Migration : Amina Bouayach préside à Yaoundé le Groupe de travail africain du RINADH    RNI : Emu, Akhannouch passe le flambeau    Casablanca accueille le débat sur l'avenir : lancement de la première édition du colloque international « Le design et la communication comme leviers de l'innovation et de la transformation au Maroc »...    Le secteur de l'industrie des machines en Chine affiche des indicateurs positifs en 2025    Finances publiques : quand le débat budgétaire devient un choix de société    Inondations : les banques marocaines soutiennent les sinistrés    Affaire Epstein : Jack Lang convoqué au Quai d'Orsay, à son retour de Marrakech    Citations clés du président Xi Jinping sur les sports d'hiver    CAN 2025 : Le Sénégal vainqueur, le Maroc gagnant    Le Maroc, une marque médiatique : chronique d'une guerre des clics    Yassir Zabiri forfait face à Lens, ses débuts avec Rennes repoussés    Commune Oulad Salama: efforts soutenus pour accompagner la population affectée par les intempéries    Asunto Epstein: Jack Lang convocado en el Quai d'Orsay, a su regreso de Marrakech    Inondations : des hélicoptères Chinook mobilisés pour acheminer l'aide humanitaire à Sidi Kacem    Jack Lang summoned to explain ties with Epstein amid financial investigation    Morocco denies hunger strike claims by detained Senegalese fans    L'Orchestre Symphonique Royal fait résonner l'âme de Respighi à Casablanca    Marché de l'emploi : ce que révèlent les tendances RH 2025 et les perspectives pour 2026    Australie : Trois morts dans le crash d'un avion léger au large de l'Australie-Méridionale    Azemmour: Retour de l'écoulement naturel de l'oued Oum Er-Rbia vers l'Atlantique    L'AFD souligne la résilience exemplaire de l'économie marocaine    Laâyoune : la voie de contournement et le viaduc, nouveaux piliers de l'axe Tiznit-Dakhla    Rabat: Le Procureur du Roi réfute les rumeurs sur une grève de la faim des Sénégalais détenus    Italie: Coup d'envoi officiel des Jeux Olympiques d'hiver 2026    Inondations à Ksar El Kébir : La société civile réclame un meilleur accueil pour les sinistrés    LdC de la CAF : Chaâbani veut rapprocher la RSB de la qualification    Le journaliste Lhoussine El Boukili tire sa révérence    ONU : La rapporteuse spéciale sur la torture attendue au Maroc en mars    L'aéroport de Berlin-Brandebourg à l'arrêt en raison du verglas    Iran – Etats-Unis : Des pourparlers indirects relancés à Oman    Grèce : Un Marocain arrêté après la mort de 15 migrants sur une embarcation    Affaire des incidents de la finale de la CAN : le parquet de Rabat démonte les contrevérités sur les mis en cause sénégalais    Alerte météo : Fortes pluies, averses orageuses et rafales de vent jusqu'à dimanche    Coupe Davis : Le Maroc face à la Colombie pour une place en Groupe mondial I    Inondations : solidarité scolaire pour les élèves sinistrés    Sidi Kacem : des aides alimentaires acheminées par hélicoptère aux personnes encerclées par les eaux    La Fédération royale marocaine de football dément la rumeur concernant la démission de Walid Regragui de la sélection nationale    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    Congo: le président Sassou Nguesso annonce sa candidature à la présidentielle du 15 mars    La NASA ouvre enfin la porte aux smartphones dans l'espace    À Figuig, des gestes frontaliers algériens ravivent une tension contenue par le Maroc    Défense : un programme à 8,5MM $ avec les Etats-Unis    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Enfin un guide pour lever les freins à la scolarité
Publié dans Les ECO le 18 - 12 - 2017

Le chemin reste encore long en matière de promotion de la scolarisation des enfants en situation de handicap au Maroc pour plusieurs raisons, à commencer par le coût de la mise en place d'une éducation inclusive et adaptée aux besoins de cette catégorie. Pour changer la situation, le Maroc se dote pour la première fois d'un référentiel pour l'éducation inclusive de ces enfants.
