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Industrie verte : Les «usines vertes» se cherchent
Publié dans Les ECO le 10 - 11 - 2011

L'écologie industrielle au Maroc est une affaire «d'étrangers». Pourtant, si une grande partie des entreprises étrangères implantées sur le territoire sont à la recherche exclusive d'une réduction substantielle de leurs coûts de production, et partant d'une rentabilité optimale, certains industriels ont fait le choix, bon gré mal gré, d'investir et d'initier le champ de la question environnementale au Maroc et ont engagé dès lors des efforts louables de gestion responsable de leurs chaînes de production. Depuis, de nouveaux procédés de production dits plus «clean» ont vu le jour et permettent, à ce jour de satisfaire aux objectifs de réduction des émissions de CO2, de minimalisation des déchets, voire de dématérialisation des offres de service (www.lesechos.ma). Renault, Holcim et Lafarge excellent tout particulièrement en la matière et illustrent par des réalisations concrètes, la réussite au Maroc d'un management environnemental intégré, alliant efficacité écologique et efficacité industrielle.
L'industrie écologique au Maroc :
des pionniers et des balbutiants
Installée au Maroc depuis près d'un siècle, Lafarge s'est engagée, depuis le début du dernier millénaire, dans une démarche environnementale fondée sur l'instauration de nouvelles pratiques, conciliant objectifs économiques et durabilité. Si au départ, les efforts entrepris étaient concentrés sur le seul souci de s'adapter aux normes en vigueur «certification ISO 14001, démarche QSE globale», le cimentier est allé un cran au delà vers une réaffectation de ses déchets. Depuis 1999 en effet, Lafarge procède à une réutilisation des cendres volantes, dégagées par la combustion du charbon dans les centrales thermiques, comme ajout dans le ciment ou comme matière première dans le cru (mélange de composants biochimiques broyés, séchés et homogénéisés, appelé aussi «farine»). En matière de rationalisation des consommations énergétiques, Lafarge s'est dotée, en 2005, d'un parc éolien destiné à satisfaire ses besoins en électricité à hauteur de 50%. Cela a d'ailleurs été le premier projet MDP (Mécanisme de développement propre) reconnu par la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (UNFCCC). Holcim a adopté la même politique, suivant les mêmes procédés, bien que les cultures managériales soient quelque peu différentes d'un groupe à l'autre. Toujours en matière de consommation énergétique, les principales mesures concernent la réduction de la part du clinker «matière de base du ciment», remplacé par des produits à forte propriété hydraulique, mais aussi la substitution de sous-produits et de déchets combustibles aux sources d'énergie fossiles non renouvelables. Ces quelques mesures permettent de réaliser des économies d'énergie considérables, sans qu'il soit nécessaire de revoir la structure entière de la chaîne de production.
Par ailleurs, Holcim s'est engagée fortement dans un processus de valorisation active de nouveaux matériaux et combustibles dits «alternatifs». De fait, à défaut de toujours recourir aux sources d'énergie habituelles, la filiale suisse s'est dotée d'une activité de traitement de déchets provenant d'autres industries, notamment les pétroliers, et réutilisés comme matière combustible dans ses fours. S'il existe à ce jour une expérience au Maroc aboutie en matière d'industrie verte au sein d'un groupe industriel, c'est bien l'usine automobile de Renault à Tanger. Ce projet comporte deux éléments «écologiques» importants. D'une part, l'objectif de zéro carbone et, d'autre part, l'objectif zéro liquide. Ces deux objectifs, au regard des expériences précitées semblent, à première vue, ne receler aucun élément d'innovation nouveau. Cependant, le constructeur automobile affirme bel et bien son intention de réduire de 98% ses émissions de CO2 et de 70% ses prélèvements en eau, avec en outre, zéro rejet liquide. Ces niveaux de chiffres laissent rêveur. Techniquement, si les schémas adoptés sont les mêmes (rationalisation de la consommation énergétique et diminution drastique des rejets et déchets), le processus industriel est diamétralement différent. En effet, Renault Tanger ne se contentera pas de réduire sa consommation énergétique, elle compte en plus «produire une énergie thermique à zéro carbone», à travers un système de production totalement propre, utilisant des noyaux d'olives et du bois d'eucalyptus pour le chauffage de l'eau. La nouveauté réside précisément dans la sophistication de la logistique du constructeur, qui intègre la question écologique au cœur même de son processus de fabrication industriel, non pas à la marge, mais en parallèle. Si dans les deux premiers exemples, la gestion des flux reste la même, dans ce dernier cas, elle est grandement reconfigurée.
À défaut d'écologie industrielle,
de l'éco-logistique territoriale
Toutefois, ces trois exemples n'investissent que deux champs bien restreints de l'industrie écologique, celui de la consommation énergétique et de la gestion des déchets. Si l'ambition écologique au Maroc est aussi grande que son ambition économique et continentale, il va falloir redoubler d'efforts. Il ne s'agit pas de demander à ces trois industriels d'en faire plus - ils en font déjà beaucoup comparés aux autres - mais de créer les conditions, les politiques et les moyens adéquats pour l'émergence d'une réelle industrie écologique sur le territoire national. Si d'autres pays plus développés sont confrontés à une saturation de leurs espaces territoriaux, le nôtre, à l'heure de la régionalisation, peut à la fois apprendre des autres et faire mieux. En effet, avec la régionalisation avancée qui devrait, à terme, restructurer notre économie sur de nouvelles bases axées sur les spécialisations productives locales, les autorités publiques mettent en place une série de mesures pour inciter les IDE. Zones franches, zones industrielles, zones d'activité économique, pépinières d'entreprises, toutes les configurations de l'espace sont réfléchies et offertes aux nouveaux arrivants. Si la proximité est de mise, autant alors qu'elle soit «propre».
