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Révoltez-vous
Publié dans Les ECO le 29 - 12 - 2011

À l'aube de cette nouvelle année 2012, et en jetant un regard sur l'état du monde, je suis rempli d'une grande tristesse. Quatre constats parmi bien d'autres me révoltent. Le premier est la persistance de la faim, de la misère et de la pauvreté dans le monde. Le second est la manque de libertés et de démocratie dans de nombreux pays. Le troisième est l'indifférence vis-à-vis du changement climatique, qui risque d'emporter la planète à long terme. Le dernier enfin est l'injustice faite aux Palestiniens quant à la non-reconnaissance de leur droit à disposer d'un Etat. Pour ce qui est de la faim, il faut simplement rappeler que 840 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. La malnutrition touche 25% des enfants dans les pays en développement, et entraîne le décès de 150 millions d'enfants de moins de 5 ans. Pour ce qui est de la pauvreté, 2,6 milliards de personnes (soit 37% de la population mondiale) vit avec moins de 2$ par jour. D'après une étude du journal britannique «L'Economist», 55 pays en 2010 souffraient encore de dictature ou de régimes autoritaires. Cette étude, qui porte sur 167 pays se base sur «un indice de démocratie» reposant sur cinq critères : le processus électoral et le pluralisme politique, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et la culture politique. D'après cette étude, il n'y aurait que 26 démocraties parfaites, 53 démocraties imparfaites, et 33 régimes hybrides, outre les 55 régimes dictatoriaux et autoritaires. En queue de liste figure à juste titre la Corée du Nord, dont la mort récente du dictateur a occasionné une réaction hallucinante d'un peuple asservi depuis la naissance. Dans le classement de l'Economist de 2010, la quasi-totalité des pays arabes figurait dans la catégorie des régimes autoritaires. Heureusement en 2011, une véritable révolte a fait chuter quatre dictateurs et a fait émerger un espoir de liberté et de démocratie dans le monde arabe. Il y a encore un long chemin à parcourir pour que l'ensemble des peuples du monde puisse bénéficier réellement de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, adoptée cependant le 10 décembre 1948. Le changement climatique menace sérieusement notre planète. Les scientifiques ont prouvé qu'il était dû principalement à l'émanation de gaz à effet de serre, produite par l'activité de l'homme. Pourtant, les responsables mondiaux refusent de prendre les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète.
Les Conférences internationales se suivent: Rio, Copenhague, Durban, sans parvenir à des engagements concrets. Les grands pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine freinent de toutes leurs forces des initiatives de l'Europe qui vont dans le bon sens. Quant aux pays en développement, qui subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, ils ne parviennent pas à obtenir l'aide financière nécessaire pour rendre durable leur économie. La création en 1948 d'un Etat israélien en terre arabe a causé un drame épouvantable : l'expulsion des Palestiniens qui sont maintenant près de cinq millions de réfugiés, vivant dans des conditions déplorables, dans des camps alimentés par l'aide internationale. L'Europe, qui se sent responsable de l'extermination de six millions de juifs par le régime nazi, a apporté son soutien politique et matériel à l'Etat d'Israël depuis sa création. Plus fort que celui de l'Europe, le soutien des Etats-Unis à l'Etat hébreu est inconditionnel et motivé par le puissant lobby pro-israélien et certains mouvements d'obédience fondamentaliste chrétienne. Les pays arabes, faibles et divisés, n'ont rien pu faire pour empêcher ce drame, de même que l'ONU, empêtrée dans ses contradictions. Alors qu'une solution de paix est proposée par la Ligue arabe, reconnaissant de plein droit l'existence de l'Etat d'Israël, le gouvernement actuel israélien continue la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem, afin d'empêcher par le fait accompli toute création d'un Etat palestinien viable, vivant côte à côte avec Israël. Tout dernièrement, les Etats-Unis et Israël ont tenté d'empêcher la Palestine d'adhérer à l'UNESCO, tandis que l'admission à l'ONU est en stand-by. Face à ces grands problèmes, que faire pour leur apporter une solution ? Pour ce qui est de la faim, de la misère et de la pauvreté, la communauté internationale et les pays concernés ont tenté de lutter contre ces fléaux. L'ONU