sur le Maroc, où il y a un chantier énorme en matière de développement durable.
Justement, en quoi l'enjeu écologique du Maroc est-il différent de celui du marché européen ? Quelles seront vos priorités d'action en matière de développement durable ?
Il est plus simple pour un pays comme le Maroc d'amorcer sa mutation vers un développement durable car son niveau de développement est plus faible et qu'il est plus simple de changer ses méthodes de production et de gestion. Notre gros travail est d'adapter les outils du développement durable au contexte économique, social et environnemental marocain car on ne peut pas calquer noir sur blanc le Maroc sur un modèle européen. Notre but est d'avoir un outillage complet au service des grands organismes. Nous les incitons à s'aligner sur les normes internationales car le Maroc est en train de se vendre énormément dans tous les secteurs. Se mettre aujourd'hui au développement durable coûtera beaucoup moins cher aux entreprises que si elles sont poussées à le faire à la dernière minute.
Quelles entreprises sont ciblées en particulier ?
Nous ciblons les acteurs économiques ainsi que les acteurs publics et les collectivités locales. Nous travaillons avec les groupes Chaabi et Al Omrane, et nous sommes actuellement en discussion avec l'OCP.
Bruno Rebelle, Directeur de Synergence
Pourquoi se tourner aujourd'hui vers le Maroc ?
Il y a de réelles opportunités sur le marché marocain dans le domaine de l'accompagnement de la stratégie de développement durable. D'une part, les entreprises sont connectées au marché mondial et doivent donc prendre en compte les attentes de leurs clients qui sont de plus en plus exigeants sur les enjeux environnementaux et sociaux. D'autre part, la publication de la Charte de l'environnement et du développement durable par le Roi Mohammed VI va accélérer le mouvement de transformation des acteurs économiques et institutionnels.
Quel(s) intérêt(s) a Synergence à fusionner avec Gaia ?
Nous avons les compétences pour aborder les enjeux de développement durable. Mais ces enjeux ne peuvent être sérieusement traités qu'en ayant une bonne compréhension du contexte local, ce que Gaia est en mesure de nous apporter.
Justement, comment adapter les outils du développement durable à la culture marocaine ?
Il faut bien comprendre les ressorts sur lesquels on peut travailler. Ces leviers varieront en fonction des réalités géographiques, économiques et sociales. D'autres leviers pourront à l'inverse être aisément repris des expériences européennes. Par exemple, le développement d'une agriculture moins impactante pour l'environnement peut s'inspirer des méthodes d‘agriculture biologique en plein essor en France.
Comment cela va-t-il se mettre en place ?
Nous avons une équipe installée à Casablanca et pilotée par Moundir Zniber. Nous avons également recruté un chef de projet français, Nicolas Deburge. Notre équipe française sera aussi au service de notre filiale au Maroc.


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