Le Royaume du Maroc et la République du Suriname ont réaffirmé, jeudi, leur ferme engagement à renforcer davantage la coopération bilatérale pour le bénéfice des deux gouvernements et de leurs peuples.    Rétro-Verso : Quand Feu Mohammed V décerna à Lumumba le Grand Cordon de l'Ordre du Trône    Collectivités territoriales au Maroc : 28 000 fonctionnaires sur le départ, quel avenir pour les services publics ?    China Overseas passe en revue l'avancement des chantiers chinois au Maroc    Maroc-Ethiopie : Tenue de la première réunion de la commission militaire mixte    Région MENA : La Banque mondiale projette une croissance de 3,6 % en 2026    Gasoil et Essence : repli du chiffre d'affaires au 3ème trimestre 2025    Budget 2026 : tous les indicateurs au vert    Croissance économique : l'Afrique en légère accélération selon l'ONU    Bpifrance met en exergue les opportunités d'investissement au Maroc    Cours des devises du jeudi 15 janvier 2026    Khartoum : retour officiel du gouvernement soudanais    Regragui : « Heureux pour les joueurs, le public mérite cette finale »    Tour préliminaire CAN 2027 : douze équipes pour six places    Edito. CAN 2025 : polémique et arbitrage    Coupe du Roi (Espagne) : le Real éliminé de haut pour la première d'Arbeloa    Finale CAN 2025 : le Maroc au complet, le Sénégal amoindri    CAN 2025 : Le Maroc au bout de la nuit    Bois de chauffe : Les prix flambent et les pénuries s'installent    Le patient-partenaire : Un choix judicieux dans la nouvelle réforme de la santé    Plus de 270 millions d'enfants et de jeunes dans le monde n'ont pas accès à l'éducation, selon l'ONU    Morocco activates Barak MX air defense system in strategic locations    Le Maroc et le Pakistan signent un mémorandum d'entente dans le domaine de la Défense    Les Lions de l'Atlas en finale de la Coupe d'Afrique après un match épique contre le Nigeria    CAN 2025 : Samuel Eto'o lourdement sanctionné par la CAF après Cameroun–Maroc    Union africaine : le Polisario candidat au Conseil de paix et de sécurité    Maroc : Retour sur l'histoire agitée du RNI    Etats-Unis : le Maroc concerné par la suspension du traitement des demandes de visas d'immigration    AFCON 2025: Morocco reach the final    Casablanca: 13 zonas de aficionados para apoyar a los Leones en la Copa Africana de Naciones 2025    Mohammed VI Academy triumphs over Stade Rennais in thrilling 5-3 victory    Trump : "Les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale"    Le DG de Nestlé présente ses excuses après le rappel massif de laits infantiles    Banque mondiale : les réformes réglementaires au Maroc dopent la croissance et l'emploi    2025 a été l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées, confirme l'OMM    Tata: Examen de l'état d'avancement d'une série de projets de développement    Madonna succombe encore au charme du Maroc : « Je n'arrive pas à te quitter »    Alerte météo. Averses orageuses et chutes de neige mercredi dans plusieurs provinces du Royaume    Nouvel An amazigh, un héritage vivant au cœur de l'identité marocaine    Id Yennayer : L'an II du "Bonané" des Marocains !    Agadir célèbre Yennayer en grand    Maroc-Italie. Clôture de l'exposition « Arte dal Vulcano » à Tanger    Quand le caftan marocain rencontre l'imaginaire de Dalí    Catastrophes naturelles : les pertes mondiales évaluées à 224 MM USD en 2025    Donald Trump impose des droits de douane de 25% à tout pays commerçant avec l'Iran    Gasoil et Essence : 12,73 MMDH d'importations au T3-2025    La célébration du nouvel An Amazigh consacre la singularité du modèle marocain de gestion de sa diversité    Rachat de Warner Bros : Paramount engage un bras de fer judiciaire contre le conseil de WBD    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Employabilité des jeunes, rien ne va plus !
Publié dans Les ECO le 15 - 05 - 2012

Encore une enquête qui vient s'ajouter à la longue liste des études menées dans le secteur de l'emploi, particulièrement celles relatives aux jeunes. La dernière en date que vient de dévoiler la Banque mondiale, hier à Rabat, converge dans le même sens que celles publiées jusque-là et qui tendent à reconnaître que la question est devenue un défi majeur pour le gouvernement, qui se trouve interpellé au plus haut niveau, tant par les spécialistes que les jeunes. Cela tombe, opportunément, fort bien puisque la question de l'emploi et du chômage des jeunes a été au cœur du débat parlementaire tenu hier sous l'hémicycle, à l'occasion de l'exposé du chef de gouvernement devant les parlementaires. Abdelillah Benkirane a dévoilé les grandes lignes de la politique qu'entend mener le gouvernement, dont il assure la direction. Pas de grande annonce, jusque-là, juste la création d'une commission interministérielle présidée par Abdallah Baha, le ministre d'Etat et qui regroupe plusieurs départements dont celui de l'Emploi afin de donner un sérieux coup d'accélérateur à la prise en charge effective de ce phénomène, qui s'affirme avec beaucoup plus d'ampleur, comme en témoignent les récentes statistiques publiées par le HCP. Une véritable bombe à retardement dont les principaux acteurs, gouvernement comme partenaires, sont véritablement conscients mais peinent à trouver la solution miracle. Benkirane réussira-t-il mieux que les autres ? À défaut de pouvoir parier sur l'avenir, la déclinaison des grands axes de la nouvelle politique gouvernementale sera déterminante pour entrevoir l'issue de sa mise en œuvre, puisque comme l'illustre l'enquête de la Banque mondiale, les politiques publiques en matière d'emploi structurent, dans l'ensemble, les leviers de sortie de ce bourbier. C'est d'ailleurs là le véritable intérêt de cette enquête qui se base sur celle menée en 2010 par le ministère de la Jeunesse, en plus d'études et de discussions sur le terrain menées par les équipes de l'institution internationale.