a lancé en 2000 les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), agréés par les 193 membres et 23 organisations internationales. Le premier objectif est de réduire de moitié d'ici 2015 l'extrême pauvreté (moins d'un dollar par jour) et la faim, en fournissant à tous un emploi décent et productif. Les autres objectifs visent à assurer l'école primaire, à promouvoir l'égalité des genres, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre les pandémies, assurer un environnement humain durable, enfin construire un partenariat mondial pour le développement. L'ONU a fait un bilan des OMD à mi-parcours, le 22 septembre 2010, qui a conclu à des avancées insuffisantes et des résultats mitigés. À cette date, 925 millions de personnes continuent à souffrir de la faim, tandis que 884 millions n'ont pas accès à l'eau potable, et 2,6 milliards d'individus sont dépourvus d'installations sanitaires. Les indicateurs sont encore mauvais pour la lutte contre le sida, le développement durable, et la réduction de la perte de la biodiversité. D'après le secrétaire général de l'ONU, les causes de cette situation sont le manque d'engagement et de ressources, le déficit de responsabilité des dirigeants des pays concernés et enfin l'insuffisance de soutien technique et de partenariats. Afin d'accélérer la résolution des fléaux de la faim, de la misère et de la pauvreté, il y a lieu de réformer les organisations internationales, notamment l'ONU et la Banque mondiale, en donnant plus de poids dans la décision aux pays émergents et en développement. Il faut également augmenter les ressources financières, en procédant à une taxation de la spéculation internationale sous toutes ses formes, et notamment les flux financiers. Afin de réduire l'écart flagrant entre les pays riches et les pays pauvres, il y a lieu d'augmenter l'aide publique au développement (APD) des pays riches à 1% de leur PIB.
Enfin, il faut donner plus de reconnaissance et de moyens financiers aux ONG agissant dans le secteur du développement économique et social. Pour le développement des libertés et de la démocratie à tous les peuples de la planète, il y a lieu tout d'abord de réformer le Conseil de sécurité de l'ONU où cinq pays disposent du droit de véto, qui ne correspond plus à la réalité du monde actuel. Toujours dans le cadre de l'ONU, il faudrait adopter une résolution générale de suspension de tout membre de l'Organisation, qui porterait gravement atteinte dans son pays, aux droits de l'homme, aux libertés, à l'Etat de droit et à la démocratie. Il faut saluer et étendre la décision de l'Organisation africaine, de non-reconnaissance de tout pouvoir issu d'un coup d'Etat militaire. Une autre mesure consisterait à codifier le droit d'ingérence, par la force s'il le faut, dans tout pays où la population civile est menacée par ses propres dirigeants. Une législation internationale devrait d'autre part interdire toute limitation ou censure des réseaux sociaux et des mass-médias (presse, Internet, télévision, radios). Enfin, il faudrait aider par tous les moyens les mouvements démocratiques qui luttent contre les régimes autoritaires. Le développement durable devrait devenir une priorité internationale, par une sensibilisation plus importante des populations sur les risques encourus par la planète du fait du changement climatique. Il faudrait accompagner cette sensibilisation par l'encouragement des énergies renouvelables,
tels que l'éolien et le solaire, et l'instauration d'une économie verte, pauvre en carbone, et créatrice d'emplois. Enfin, pour ce qui est du conflit israélo-palestinien, il faudrait que la communauté internationale et les pays arabes et musulmans en particulier en fassent une priorité. À l'instar du lobby pro-israélien, il faudrait créer aux Etats-Unis et en Europe un lobby pro-arabe qui pourrait défendre la cause des Palestiniens. Des actions énergiques devraient être menées aux Etats-Unis, pour amener ce pays à avoir une position plus équilibrée sur le conflit israélo-palestinien, si nécessaire en utilisant l'arme économique (pétrole et flux financiers). En conclusion, il faut reconnaître qu'il ne suffit pas de l'année 2012 pour résoudre tous les problèmes du monde, qui nécessitent beaucoup de temps. Cependant, l'important est d'en prendre conscience et de contribuer même très modestement à leur résolution. La pire des attitudes est l'indifférence, et à l'instar du message de Stephane Hessel, «Révoltez-vous».


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