Combien d'enfants en situation de handicap en âge de scolarité sont-ils en dehors du système éducatif ? La question demeure en suspens. Les statistiques officielles en la matière manquent cruellement pour évaluer objectivement la situation et pouvoir ainsi rectifier le tir mais il apparaît clairement d'après les données du recensement de la population que bon nombre d'enfants marocains à besoins spécifiques ne bénéficient pas de leurs droits à l'éducation. Globalement, 70% des personnes handicapées au Maroc n'ont aucun niveau scolaire. Un chiffre on ne peut plus alarmant qui devrait interpeller les pouvoirs publics. Uniquement 1,5% des handicapés ont atteint les études supérieures et 8,5% le secondaire. Les enjeux sont de taille pour le ministère de l'Education nationale qui est en train de se pencher sur le dossier pour améliorer tant quantitativement que qualitativement l'enseignement des enfants à besoins spécifiques. Le Maroc est encore à la traîne. Il faut dire que le royaume n'a entamé l'expérience de l'éducation de ces enfants dans des établissements publics que dans les années 90 du vingtième siècle à travers la mise en place de quelques classes dédiées à cette catégorie d'élèves. Une première qui avait bouleversé les habitudes en donnant l'occasion aux enfants en situation de handicap d'accéder aux écoles mais les efforts déployés, quoique louables, demeurent encore en deçà des aspirations. On ne recense actuellement que 700 classes intégrées dans les écoles publiques accueillant quelque 8.000 élèves dont 37% de filles.
Des chiffres qui sont visiblement loin de répondre aux besoins de toute la population cible. Certes, d'autres élèves sont scolarisés dans des classes «ordinaires» mais leur nombre demeure limité et souffre de plusieurs difficultés dont l'absence d'accessibilité dans la majorité des établissements scolaires, le manque de formation des enseignants... Aujourd'hui, on vise à intégrer progressivement tous les enfants dans les mêmes classes et créer parallèlement des classes d'éducation inclusives permettant d'appuyer les compétences des élèves en situation de handicap. Cette mission ne sera pas de tout repos. La généralisation de cette vision nécessitera cinq voire six ans. Plusieurs préalables s'avèrent nécessaires dont la mise en place d'une structure d'accueil adéquate dans les quatre coins du Maroc, la formation des enseignants et de tous les cadres pédagogiques, l'élaboration des référentiels législatifs, éducatifs et pédagogiques...
Le défi est de pouvoir dépasser toutes les contraintes relevées lors de l'expérience des classes intégrées dans les écoles publiques comme l'absence de programmes et référentiels adaptés aux enfants en situation de handicap ainsi que d'une approche pédagogique institutionnelle officielle en matière d'évaluation et de soutien scolaire, le rassemblement dans une même classe d'élèves ayant des degrés différents de handicap, l'absence d'outils pédagogiques et didactiques adaptés aux élèves, la faiblesse de sensibilisation et de formation des enseignants, le manque d'accessibilité, les perceptions négatives...Le référentiel permettra de diffuser une vision commune de l'éducation inclusive, de renforcer les capacités de tous les intervenants et de se focaliser sur les capacités au lieu des incapacités. L'idée est d'éviter de créer des ghettos au sein des établissements scolaires et de passer à une école marocaine inclusive en accueillant les enfants à besoins spécifiques dans des classes ordinaires.
Regina De Dominicis
Représentante de l'UNICEF au Maroc
Les Inspirations ECO : Quel regard portez-vous sur la situation de la scolarisation des enfants en situation de handicap au Maroc ?
Regina De Dominicis : Les chiffres de la scolarisation des enfants handicapés au Maroc sont alarmants. Dans le monde, des millions d'enfants sont en dehors du système scolaire. Le Maroc n'est pas une exception, mais force est de constater que bon nombre de progrès sont enregistrés. Le référentiel sur l'éducation inclusive est le fruit d'un travail profond pour changer la situation et faciliter l'accès des enfants en situation de handicap à la scolarisation et améliorer la qualité de l'éducation. Le handicap n'est pas un frein à la réussite comme en témoignent les cas de plusieurs personnalités dont des scientifiques connus dans le monde.
Comment se situe le Maroc par rapport à des pays similaires ?
Nous avons fait un benchmark international sur les pratiques en matière d'éducation des enfants handicapés dans des pays à revenu moyen avec des budgets similaires au Maroc en Amérique latine et en Asie. Il faut dire que les problématiques sont communes à beaucoup de pays. Je suis originaire de l'Italie où l'on parle souvent d'inclusion dans notre système éducatif car beaucoup d'établissements ne sont pas encore mis à jour. Le problème d'investissement se pose.
Le coût de l'éducation inclusive des enfants à besoins spécifiques reste-t-il le principal problème ?
Le coût demeure un grand problème mais il est à préciser que les classes spécialisées sont très coûteuses. En se basant sur l'analyse de différents systèmes, on constate que le coût des classes intégrées est inférieur à celui des classes séparées. Par ailleurs, l'éducation inclusive ne concerne pas uniquement les enfants en situation de handicap mais aussi d'autres catégories vulnérables comme les enfants de migrants.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.