Les sources du mal
S'il s'agit de tenir compte de ce que pensent les jeunes, l'étude relève qu'en général leurs opinions par rapport aux politiques d'emploi ne diffèrent pas du consensus auquel sont parvenus la plupart des spécialistes dans le domaine. «Le gouvernement a un rôle important à jouer en termes de création d‘emplois, même s‘il ne s‘agit pas nécessairement d‘emplois dans le secteur public», indiquent les jeunes qui ont été sondés pour le besoin du rapport. De nombreux jeunes estiment, en effet, que «le gouvernement doit stimuler plus d'investissements privés et améliorer la qualité des emplois du secteur privé en protégeant les droits fondamentaux des travailleurs». Un avis qui sonne comme une interpellation, en bonne et due forme, des autorités à mieux agir sur le levier de l'investissement pour assurer une réelle prise en compte des nombreux défis dans ce domaine. La question de l'employabilité des jeunes appelle, en effet, à une approche plus globale du phénomène, qui nécessite un réajustement à tous les niveaux. Selon l'enquête, la plupart des jeunes considèrent que la source du mal se situe en amont de l'accès au marché du travail. Il s'agit d'abord des formations dispensées qui ne répondent pas au besoin de l'économie moderne en dépit des mesures adoptées ces dernières années pour mettre l'accent sur les formations professionnelles ou qualifiantes. Ce qui peut aisément s'illustrer à travers les chiffres officiels des ministères de l'Emploi, de la formation professionnelle ou même de l'Enseignement supérieur. Cependant, le diplôme est-il suffisant pour prétendre accéder à un emploi décent ? Apparemment non, comme en témoigne la réponse d'une jeune femme de Casablanca, titulaire d'un diplôme en menuiserie, «les diplômes universitaires ne suffisent pas. Ce qui est requis, c‘est une spécialisation et de l'expérience. Il est également nécessaire qu'on vous recommande ; sinon, il est impossible de trouver un emploi». Un témoignage qui met en relief un autre aspect de la difficulté quotidienne que vivent, aujourd'hui, les jeunes Marocains pour obtenir un travail, celui de l'accès à l'information et à l'orientation sur le marché de l'emploi. Selon les résultats de l'enquête, «dans près de la moitié des débats lors des groupes de discussion, les jeunes ont déploré le manque d'informations publiques et d'orientation générale pour faire des choix déterminants en matière de formation et de carrière». Résultat, pour la plupart des jeunes, et surtout ceux provenant des classes moyennes, «les familles restent les principales sources de conseils de carrière». Il va de soi, dans ce cadre, que la qualité même des conseils dépende fortement du milieu familial dont sont issus les jeunes. L'autre frein de blocage constitue la recherche du premier emploi. Le patronat a certes initié quelques pistes notamment pour les stages dans le cadre de sa vision 2020, mais à l'évidence, ce qu'attendent les jeunes est plus simple que ça. Pour beaucoup d'entre eux, en particulier ceux qui se trouvent en dehors des grands centres urbains, les mécanismes d'encadrement restent largement inadaptés. Il est vrai que jusque-là, c'est l'Agence nationale pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) qui essaie tant bien que mal d'assurer cette mission, mais selon les jeunes, son impact reste très limité. L'enquête sur les jeunes a ainsi montré qu'une grande majorité des jeunes chômeurs interrogés ne savait pas que l'ANAPEC existait ou ne faisait pas appel à ses services pour trouver un emploi.
Opportunités régionales
Au delà donc des problèmes liés à la formation, à la recherche des stages, les jeunes ont d'autres soucis qu'il faudrait bien intégrer dans la déclinaison des politiques publiques à venir afin de s'assurer du maximum d'efficacité des mesures qui seront mises en œuvre. C'est en ce sens que sur la base des résultats de l'enquête, la Banque mondiale a préconisé toute une série de mesures allant dans le sens d'une approche globale du phénomène, mieux, une véritable coordination des différents programmes gouvernementaux pour assurer un meilleur impact des politiques publiques en matière d'emploi des jeunes. Les opportunités ne manquent d'ailleurs pas pour le Maroc, dont l'économie est en pleine restructuration. À ce niveau, l'étude de la Banque mondiale a mis en exergue un puissant levier qui pourrait constituer, en partie, une solution à ce fléau. Il s'agit de la mise en œuvre de l'administration régionale et locale. Celle-ci, pourrait en effet, permettre une prise en charge de la question à deux niveaux. D'abord, la création de nouveaux emplois mais également la coordination des politiques publiques au niveau local. «Les administrations locales pourraient assurer la coordination en assurant l'intégration au niveau local, en réduisant le chevauchement des mandats dans une même région et en améliorant les synergies entre les programmes locaux et nationaux» recommande la Banque mondiale. Une piste de réflexion pour la commission ad hoc de Baha, en attendant ses premières propositions. Ce qui est sûr, c'est que si aucune recette miracle n'existe, des solutions existent bel et bien.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.