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La sécurité hydrique en question
Publié dans Les ECO le 02 - 10 - 2019

À plus d'une année de la tenue de la 9e édition du Forum mondial de l'eau en mars 2021 à Dakar (Sénégal), le Maroc vient de reprendre le flambeau du Mexique pour la présidence du Réseau international des organismes de bassin (RIOB). La cérémonie de passation a eu lieu mercredi dernier en présence de Saâd Dine El Otmani, chef de gouvernement, lors de la 11e Assemblée générale mondiale de ce réseau qui co-organise le Sommet international sur la sécurité hydrique du 1er au 3 octobre à Marrakech. De ce fait, le royaume présidera le RIOB à travers le ministère de l'Equipement, du transport, de la logistique et de l'eau pour la période 2019-2022. Le sommet de Marrakech s'inscrit dans le processus des événements préparatoires du 9e Forum mondial de l'eau qui a mobilisé dans la ville ocre plus de 500 experts nationaux et internationaux des secteurs public et privé autour de la problématique de l'eau et de l'insécurité hydrique. Sur ce dernier point, il faut noter que 17 pays font actuellement face à un risque «extrêmement élevé» de manque d'eau, notamment le Qatar et le Liban. Ils sont suivis par l'Inde, l'Iran, la Jordanie, la Libye, le Koweït, l'Erythrée, les Emirats Arabes Unies, le Bahreïn, le Pakistan, Oman, l'Arabie saoudite, le Turkménistan, le Botswana et Saint-Marin. Cela représente 25% de la population mondiale.
Alerte du CESE : le Maroc est-il vraiment menacé ?
Qu'en est-il du Maroc ? Pour rappel, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait alerté, il y quelques jours, sur l'usage intensif de l'eau. Selon le Conseil, la situation est alarmante puisque les ressources en eau sont actuellement évaluées à moins de 650 m3/habitant/an contre 2.500 m3 en 1960, et devrait être en deçà de 500 m3 à l'horizon 2030. Cela étant, un pays est en situation de pénurie hydrique selon le CESE lorsque la disponibilité en eau est inférieure à 1.000 m3/habitant/an. De l'avis de Abdelkader Amara, ministre de l'Equipement, du transport, de la logistique et de l'eau, «la situation n'est pas alarmante. Preuve à l'appui, le Maroc mobilise 18.000 m3 d'eau». Et d'ajouter que «les problèmes rencontrés, notamment de rareté d'eau, sont survenus essentiellement durant l'été dans certains centres. Cependant, cette situation n'est pas imputée à l'insuffisance d'eau, mais au système de sa distribution».
Le Maroc dispose de 145 grands barrages
Par ailleurs, le ministère de l'Equipement compte lancer un programme dédié à l'approvisionnement. Il sera décliné pour la période 2019-2026. «Nous ambitionnons de connecter l'ensemble des douars et centres via un raccordement à partir des barrages, centre de dessalement d'eau ou à travers la nappe phréatique, ce qui permettra à la population d'être approvisionnée et ce, peu importe la situation pluviométrique». Aujourd'hui, le Maroc a une infrastructure hydrique constituée de 145 grands barrages avec une capacité de 18 milliards de m3 d'eau pluviale alors que 18 autres grands barrages sont en cours de réalisation d'une capacité additionnelle de 4 milliards de m3 d'eau pluviale à court terme. «Depuis des années, le Maroc a adopté une politique à long terme en matière de préservation d'eau. Actuellement, le raccordement individuel aux réseaux de distribution est fixé en milieu urbain à 94%. Dans le milieu rural, il est passé de 14% en 1994 à 97% en 2019», note Abdelkader Amara. Toutefois, la gestion de l'eau doit, selon le ministre, prendre en considération la dimension régionale, provinciale et locale pour dépasser la limite de l'approche centrale en ce qui concerne la gestion des ressources hydriques.
Le plan national de l'eau achevé avant fin 2019
Le Maroc est en train de finaliser le Plan national de l'eau qui déterminera les orientations nationales et les choix stratégiques à l'horizon 2050 en ce qui concerne la mobilisation et l'usage des ressources hydriques. «Nous veillerons à ce que ce plan soit finalisé avant la fin de cette année. Il sera la référence de la politique hydrique au Maroc et proposera des solutions telles que le recours aux sources non conventionnelles et la réutilisation des eaux usées». Pour rappel, près de 147 pays concentrent 90% de la population mondiale et partagent des bassins hydriques communs. Selon Sâad Dine El Otmani, «la problématique de l'eau est un défi qui dépasse les frontières, d'où la nécessité impérieuse de gérer cette ressource ainsi que les bassins hydrauliques de façon participative» prévient-il.


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