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Web : Facebook, un baromètre socio-économique !
Publié dans Les ECO le 15 - 02 - 2011

«Facebook est devenu l'un des principaux outils de mise en liaison sociale, créant également des interactions entre personnes, entreprises et gouvernements». Ces propos extraits du dernier rapport publié par le Dubaï School of Government portant sur «les usages de Facebook dans le monde arabe» (Arab Social Media Report), résument parfaitement l'ampleur du réseau social et son rôle notamment dans les derniers événements internationaux. Alors que le monde arabe se soulève, c'est à partir de la Toile que ces milliers de Tunisiens et d'Egyptiens s'étaient donné rendez-vous dans la rue, pour changer le cours de l'histoire. Or, au delà du mouvement révolutionnaire, Facebook se révèle, de plus en plus être un véritable outil d'évolution économique et sociale. Si cela est vrai dans les pays où l'économie est plus «stable», comment cela se présente-t-il dans cette partie du monde ? Pour le comprendre, ce premier rapport se penche sur le taux de pénétration de Facebook dans la région, par rapport aux principaux indicateurs socio-économiques et culturels des pays.
Un boom virtuel
Bien qu'encore «jeunes» en matière de connectivité, les pays du monde arabe sont en plein boom virtuel. Une démocratisation du web qui a apporté son lot de promesses en matière de «bonne gouvernance participative, d'engagement citoyen et a permis la création de nouvelles opportunités d'affaires», constate le rapport. Il faut dire que la progression du taux de pénétration dans la région est fulgurante. S'il y a encore une année ces pays n'apparaissaient pas dans le top 20 des abonnés au site de Mark Zuckerberg, les chiffres de janvier 2011 placent l'EAU et le Qatar en deuxième et troisième places du plus important nombre de nouvelles inscriptions sur Facebook, devançant ainsi les Etats Unis. À ce niveau, le Maroc a encore du chemin à rattraper, puisqu'il se place onzième (sur 24 pays), avec un taux de pénétration de 7,55% par rapport à l'ensemble de la population. Le royaume est aujourd'hui classé parmi les pays «utilisateurs en développement». Une casquette qu'il est en passe de quitter, à en juger par la forte augmentation du nombre d'abonnés au Maroc.
Facteurs clés de pénétration
«L'Indice de connectivité (DAI) et le revenu par habitant d'un pays, semblent être des facteurs déterminants d'évolution du taux de pénétration de Facebook». À en juger par les conclusions du rapport de recherche, il existe donc bel et bien un lien entre la croissance économique d'un Ètat et son taux de connectivité. C'est particulièrement le cas, dans les territoires à très forte, ou au contraire, à très faible pénétration de Facebook, précise le rapport. Autrement dit, si les EAU et le Qatar sont les plus connectés, c'est notamment grâce à leur structure économique. Ces pays détiennent, en effet, un fort DAI ainsi qu'un PIB par habitant des plus élevés. L'inverse s'observe au Yèmen et en Irak qui disposent des plus faibles PIB par habitant et donc sont moins présents sur la Toile. Si le site de Mark Zuckerberg constitue aujourd'hui un incontournable outil marketing et de mise en réseau entrepreneurial, il apparaît être également un excellent baromètre de la santé économique d'un pays. Et ce n'est pas tout. Le rapprochement du taux de pénétration de Facebook à celui d'autres facteurs sociaux ou technologiques, est révélateur de certaines habitudes de consommation chez les populations étudiées ou encore du développement social de celles-ci : «les pays à fort taux de pénétration de Facebook ont également des indices de développement humain (IDH) assez élevés», avance le rapport. Exception faite de l'Arabie saoudite et de la Libye, où l'IDH reste très faible malgré la forte présence de ces populations sur le site bleu et blanc. Autre constat, là où la pénétration de Facebook est plus élevée que celui d'Internet, les chercheurs dénotent entre autres raisons, l'existence «d'éventuels obstacles sociaux ou culturels», comme c'est notamment le cas en Irak. Face à un contexte social difficile, il apparaît donc que le réseau virtuel soit une véritable «alternative» pour les populations locales. Plus qu'un site Internet, Facebook est aujourd'hui, du moins dans cette région du monde -et l'actualité le confirme- une véritable fenêtre sur le monde extérieur surtout lorsque celle de l'Etat est verrouillée.


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