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Fact Check – l'agriculture et le plan Maroc Vert
Publié dans Lakome le 22 - 07 - 2013

Croissance du PIB agricole, emplois, exportations : les performances du plan Maroc Vert sont-elles vraiment à la hauteur du discours officiel ?
Une alerte Info Maroc a attiré mon attention dans les chiffres rapportés et présentés comme étant une preuve de la réussite du Plan Maroc Vert, parmi lesquels :
La mobilisation active de tous les acteurs autour de la nouvelle stratégie "Plan Maroc Vert" commence à porter ses fruits avec un PIB moyen supérieur à 100 milliards de dirhams (MMDH) par an contre une moyenne de 75 MMDH par an avant 2008 [...] la production des olives a enregistré une amélioration de 56% entre la période 2007-2008 et celle de 2011-2012, la production des agrumes a augmenté de 46% durant la même période [...]
Voici donc des chiffres extraits du rapport annuel produit par le Ministère de l'Agriculture, qui servent (je crois) à montrer que oui, le PMV est un succès retentissant. Des chiffres qui me semblent cacher des performances bien plus modestes qu'on ne voudrait le dire, et qui, plus grave encore, cachent d'autres statistiques -toutes aussi officielles- qui elles méritent beaucoup plus d'attention.
1/ La Croissance du PIB Agricole
Le rapport annuel semble tirer une grande fierté de l'augmentation de 25 milliards de valeur ajoutée dans le PIB agricole entre 2007-2008 et 2012. Or cette croissance est à mettre en perspective avec les performances historiques du secteur : la moyenne de longue durée est proche des 5.6% entre 1965 et 2012, et la moyenne de croissance sur la décennie passée est 6.33%. Dans les deux cas, la performance de l'agriculture marocaine pour la période considérée, celle de l'effet supposé du Plan Maroc Vert, n'est pas particulièrement exceptionnelle, et semble même confirmer une tendance de convergence théorique vers une croissance moyenne inférieure à 5%.
L'autre argument du rapport place l'agriculture comme moteur de croissance de l'économie dans sa totalité, ce qui ne semble pas être le cas non plus : d'après les comptes nationaux établis par le Ministère des Finances, la contribution moyenne de l'agriculture entre 2007 et 2011 a été de l'ordre de 60 points de base dans une croissance moyenne du PIB agrégé de 4.34%. En excluant 2007, on atteint une contribution de près de 30% dans la moyenne 2008-2011. Le secteur tertiaire réussit bien mieux, avec en prime une plus grande stabilité dans la contribution moyenne sur la période considérée.
Une autre hypothèse, celle-ci implicite, attribue au Plan Maroc Vert une vertu stabilisatrice dans la croissance du PIB agricole: en effet, la composante réputée la plus volatile de la croissance de l'économie nationale reste sans conteste agricole, et l'un des effets attendus de ce Grand Chantier est certainement de réduire la volatilité de la croissance du PIB agricole par rapport à sa moyenne. On observera ainsi que si ce déclin, s'il est bien observé, date d'avant le PMV, et ne peut, en l'état, lui être imputé. De plus, comme le montre le graphe ci-dessous, il est délicat pour le Ministère de s'approprier les vertus du déclin de la volatilité de croissance, sans être obligé de s'expliquer sur la tendance en déclin de la croissance moyenne.
2/ Contributions du Secteur en Emplois
D'après les dernières statistiques du HCP, la tendance est au déclin de l'emploi du secteur agricole dans la force de travail totale: en effet, ce taux passe de 46% en 1999 à un peu moins de 40% en 2011. Ce comportement de la main d'œuvre agricole s'inscrit à contre-courant des objectifs principaux du Plan Maroc Vert, à savoir la création de 1.5 million d'emplois pour cette décennie.
A côté du déclin de la contribution agricole dans la structure de la main d'œuvre, on constate qu'entre 2007 et 2012, le secteur agricole n'aura pas réussi à créer les emplois escomptés.
L'objectif mentionné plus haut suppose une création annuelle moyenne de 150.000 emplois agricoles, alors même que la période 2007-2011 observe une destruction cumulée de 92.000 postes, rendant ainsi l'objectif d'emploi additionnel de 1.5 million difficile, sinon impossible à atteindre.
C'est probablement l'échec le plus patent du Plan, principalement parce que les choix implicites du PMV -notamment l'agrégation- se sont faits au détriment de la grande majorité des petits agriculteurs.
Si la démonstration théorique pointait effectivement à une faible création d'emplois – sinon négative- la preuve empirique valide l'hypothèse que la concentration de moyens auprès d'une minorité affluente d'agriculteurs dont la production est fortement capitalistique se traduira irrémédiablement par un déclin tendanciel de l'emploi dans le secteur.
3/ Divers Eléments
Enfin, d'autres chiffres d'apparence faramineuse mais cependant peu pertinents lorsque comparés à d'autres statistiques ont été avancés, notamment sur l'indice de production de certains produits agricoles: le rapport mentionne ainsi des croissances à deux chiffres, la production d'olives par exemple, qui augmente de 56% entre 2007/2008 et 2011/2012 (soit une croissance annuelle moyenne de 9.3%) ou celle des agrumes sur la même période (46%, soit 7.8% en moyenne) mais d'un autre côté, le rapport occulte le fait que plusieurs produits agricoles n'ont pas réussi à combler le déclin très important en valeur d'exportations, un aspect vital de la stratégie Maroc Vert.
Après tout, cette concentration de moyens a pour objectif explicite d'améliorer la valeur ajoutée dans les exportations. Il s'avère ainsi qu'aussi impressionnante la progression dans la production de ces produits, une stagnation dans les exportations signifie bien un échec dans l'approche proposée.
Zouhair Aït Benhamou
Lire l'article original sur le blog The Moorish Wanderer


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