L'exemple de «la symbiose industrielle de Kalundborg», au Danemark, en est l'illustration la plus parfaite. Réunie autour de quelques entreprises et d'une collectivité, la symbiose industrielle consiste, sur une zone industrielle délimitée, à échanger les eaux, vapeurs, déchets et autres types de rejets d'une usine à l'autre, tout en fournissant une partie de l'énergie de la collectivité locale. Si on connaissait les économies d'agglomération et d'urbanisation issues de la localisation des activités économiques au sein d'une même ville, zone ou clusters «si même activité» une telle gestion de la proximité semble nouvelle, et pourtant, elle a 40 ans d'âge.
Finalement, les trois premières expériences, réussies et maintenues pour leur efficacité, constituent les prémices de l'industrie écologique au Maroc. En pratique, elles illustrent parfaitement l'idée selon laquelle le processus de production industriel ne peut plus aujourd'hui être considéré dans sa forme originelle linéaire, axée fondamentalement sur la maximisation quantitative de la production, mais plutôt comme un cycle étendu. Suivant une approche qualitative, ce dernier a le mérite de rendre possible une gestion responsable de la chaîne de production, d'amont en aval, c'est-à-dire des points d'entrée des matières brutes jusqu'à la sortie des produits finis, en passant par le rejet des déchets. Cependant, le projet de Kalundborg peut représenter, à lui tout seul, l'ensemble des avancées réalisées en matière d'écologie industrielle, depuis le milieu la genèse de celle-ci. Rapporté au Maroc, cette expérience pilote dans le monde peut servir d'exemple à un nouveau processus de développement industriel durable, fondé sur la proximité géographique et «la mutualisation» inter-structures des process industriels, dont le succès dépend certes de la bonne volonté des entreprises industrielles, mais dont les règles du jeu ne peuvent être instituées que par la seule autorité publique.
Michel Faivre-Duboz,
Directeur Général du Groupe Renault Maroc.
«L'usine de Tangerest un modèle d'optimisation industrielle»
Les Echos quotidien : Peut-on dire aujourd'hui que l'usine de Renault à Tanger parachève l'ensemble des avancées du groupe en matière de politique environnementale, du moins, que ce projet est la concrétisation la plus accomplie de cette politique ?
Michel Faivre-Duboz : L'unité de Tanger est un très bon exemple de l'engagement de Renault en termes de respect de l'environnement, mais ce n'est pas un aboutissement ou la manifestation la plus aboutie de cet engagement, puisque toutes les actions menées par le Groupe dans le domaine sont importantes. L'usine de Tanger est un excellent exemple d'optimisation industrielle et s'inscrit parfaitement dans la démarche environnementale forte menée par Renault, qui prend en compte les impacts de l'ensemble de ses activités, à chaque étape de la vie de l'automobile. Grâce à de nombreuses innovations, dont le véhicule électrique et de nouvelles technologies thermiques, Renault offrira la gamme de véhicules la moins polluante à l'horizon 2016. On peut également rappeler que les impacts sur l'environnement de l'usine Renault à Tanger seront réduits à des niveaux jamais atteints pour une usine de carrosserie montage : 1° des émission de CO2 réduites de 98%, soit environ 135.000 tonnes de dioxyde de carbone évitées par an ; 2° aucun rejet d'eaux usées d'origine industrielle dans le milieu naturel et une réduction de 70% du prélèvement des ressources en eau pour les process industriels.
Comment s'est fait explicitement le passage d'une simple application de normes environnementales à l'éla-boration d'un management environnemental global et/ou intégré ?
Comme tout groupe industriel,
Renault se doit d'appliquer les normes en vigueur, mais dès le milieu des années 1990, il a décidé d'aller plus loin en tant qu'entreprise responsable. Ainsi, Renault est engagé, depuis 1995, dans une démarche de cycle de vie et, en 2007, le groupe lançait sa signature commerciale Renault eco2, initiant avec des clients un dialogue sur le sujet. En 2011, Renault a durci ses propres critères de sélection pour pouvoir accéder à la signature Renault eco2: 1° fabrication dans une usine ISO 14001 (inchangé) ; 2° émission de moins de 120 g de CO2/km pour les VP et fourgonnettes VU (195g de CO2/km pour les fourgons VU) au lieu de 140 g pour les VP ; 3° contenir plus de 7% de plastique issu de filières de recyclage (au lieu de 5%).
Est-ce que la question écologique intervient dans le choix des sous-traitants ou des partenaires industriels du groupe au Maroc ?
En tant qu'acteur responsable et engagé dans le domaine de l'environnement, nous veillons bien entendu à ce que nos fournisseurs respectent la même approche et organisent par exemple des audits sur le sujet. Les fournisseurs travaillant avec Renault doivent tous s'engager à respecter un certain nombre de critères contenus dans une charte de responsabilité sociale, incluant des aspects environnementaux.
Est-ce que «l'usine verte de Tanger»
a vocation à devenir un argument commercial central ?
«L'usine verte de Tanger» n'est pas un argument commercial en tant que tel, mais une réalité industrielle profitable pour la région (utilisation des énergies éoliennes de la région et, par la suite, la biomasse locale), et rassurante pour les clients (production verte avec respect des principes de la responsabilité sociale). Donc, ceci constitue un élément fondamental pour l'image du groupe Renault au Maroc.


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