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Productivité : Le continent tourne au ralenti...
Publié dans Les ECO le 15 - 07 - 2014

En Afrique, la productivité totale des facteurs (PTF) continue de jouer au yo-yo. Selon le dernier rapport économique sur l'Afrique 2014, la République démocratique du Congo est la plus touchée avec -3,9% par an, tandis que le Botswana présente la croissance de la PTF la plus rapide, à savoir 1,5%.
Dans son dernier rapport économique sur l'Afrique en 2014, présenté en fin de semaine dernière à Yaoundé (Cameroun), la Commission économique pour l'Afrique (CEA) des Nations Unies se veut formelle: l'Afrique tourne au ralenti en termes de productivité. Le constat est quasiment partagé par toutes les régions économiques du continent. En effet, selon les experts de la CEA, la productivité du travail a significativement décliné, passant de taux de croissance positifs, dans les années 1960, à des taux de croissance négatifs dans les années 1970, 1980 et 1990, avant de revenir à des valeurs positives dans les années 2000. Le recul de la productivité a repris, cependant, pour se poursuivre ces dernières années, sauf en Afrique de l'Ouest où la croissance de la productivité du capital a été nulle durant cette période. «Toutes les régions ont traversé au moins une phase de baisse de la productivité entre les années 1970 et la fin des années 1990, mais l'Afrique du Nord a été la seule sous-région à ne pas retrouver des taux positifs au cours des années 2000», explique-t-on dans le même rapport. À travers l'analyse de l'évolution de la productivité totale des facteurs (PTF), les auteurs offrent ainsi une approche plus détaillée de la croissance de la productivité du continent. La plupart des pays africains ont connu un repli de la PTF au cours des dernières années. La République démocratique du Congo est la plus touchée à -3,9 % par an, tandis que le Botswana présente la croissance de la PTF la plus rapide, à savoir 1,5 %. «La croissance et le développement économiques de l'Afrique ont encore été freinés davantage par les taux de croissance négatifs enregistrés au niveau de la PTF entre 1960 et 2011», explique-t-on dans le rapport. En décortiquant et examinant de près les facteurs de production, «le plus frappant tient au basculement radical de la productivité du capital qui, après la croissance au début des années 1960, est passée au repli pendant les quatre décennies suivantes», expliquent les experts de la CEA. Les fluctuations de la productivité du travail sont beaucoup plus modérées.
Productivité et croissance
Il faut savoir que la PTF dans les sous-régions suit la même évolution que la croissance du PIB. «Cela montre l'importance de la PTF comme moteur de la croissance économique», établit la CEA. Selon la même source, la façon dont la croissance de la PTF contribue à celle du PIB/travailleur varie considérablement d'une sous-région et d'une décennie à l'autre. Le PIB par travailleur de l'Afrique au cours des années 2000 a suivi une moyenne de progression de 1,6% par an. Cette situation constitue un renversement de tendance par rapport aux années 1960. À cette époque, le PIB par travailleur augmentait à un rythme annuel de 2,6%/an, essentiellement grâce à la croissance de la PTF (2,1%). Cela dit, cette dernière a été meilleure dans les années 2000 que dans les années 1990 dans chaque sous-région (y compris l'Afrique du Nord, où elle est restée légèrement inférieure à zéro durant les années 2000). Quant aux principaux facteurs d'affaiblissement de la productivité du continent, l'instabilité politique prévalant dans certaines régions figure en tête de liste. Dans plusieurs pays, la guerre civile compromet la croissance de la PTF. «L'étude comptable de la croissance réalisée par la CEA fait apparaître que la croissance moyenne de la PTF entre 1960 et 2010, par année et par pays, s'élève à 1,66% lorsqu'il y a une guerre civile, contre un repli de 3,5% dans le cas contraire», peut-on lire dans le rapport de la CEA. Les conflits semblent par conséquent constituer l'un des facteurs les plus déterminants de variation de la croissance de productivité pour les économies africaines touchées par ces instabilités.


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