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Rapport MSF : le silence des officiels
Publié dans Lakome le 16 - 03 - 2013

Les autorités marocaines n'ont pas commenté publiquement le rapport accablant – et documenté - de Médecins sans frontières sur la situation des clandestins subsahariens au Maroc. Une « source » au sein du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle MAP, se contente de nier en bloc les accusations de l'ONG.
Le dernier rapport de l'association Médecins sans frontières (MSF), intitulé « Violence, vulnérabilité et migration : Bloqués aux portes de l'Europe », a été présenté au public le 14 mars dernier à Rabat par le coordinateur général de MSF au Maroc, Davis Cantero.
Bien documenté grâce au travail de terrain mené par l'ONG depuis plusieurs années à Nador, Oujda et Rabat, ce rapport interpelle les autorités marocaines et espagnoles sur les conditions de vie des clandestins subsahariens bloqués dans le royaume, ainsi que sur « la violence institutionnalisée » dont ils sont régulièrement victimes.
L'ONG interpelle publiquement l'Union européenne et le Maroc sur les conséquences humanitaires de l'approche adoptée ces dernières années en termes de gestion des flux migratoires. Une approche contradictoire selon MSF avec leurs engagements internationaux sur le respect des droits humains universels.
Les autorités marocaines n'ont pas réagi officiellement à ce rapport. Ni la Primature, ni le porte-parole du gouvernement ni le ministre de l'Intérieur ne se sont exprimés publiquement pour commenter ou apporter des précisions aux conclusions de MSF. On apprend en revanche à travers une dépêche de l'agence officielle MAP, qui cite une source anonyme au ministère de l'Intérieur, que le rapport de MSF « omet de signaler que les migrants bénéficient de l'ensemble de leurs droits au même titre que les nationaux ».
« Réagissant aux allégations de MSF, qui prétend que les migrants sont victimes de "violence institutionnelle" au Maroc, la même source fait savoir que l'action des services de sécurité lors des opérations de reconduite aux frontières est strictement encadrée par la loi, les textes réglementaires et par les décrets d'application. Tout agent qui transgresse ces règles est passible de poursuites disciplinaires voire pénales, insiste-t-elle. »
Les cas de violence et mauvais traitements soulevés par MSF - témoignages et photos à l'appui - ont-ils fait l'objet d'enquêtes de la part des autorités ?
La position de l'ONG n'est pas isolée. Outre les associations marocaines comme le Gadem et l'AMDH, les instances onusiennes demandent régulièrement au Maroc de respecter les droits élémentaires des migrants en situation illégale.
Voici ce que relate le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, dans son rapport présenté publiquement le mois dernier à Genève :
Le Rapporteur spécial a recueilli des témoignages faisant état d'abus systématiques subis par ces migrants, qui sont frappés avec des bâtons, des pierres ou d'autres objets, agressés sexuellement ou menacés d'agression sexuelle et soumis à d'autres formes de mauvais traitements consistant à les attacher avec des cordes, à leur causer des brûlures avec des briquets et à leur uriner dessus. Il a en outre entendu que les victimes étaient ensuite abandonnées dans des ravins ou des forêts ou qu'ils allaient se cacher dans de tels lieux, où aucune assistance ne peut leur être apportée.
Le Rapporteur spécial est également préoccupé par les informations concernant l'expulsion illégale et collective de centaines de migrants vers l'Algérie et la Mauritanie, où ils seraient soumis à la torture et à des mauvais traitements, et, notamment, abandonnés en « no-man's land », sans aide, le plus souvent près d'Oujda. Selon d'autres témoignages, le principe de non-refoulement des personnes qui risquent d'être torturées n'est pas respecté par les autorités marocaines.
Des violences en augmentation en 2012
En 2012, les équipes de MSF ont constaté une « forte augmentation » des abus, traitements dégradants et actes de violence contre les migrants subsahariens, commis « par les forces de sécurité marocaines et dans une moindre mesure par les forces espagnoles ».
Ainsi, au cours de l'année dernière, les équipes de MSF ont assisté plus de 1 100 personnes ayant des blessures associées aux violences dans la région de l'Oriental, y compris des traumatismes importants tels que des fractures de la mâchoire, des bras, des mains, du crâne et des jambes, du fait d'une violence directe.
Selon MSF, « les auteurs de cette violence peuvent agir en toute impunité car ils savent que la plupart des migrants subsahariens qui sont victimes de coups, d'abus, de viols et d'agressions ne demanderont aucune aide médicale, ni de protection ou de justice, par crainte de l'arrestation ou d'exposition à d'autres répercussions ». Les bandes criminelles sévissant dans la région profitent de la situation et sont responsables eux aussi de nombreux cas de violences.
Durant les expulsions dans le désert, les migrants subsahariens sont abandonnés à leur sort du côté marocain de la frontière par les forces de sécurité marocaines, qui les obligent à passer du côté algérien.
« Des entretiens avec les patients de MSF révèlent que ceux qui passent la frontière sont agressés par les forces de sécurité algériennes, qui les menacent et les maltraitent et qui, parfois, tirent en l'air, pour essayer de leur faire rebrousser chemin et de les faire rejoindre de nouveau le Maroc. Ainsi, les migrants sont attrapés dans un jeu sinistre de ping-pong entre les forces de sécurité de l'un et de l'autre côté. D'après les témoignages recueillis par le personnel de MSF, les violences et les abus par les forces de sécurité algérienne sont monnaie courante », note le rapport de MSF.
Auteurs des violences selon les témoignages recueillis par RSF
Concernant les agressions sexuelles dont sont victimes les migrantes, le rapport de MSF note que dans la majorité des cas enregistrés, les auteurs sont issus de la même communauté (70% des cas). Les forces de sécurités sont accusées dans 20% des cas, les 10% restants étant le fait d'inconnus.
Très critique envers la gestion sécuritaire des autorités, MSF reconnaît néanmoins le travail effectué par les responsables de la Santé. « Ces niveaux inacceptables de violence ne devraient pas éclipser ce qui a été réalisé quant à la reconnaissance et au respect du droit des migrants subsahariens à la santé au cours de ces dix dernières années".
Malgré les grands progrès qui ont été réalisés, les défis sont encore nombreux, relève MSF, notamment en ce qui concerne la santé secondaire non urgente, la prise en charge des personnes ayant des problèmes de santé mentale et la protection et l'aide aux survivants de violences sexuelles.
En conclusion de son rapport, Médecins sans frontières demande aux autorités marocaines de respecter ses engagements internationaux envers les droits de l'homme, de développer et de mettre en œuvre des mécanismes de protection et de garantir que les migrants subsahariens reçoivent un traitement humain et digne, quelle que soit leur situation légale.


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