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Rio+20... étape ou ultimatum ?
Publié dans Les ECO le 24 - 05 - 2012

C'est dans moins d'un mois que le monde devrait se réunir pour faire le point sur l'état de la planète. En perspective de ce Rio+20 - qui devrait se tenir à Rio De Janeiro au Brésil - le Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE) a livré ses dernières lectures sur ce sujet, portant sur plusieurs régions du monde. Le Maghreb est évidemment l'une d'entre elles, et le Maroc en l'occurrence serait encore bien loin d'être dans la meilleure santé environnementale. C'est en tout cas, une des conclusions concernant l'état de l'environnement au niveau de ce pays, étudié sur la base de plusieurs critères. Le premier est lié à l'atmosphère et au degré de pollution de l'air, dans les espaces urbains notamment. Le rapport du PNUE indique, croquis à l'appui, que le royaume abrite les villes les plus polluées de la région et même du continent. En mesurant les concentrations moyennes de petites particules (PM10) dans l'air urbain, les experts du PNUE indiquent que les villes marocaines sont au dessus de la barre maximum des 25 microgrammes par mètre cube d'air, le plus haut plafond d'impureté atmosphérique relevé sur le continent.
L'Egypte talonnerait le Maroc dans ce record peu reluisant, ainsi que quelques autres économies de la Corne de l'Afrique (partie australe du continent). «L'atmosphère fournit des ressources vitales mais souvent mal reconnues pour la survie, ce qui entraîne des répercussions sur les opportunités de développement, les moyens de subsistance et le bien-être des populations», commente-ton dans le rapport du PNUE. «La variabilité et les changements climatiques, ainsi que la pollution croissante, sont les principaux défis que pose l'atmosphère au continent», poursuit-on dans le même document. Cette variabilité, de toute façon, a été largement ressenti sur l'agriculture marocaine, notamment tout au long du déroulement de la présente campagne agricole. De façon plus globale, bien que l'Afrique soit un pollueur relativement minime à l'échelle mondiale, l'incidence croissante de la pollution sur le continent a créé de nouvelles contraintes socioéconomiques et d'intégrité environnementale. La forte utilisation des énergies fossiles et combustibles, est désignée comme étant l'un des principaux facteurs de cette situation.
Couler de source
Le royaume semble par contre légèrement mieux loti en termes de ressources hydriques. Sur cet aspect, la situation du continent est relativement alarmante en fonction des zones géographiques. Pour le Maroc, malgré la baisse exceptionnelle de la pluviométrie cette année, les prévisions demeurent favorables aux précipitations. Le pays se trouve dans une fourchette de 400 mm/2 000mm de précipitations, pour les années les plus arrosées. Ces chiffres concernent cependant surtout les régions au centre-ouest et au nord du royaume. «Les opportunités de développement sont fondées principalement sur l'accès aux ressources en eau et sur leur qualité. Il est fondamental d'améliorer ces deux facteurs pour favoriser la croissance économique», recommande- t-on auprès du PNUE. L'organisme onusien conclut par ailleurs, que la disponibilité est affectée par les phénomènes naturels, comme les précipitations et la variabilité climatique, ainsi que par des facteurs humains, notamment la croissance démographique, la gestion inéquitable de l'eau, son utilisation inefficace et la pollution. À titre indicatif, selon le PNUE, l'Afrique compte plus de 50 bassins fluviaux et lacustres internationaux, compliquant la coopération et la gestion collaborative. Autre contrainte environnementale relevée par le PNUE, elle est liée à la gestion des produits chimiques. Une problématique qui se pose plus particulièrement au Maroc, où l'Etat a vite fait de réglementer le transport de certains types de déchets dangereux, provenants généralement de l'industrie chimique. Bien que le continent ne soit pas actuellement, ni un grand consommateur ni un grand producteur de produits chimiques à l'échelle mondiale, «le degré de danger qu'elle affronte atteint des mesures disproportionnées par rapport à des régions disposant de ressources suffisantes pour gérer et surveiller efficacement l'utilisation des produits chimiques», relève-t-on dans le même document. Avec la croissance économique, le continent est susceptible de prendre une place plus importante en tant que producteur et consommateur de produits chimiques, exacerbant le problème. Le PNUE semble s'attendre au pire...
Rio+20... étape ou ultimatum ?
Les détails du projet de «Livre blanc» ont été exposés il y a un peu plus de deux semaines devant le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, en marge d'un Conseil de gouvernement. Ce document, dont l'élaboration est actuellement en cours auprès du ministère de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, devrait résumer les expériences marocaines en matière de développement durable. Le résultat devrait être présenté à l'occasion de la conférence Rio+20. En marge du 5e sommet sur les énergies renouvelables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENAREC 5), tenu à Marrakech la semaine dernière, Fouad Douiri, le ministre de l'Energie n'a pas manqué de rappeler aux participants, quelques unes de ses expériences. Elles sont notamment liées à la mise en oeuvre de la nouvelle stratégie énergétique du royaume, qui offre une part belle aux énergies renouvelables. «80% de nos besoins en énergie sont importés et il est crucial de diminuer cette dépendance», déclarait-il. Le Maroc est en effet fort convaincu que le développement du recours aux sources d'énergies renouvelables, devrait limiter, voir supprimer à long terme, sa dépendance aux importations de ressources fossiles comme le pétrole.


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