Au sortir d'un exercice 2024 de forte croissance, le groupe de santé privé a concocté une ambitieuse feuille de route pour les cinq prochaines années, dont les axes ont été présentés à la presse ce vendredi. Le plan d'action prévoit notamment l'ouverture de 4 établissements de santé aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite, ainsi que le déploiement d'un vaste réseau de centres de diagnostic dans les villes moyennes et peu desservies du Royaume. Suivez La Vie éco sur Telegram Le groupe Akdital a présenté des résultats 2024 «impressionnants», surpassant les projections initialement prévues. Le chiffre d'affaires a atteint 2,95 milliards de dirhams, en hausse de 55% par rapport à 2023, tandis que le résultat net a bondi de 75,8% sur un an pour culminer à 348 MDH. Une performance que le top management du groupe attribue à une bonne maîtrise des charges ainsi qu'à la valeur ajoutée créée par les différents établissements de santé dont les opérations ont été lancées à partir de 2022 et 2023. «En 2024, on récolte le fruit de ces ouvertures, et cela va continuer durant les prochaines années», a souligné Ilyas El Harti, directeur général délégué du groupe Akdital. Le dividende est également supérieur aux attentes, puisqu'un dividende de 10 dirhams par action au lieu de 7,5 DH initialement prévus sera distribué aux actionnaires. «Bien que nous soyons en phase de développement, nous continuons à être généreux et à distribuer plus de dividendes», a commenté Rochdi Talib, PDG du groupe Akdital. Le leader du secteur de la santé privée au Maroc tourne ainsi la page d'un exercice 2024 particulièrement riche, marqué par l'ouverture de pas moins de 12 établissements de santé d'une capacité totale de 1.406 lits. De Tétouan à Dakhla, en passant par Kénitra, Meknès, Khouribga, Benguerir, Essaouira, Marrakech, Errachidia et Taroudant, ces nouvelles infrastructures viennent répondre à une demande croissante de proximité. L'année a aussi été marquée par l'augmentation de capital réussie de 1 MMDH, qui a suscité un très fort engouement puisque l'opération a été sursouscrite 29 fois. Cette augmentation de capital donne aujourd'hui les moyens au groupe d'accélérer son développement. Après plusieurs années de croissance soutenue, Akdital compte, à fin 2024, 33 établissements répartis dans 19 villes du Royaume, disposant de plateaux techniques de pointe. La capacité litière du groupe atteint 3.706 lits (soit 20 % de la capacité nationale privée), et emploie plus de 3.500 médecins. Côté financier, le groupe a vu son chiffre d'affaires multiplié par 6 entre 2020 et 2024, tandis que le résultat a été multiplié par plus de 13, passant de 26 MDH en 2020 à 348 MDH en 2024. 62 établissements de santé d'ici 2030 Les perspectives sont encore plus florissantes. Le groupe a en effet présenté les grands axes de son ambitieuse feuille de route à l'horizon 2030. Le développement au niveau national reste en tête des priorités. «Il y a encore beaucoup à faire. Nous sommes encore à 1,2 lit pour 100.000 habitants alors que la norme de l'OMS est de 2,5 lits», a expliqué Rochdi Talib. Raison pour laquelle Akdital va accélérer son programme d'expansion au niveau national. Présent actuellement dans 11 régions du Royaume, le groupe couvrira dès le mois de juillet sa 12e région avec l'ouverture prévue d'établissements de santé à Nador et Oujda. D'ici fin 2027, le groupe comptera 62 établissements dans 32 villes (dont Kelaa Seraghna, Khemisset , Berrechid, Al Hoceima...) avec 6.200 lits au total. L'investissement prévu pour ce plan d'expansion est de 3,4 MMDH. Parmi les nouveautés, figurent le lancement d'hôpitaux «Prime», des établissements de santé de dernière génération, qui seront ouverts dans les grandes villes qui organiseront le Mondial 2030. Le premier de ces hôpitaux ouvrira en septembre à Casablanca. Un second suivra à Fès au premier semestre 2026. D'ici 2027, toutes les villes hôtes de la Coupe du monde disposeront de ces hôpitaux 4.0. Autre nouveauté: Akdital prévoit de déployer des centres de diagnostic pour renforcer l'offre de soins dans les différentes régions du Maroc, l'objectif étant de faciliter l'accès aux soins primaires et aux examens de dépistage des populations qui habitent loin des centres urbains. «Il s'agit de centres de diagnostic « smart » ouverts 24h/24, reliés à une unité centrale, et dotés d'un médecin généraliste-urgentiste, d'un plateau technique avec scanner, voire IRM, et de laboratoire d'analyse relié à un biologiste à distance, ainsi que d'une ambulance médicalisée», a indiqué Rochdi Talib. Le groupe vise l'ouverture de 200 de ces centres à l'horizon 2030 dans des villes de taille moyenne (comme Azrou, Azilal, Tiflet, Tan Tan ou encore Kesbat Tadla) situées dans un rayon de 100 km des hôpitaux d'Akdital. Le groupe prévoit un investissement de 5 MDH par centre pour le matériel et l'aménagement. La composante foncière sera portée par une foncière externe dédiée. Cap sur le Golfe Akdital prévoit aussi de faire ses premiers pas à l'international. Le top management du groupe a en effet annoncé son expansion aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite. Il prévoit l'ouverture de quatre établissements dans ces pays à partir de 2027: deux aux Emirats (dont un à Dubai) et deux en Arabie saoudite, à Riyad et Jeddah. Ces établissements devraient être opérationnels à partir de 2027 et devraient contribuer à hauteur de 20% dans le chiffre d'affaires du groupe. Les raisons ayant motivé cette expansion sont nombreuses. Parmi celle-ci, figurent la croissance exponentielle d'une population assurée à plus de 80% dans les deux pays, l'offre de soins limitée (moins de 2 lits par 1.000 habitants), la demande élevée dans le segment «mid-to-hight» (segment de population medium), ainsi que la tarification attractive pratiquée dans ces pays. «Au Maroc, une opération de la vésicule biliaire c'est 7.500 dirhams. Aux Emirats, c'est 7.000 dollars», a fait remarquer à ce propos le PDG du groupe. Le montant de l'investissement prévu s'élève à 1 MMDH pour les entités opérationnelles de ces établissements. Le modèle retenu est le même que celui appliqué au Maroc, avec une séparation entre les structures d'exploitation (OpCo) et les structures foncières (PropCo). Ces dernières seront portées par des partenaires spécialisés, tandis que les OpCo seront financées par la dette et l'investissement d'acteurs internationaux. «Aucune augmentation de capitale n'est prévue», a assuré Rochdi Talib. Plusieurs banques marocaines ont d'ailleurs déjà exprimé leur intérêt d'accompagner le groupe dans ce projet.